Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 22:46

http://img.over-blog.com/599x409/1/08/44/51/Sourire-jpg.jpgUn sondage (effectué par l’institut américain Gallup, et publié par Forbes en 2010),  sur le critère du bien-être classait le Togo, sur les 155 pays où s’est déroulée l’étude, en dernière position. La première réaction que j’eue en lisant le titre de l’article consacré au sujet fut le rejet, ou tout du moins, l’incrédulité, associant plutôt ce genre d’information à un montage, une sorte de cabale contre mon pays bien aimé. Mais en allant plus loin dans la lecture de l’article sur le site de Forbes, j’ai rapidement découvert que l’enquête avait été effectuée pendant plusieurs années par des professionnels au fait de leur métier, et que de toute façon, une si grosse institution américaine ne pouvait investir autant d’argent dans une enquête avec l’unique but de salir le nom du Togo.

Passé les étapes d’incrédulité et d’indignation (légitime), vient ensuite l’instant fatidique d’interrogation. Pourquoi les Togolais se sentent-ils si malheureux ? Mon ami Blaise, un dur des durs de l’opposition, a la réponse toute trouvée : C’est à cause d’un demi-siècle de dictature d’un clan au pouvoir. Mais cette réponse ne me satisfait guère. Dictature ou pas, les Togolais ont toujours connu une paix relative, à l’opposé des pays comme la Sierra Léone, le Libéria, la Somalie, le Tchad, le Rwanda et l’Iraq (autant de pays qui sont devant nous dans ce sondage). Des pays comme le Cameroun sont dirigés par des présidents inamovibles, et pourtant le Cameroun est 96éme sur la liste, devant l’Inde, la  Turquie, et la Chine.

Mon autre ami, Lambert, Rpétiste notoire, invoque quant à lui la misère, liée bien entendu à la grève générale et illimitée de 93( le contraire eut été étonnant). Mais là aussi, l’argument ne tient pas. Le PIB/habitant du Togo était estimé par la CIA World Facebook en 2009 à 900$, soit 400 000 FCFA. Certes, cette valeur nous met derrière tous nos voisins limitrophes (Ghana 1300$, Benin 1500$, et Burkina 1100$) mais nous restons devant l’Ethiopie (700$) le Burundi (400$) et surtout le Zimbabwe (200$) qui sont tous devant nous dans ce sondage. Par ailleurs, le PIB/habitant ne reflétant plus de façon objective le niveau de développement d’un pays, on fait plus appel aujourd’hui à l’IDH (indice humain de développement) pour classer les pays selon la qualité de la vie. Et même dans ce classement pour l’année 2009, le Togo n’occupe pas la dernière place.  Dans cette liste donc, nous sommes 159éme, sur 182 pays, mais devant le Benin (eh oui) le Sénégal (oui !), le Burkina Faso, et le Mali, pour ne citer que ceux-là. Même le Ghana, notre voisin de l’ouest envié en permanence, n’est que 152e, soit à quelques encablures.

Donc, tout n’est pas si noir dans notre pays, même si le chemin est encore long pour le plein épanouissement. Alors, pourquoi le Togolais se sent-il si malheureux ? Je crois que c’est à cause du désespoir et de la disparition de l’optimisme dans nos rapports au temps.

Toute personne qui vit à Lomé (mais je présume que c’est la même chose que partout dans notre pays) ressent au moins une fois dans la journée cette angoissante impression, qui forme une boule dans le ventre et remonte insidieusement vers la gorge, de se retrouver au pied du mur. Je prendrai trois petits exemples, tirés de mon expérience personnelle, pour expliquer cette angoisse existentielle qui parait être plus prégnante au Togo que partout ailleurs.

1 : La réfection des infrastructures. Le Togo est en chantier, et tous les Togolais, quel que soit leur bord politique, doivent être fiers de ça. Mais la contrepartie, c’est le mépris que les entreprises de TP ont pour la circulation des personnes et des biens. Lorsqu’une voie est barrée pour cause de travaux, il devrait être prévu, en amont, l’établissement d’itinéraires de contournement balisés (panneaux de signalisation) et surtout aménagés, pour permettre aux usagers de la route de continuer à bénéficier de conditions acceptables de circulation. À la place, c’est souvent quant on arrive au croisement qu’on découvre que la route est barrée, et qu'il ne reste plus qu'à se tracer un itinéraire qui, par ces temps de pluie, tient plutôt au moto-cross. Et que dire de ces voies bloquées pendant des mois pour des travaux jamais achevés. La réaction de nos compatriotes relativement à ces déconvenues reste le fatalisme, et ceci pour une raison évidente, l’absence d’interlocuteur. Normalement, dans un état décentralisé, les services municipaux suivraient au pas les entreprises des TP, pour s’assurer que le bien-être des citoyens n’est pas lésé, que la durée des travaux ne pèse pas les commerces et les services, que des habitants ne se retrouvent pas dans l’impossibilité d’accéder à leur maison, pour cause de construction de caniveaux, sauf à passer sur une minuscule planche fournie par l’habitant. L’absence d’interlocuteur renvoie au fatalisme, d’où le désespoir.

2 : La conscience morale. Ces deux dernières semaines, des journaux, plutôt réputés pour la crédibilité de leurs investigations, ont fait part de deux scandales qui, à juste titre, auraient dû secouer tout le landerneau syndical et politique togolais. Il s’agit du monumental scandale financier concernant Contour global, et des raisons de l’augmentation du prix des produits pétroliers. Sans vouloir entrer dans les détails, ces journaux expliquaient que Contour Global aurait investi 100 milliards de FCFA dans une centrale qui ne fournissait que de l’énergie d’appoint au Togo, pour en récolter 500 en 25 ans. Et que la CEET, pour faire face aux surcoûts générés par situation, a été obligée d’augmenter le prix de l’électricité. Pour l’augmentation du prix du carburant, un autre analyste financier, sur la base de chiffres présentés par le gouvernement, nous démontrait tout simplement que si on avait un tant soit peu respecté les taux du change du dollar au moment de l’achat des produits pétroliers, nous aurions pu nous mettre à l’abri d’une augmentation maintenant. Par ailleurs, les commissaires du gouvernement dans l’élaboration du budget 2011 ont rapporté aux députés que la CEET avait renoué avec ses pertes, qui s’élevaient en deux ans à plus de 5 milliards, sans jamais dire clairement à quoi ces pertes étaient dues, et quelles sanctions avaient eu les responsables. Ce qui est certain est que ces scandales financiers ont de lourdes répercussions sur le quotidien du Togolais lambda, qui se voient encore plus enfoncé dans la misère. Le plus étonnant est que la révélation de ces scandales n’a pas suscité de remous. Ni dans la société civile (l’association togolaise des consommateurs s’est à peine fendue d’un communiqué demandant la réduction du prix de l’électricité). Les opposants remuants et avides à manifester n’ont trouvé aucun motif d’interpellation des ministres concernés au parlement, ni d'inscription de ces sujets sur leur plateforme de revendication. Il faut croire que seul le pouvoir les intéresse. Le régime en place n’a pas fait de vagues non plus. Mais lui, on peut le comprendre. C'est lui qui est indexé, même si dans la logique de gouvernance participative de rigueur partout, une grosse conférence de presse explicative aurait été fort indiquée. Cette inertie est à l’origine de l’empathie ambiante dans notre pays. Il s’y développe un sentiment d’abandon, source de désespoir.

3:La préférence nationale. J’ai sur la préférence nationale une longue théorie, que je ne développerai point ici. Pour me résumer, je dirai que notre pays s'emploie depuis plusieurs années (pour certains domaines, ceci est antérieur à l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir) à saboter systématiquement ce qui faisait sa particularité. Nous n’avons pas su protéger les nana benz à l’arrivée de Hitarget et aujourd’hui, elles ont perdu le monopole de la vente de pagne au profit de Cotonou, Lagos et même Abidjan. Nous n’avons pas vu défendre notre pole position dans la fourniture des services liés à internet, que Café informatique avait fièrement implanté au Togo, ceci devant le Ghana et même le Sénégal. Aujourd’hui, nous trainons un misérable taux de pénétration d’internet de 5%, alors qu’il était de 4% en 99, à l’époque où presque tous les pays africains, en dehors de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, en étaient à 1 ou 2%. Nous n’avons pas su organiser notre commerce des véhicules d’occasion, et aujourd’hui, plusieurs importateurs sont partis s’installer au Bénin et au Ghana. Nous sommes malheureusement en train de tuer notre système éducatif, qui était pourtant réputé dans la sous-région, et donc bientôt, nous risquons d’importer des instituteurs de pays où jadis nous envoyions nos jeunes cadres pour enseigner. Pour moi, la préférence nationale reste un plan en filigrane que tous les gouvernements, quelles que soient leurs idéologies, appliquent, soit pour la grandeur du pays (la grandeur de la France, comme le disait de Gaule), ou pour des objectifs plus terre-à-terre de politique de développement. J’ai été confronté à cette absence de préférence nationale dans mon projet d’implantation d’un point Harmattan au Togo. Le projet avait un double intérêt : mettre à disposition du public des livres à moitié prix (et non seulement des livres d’harmattan) et offrir aux auteurs togolais désireux de publier à l’harmattan une assistance et surtout une accessibilité qu’ils n’auraient jamais eues auparavant. Le projet, du genre associatif, me paraissait excellent, pour mon pays, car j’appartiens à cette classe de doux rêveurs qui croient encore que le mot patrie à un sens. Du coup, après avoir bénéficié d'un premier soutien du SCAC pour le voyage exploratoire en France pour rencontrer la maison Harmattan, je n’ai pas hésité pour les deux voyages suivants, à mettre la main dans la poche pour assurer la logistique. Le projet arrive donc à la phase d'exécution, je loue des bureaux (à mes frais) à Lomé, Harmattan envoie les livres (dépôt-vente) à ses frais, et il ne me reste plus qu’à les faire sortir du port. Pour ce faire, je compte sur la ratification par le Togo des accords de Florence et des protocoles additionnels de Nairobi, accords qui consacrent la suppression des taxes à l’importation des biens culturels, y compris les livres. Et c’est là que tout coince. La loi a certes été votée et publiée au journal officiel, mais personne ne semble intéressé à l’appliquer. Certaines bonnes volontés me permettent de récupérer la première fournée de livres, grâce à un « bon à enlever » de la douane, mais ce n’est pas bon puis qu’il s’agit d’une faveur, qui ne vaut pas application de la loi. Et déjà la deuxième fournée de livres est là, en attente de sortie au port. Je me démène, envoie les courriers, fais des appels tous azimuts, pour finir par me rendre compte que pour récupérer mes livres, il fallait payer, comme si la loi n'avait jamais existé. Et c’est ce que je finis par faire. Voilà où se trouve le mur de verre. Il est invisible, mais on bute sans cesse sur lui, sans jamais savoir à quelle porte s’adresser.

Au mois dernier, j’ai organisé une communication avec certains jeunes de la diaspora à Paris sur le sujet de l’entrepreneuriat au Togo. L’impression que tous ces jeunes ont, c’est qu’on ne veut pas d’eux dans leur pays. En 2010, cette diaspora avait envoyé au Togo 143 milliards de nos francs, soit 150% de notre masse salariale, et pourtant, elle n’a pas de droit de vote, et n’a même pas éé recensée en novembre dernier. Je reste persuadé qu’ils se trompent, on a besoin d’eux, mais la réalité est que notre système sociétal est encore trop primaire, trop peu structuré et insuffisamment décentralisé pour que le sentiment national imprègne notre désir de vivre ensemble. Beaucoup trop souvent, le ministre, voire le chef de l’État reste le premier et le dernier interlocuteur. Beaucoup trop de nos lois, de nos règlements ne sont jamais appliqués, faute d’institutions fortes et indépendantes pour les porter à bout de bras. D’où, une fois encore, ce désespoir ambiant.

Le Président de la République dans son discours de début d’année disait à juste titre qu’il avait l’impression que les Togolais n’y croyaient plus. Cette prise de conscience vaut résolution du problème à moitié. L’autre moitié concerne les mesures urgentes à prendre pour qu’on y croie de nouveau, pour qu’on cesse d’être le peuple le plus malheureux de la planète. Je ne pense pas que les solutions soient uniquement politiques, même si les réformes institutionnelles me paraissent les plus indiquées à court terme pour juguler le mal. À mon avis, la solution tient à une autre approche de l’organisation de notre société, moins politisée et plus centrée sur le sentiment national, car entre la petite frange de militants qui encensent le régime et l’autre frange qui le conspue, l’immense majorité des Togolais que je croise, n’ont sans doute qu’une envie : retrouver la fierté d’être togolais, avec un salaire autorisant la vie, une capacité de se soigner dignement, l’accès à une école républicaine et efficiente, un toit, un sentiment de sécurité, et surtout, le rêve d’un avenir meilleur, pour nos enfants. Et notre amour pour notre pays n’en sera plus que meilleur.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 12:43

http://www.mo5-togo.com/images/stories/universite-de-lome-entree.jpg

Étudiant, j'avais en compagnie de quelques amis monté un journal, l’Élite que ça s'appelait. On avait rassemblé les sous en cotisant, puis en ouvrant le capital à des associations estudiantines. Tous les mois, on compulsait l'actualité du campus. de févier à juillet 1999, nous avons animé le vie du campus, fait tombé Hunlédé, le puissant directeur du CNOU, et contribué aussi à la chûte de Lawson-Helu, le président du CEUB. A l'époque, internet était en balbutiement, et si c'était aujourd'hui, je suppose que nous aurions notre site internet. Nous avions subi des pressions, et des tentatives de récupération.

Aujourd'hui, quand je vois les conditions dans lesquelles vivent les étudiants, j'en arrive à envier nous autres, qui étions obligés de venir au campus à 4h, pour espérer trouver une place assise. Je me souviens comme si c'était hier, de ces ombres dans la nuit, à 3h du matin, sous le baobab à Adidogomé, pour faire la queue et attendre le bus. (c'est la raison pour laquelle j'ai très vite acheté un vélo). Je me souviens de cette queue interminable, qui ceinturait le restaurant universitaire, dès 9h du matin, pour un repas qui sera servi à 11h. Tout ça, c'était le paradis comparé à ce que les jeunes vivent aujourd'hui. Encore qu'à l'époque, on pouvait encore avoir le privilège d'être connu par un des profs. Aujourd'hui, les étudiants vivent comme,non, je n'en parlerai pas. J'aimerais qu'eux même le fassent, qu'il fassent le témoignage de leur calvaire, et que nous autres, relais d'opinion, qu'on en fasse écho.

On me dit qu'ils marchent aujourd'hui. Personnellement, je pense que les marches ont prouvé leur limite dans ce pays, mais si jamais j'avais été étudiant, j'aurai été en premières lignes. Ce pays se meurt, devant nos yeux, et nous ne faisons rien pour mettre un terme à ça. Aujourd'hui, nous sommes tous des étudiants

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 00:44

http://photo.lejdd.fr/media/images/international/ouattara-investiture/5104861-1-fre-FR/ouattara-investiture_pics_200x132.jpg

Communication avec certains togolais de la diaspora en France.

Actions et Territoires, l’association que j’ai l’honneur de diriger, a organisé, avec le concours de la NGE (Nouvelle Génération Engagée) une causerie débat sur le thème de l’entrepreneuriat avec quelques membres de la diaspora à Paris. Je ne vais pas revenir sur le compte rendu de cet évènement qui vous pouvez retrouver facilement sur le site de l’association ici. Ce qui m’a le plus surpris, mais pas plus, c’est cette impression lancinante que notre diaspora avait encore plus de clivages (pas seulement politique, mais parfois de personnes) que nous autres ici, au Togo. J’ai beau avoir envoyé des invitation par facebook et parfois par mail, j’ai appelé. Ce que j’ai finalement compris, c’est qu’il y avait des réticences liées à la présence des certains contre celle des autres. Et pourtant, le sujet me semblait exorcisé de tout esprit partisan. Bref, ce qu’il faut retenir est que la soirée fut belle, avec cependant un regret, c’est l’absence d’un annuaire électronique rassemblant les adresse email par région de la diaspora. Certains ont regretté l’absence d’information, mais en dehors de facebook et du bouche à oreille, c’est difficile de faire autrement.

 

Cote d’ivoire. Epilogue d’un désastre.

C’est donc fini. L’ère Gbagbo comme président de la République est donc finie, voila donc celle de Ouattara. Le conseil constitutionnel, (le même qui avait adoubé Gbagbo) a donc dit le droit, et les institutions sont sauves. Comme le blogueur Yoroba le disait quelque part, donc on aurait pu éviter tout ce drame. Ah ! Toutes ces vies volées, fauchées, pour rien. Cet épilogue a pour moi un arrière goût de salpêtre.  D’une part parce que je vois une belle brochette d’anciens hérauts du régime précédent parader avec celui-ci. Surtout ces généraux, anciens défenseurs de la légalité républicaine, qui renouent avec leur privilège, alors que la piétaille git dans des fosses hâtivement creusées. L’honneur des officiers, cet honneur dont on se drape un soir, quand une voix dans le noir dit  « A genoux, les hommes… debout, les officiers » a été foulé au pied. Je le regrette. D’autres part, par l’empressement que Ouattara a à montrer sa gratitude à Compaoré et à Sarkozy. Surtout la mansuétude envers Sarkozy frise l’obséquiosité, donnant du grain à moudre à ceux qui prétendent que la Cote d’Ivoire est devenue une préfecture de la France. Même si j’ai soutenu à l’époque l’engagement de la licorne aux cotés des FRCI, pour mettre un terme aux combat dans Abidjan, tout en la regrettant (la redevance est un plat qui ne finit presque jamais), je trouve que la boutade lancée par Ouattara, en venant accueillir Sarkozy – il faut dire merci Sarko! – avec un grand sourire, de même que le chapelet de louanges à l’endroit de la France dans son discours, ne va pas convaincre les Ivoiriens de son indépendance vis à vis de l'ancienne métropole. Les erreurs de communication s’accumulent. Quelqu’un me demandaient hier, si je pensais que le fait que Ouattara ait une blanche comme femme est un handicap. J’ai répondu par l'affirmative. Dans la cote d’ivoire de Houphouët, sans doute, non, dans celle d’une Gbagbo embastillé, oui. Les symboles comptent. Et même si je trouve tout à fait normal que sa femme le rejoigne sur la tribune après son investiture, l’image frappe, et inverse subitement les rôles, donnant la malheureuse impression d’un rut de vautours sur un cadavre abandonné que devient la Cote d'Ivoire. L’image, toujours l’image. Le pire a été atteint lorsque Sarkozy, au 43ème BIMA, a annoncé qu’il allait maintenir les troupes françaises en Cote d’Ivoire pour assurer la sécurité des leurs ressortissants. Ouattara n’avait pas besoin de ça. Nous autres, qui avons soutenu l’implication de l’ONU et de la France, et qui n’aimons pas moins nos pays, ne pouvons admettre cette logique. Non pas que nous n’aimons pas la France, ( j’aime la France autant que je pourrais aimer le Benin, la Cote d’Ivoire ou le Mali pour les valeurs que les peuples de ces pays irradient) mais le respect que les pays se doivent mutuellement, dans la stricte observance de leur souveraineté, oblige qu’on ne revienne plus à un discours d’un autre temps. Imaginons simplement si nous, Togolais, décidions d’envoyer une compagnie d'infanterie en France pour assurer la sécurité de nos ressortissants là bas. A ce que je sache, lors que des étrangers sont dans un pays, ils sont protégés par les forces de défense de ce pays, et ils doivent avoir confiance en ces forces de défense, autrement, il n’y a aucun intérêt à s’y installer. Je suis d’accord que les troupes françaises stationnées dans certains pays africains, le soient pour un déploiement stratégique. Les pays concernés acceptent l’installation de ces bases en fonction de la stratégie de défense propre à chaque pays. C’est leur choix, souverain. Mais je dois avouer que Sarkozy, que j’ai souvent soutenu, a commis là une erreur qui va, comme les autres fautes de communication des ces derniers jours, donner du poil de la bête aux détracteurs d’ADO. Le piège, c’est d’oublier que c’est grâce au PDCI qu’il est arrivé au pouvoir, mais que les alliances politiques sont éphémères. Si un jour, le pays baoulé le lâche pour un excès de servilisme, la chute sera rude. Les Ivoiriens, que je connais un peu, restent un peuple de frondeurs.

 

Affaire DSK, Twitter montre sa force et DSK devra négocier.

Il a fallu l’affaire DSK pour que je me rende compte de l’utilité exceptionnelle de twitter. En effet, le média social de microblogging m’a permis de suivre en temps réel la seconde comparution de DSK au tribunal. Et ça, je pense que ça va faire date, dans le monde entier. C’est une bascule du traitement de l’information, puisque plusieurs journalistes ont dû suivre, comme tout le monde, les tweets de ceux qui étaient à l’intérieur du tribunal avant de relayer l’information –qu’entre temps nous avions déjà.

Les reste de l’affaire DSK me parait déroutante. Si les faits sont avérés, il faudra bien entendu le condamner, mais je pense que dans ce cas, c’est plutôt l’asile qui serait indiqué. Car comment comprendre qu’un homme si riche, ne puisse pas maîtriser ses impulsions sexuelles pour les réserver au mieux à sa femme, au pire, aux milliers d’escort girls de tout gabarit qu’on retrouve à travers le monde. La pauvre femme de chambre mérite alors toute ma compassion pour ce qu’elle aurait subi.

Mais bien entendu, ça pourrait aussi être un odieux montage, dans ce cas, la dame subira elle aussi les rigueurs de la loi, car si elle a menti uniquement pour salir un homme célèbre, présidentiable, il faudrait aussi qu’elle soit menacée de 72ans de prison comme l’est DSK aujourd’hui. Ce matin, pendant que j’étais sous la douche, un scénario m’est venu à l’esprit (aux dernières nouvelles, j’écris plutôt des romans aux multiples rebondissements non !), donc j’ai imaginé une situation où tous les deux sont innocents. Voici donc l’idée.

Il a été, ces derniers temps rapporté deux faits qui ont retenus mon attention. Le premier est que la dame de chambre n’aurait pas utilisé son passe, car quand elle est arrivée, une autre personne faisait la chambre, en expliquant qu’il n’y avait personne. L’autre fait est celui relatif à la visite, la nuit précédente, d’une femme à DSK, femme qui serait repartie vers 3 heures du matin. Donc, imaginons que cette femme, une escort girl (c’est la formule consacrée) soit réellement passée voir le patron du FMI, que la soirée ait été torride, avec beaucoup de sexe ( et des fluides qui tombent sur la moquette). Ensuite, le matin, DSK prend effectivement sa douche, se change et part. Mais pendant qu'il quitte tranquillement l'hotêl, un sosie de DSK entre dans la pièce (laissée ouverte par celui qui débarrasse) s’en prend à la jeune femme en tentant même de lui enfourner son sexe dans la bouche (il faut être barge pour le faire, car si la dame s’amuse à jouer au requin, bravo les bijoux de famille), et la laisse quitter en trombe la suite. Ensuite, le sosie, un acteur de premier choix, retourne à sa chambre quelque par dans l’hôtel. Résultats de la course. C’est que la bonne dame de bonne fois indexera DSK, et en l’absence de cameras vidéo dans les couloirs,(surtout si un complice a pris le temps de faire trainer la plainte à la police) il est difficile de savoir dans quel ordre DSK et la dame ont quitté la suite. On trouvera sans doute du liquide séminal dans la chambre, mais l’orgie de la veille laissera une longueur d’avance à l’accusation, car il faudra une grosse contre expertise pour prouver que le liquide trouvé sur la moquette provient d’une « libération nocturne ». Il y aura un gros doute au procès, des zones d’ombres, mais les révélations spontanément allumées en France, concernant une certaine tentative de viol, finiront par convaincre les jurés qu’ils sont en présence d’un vrai pervers sexuel. Et voila comment deux personnes, qui ne se connaissent pas, qui n’ont peut être rien fait ensemble, font peut être se détruire, pour le bonheur de quelques agence tapie dans l’ombre. L’homme qui a laissé la porte ouverte pour que la femme de chambre n’utilise pas son pass, et cette femme qui a rendu une visite nocturne à DSK sont la clé.

Allez, rassurez-vous. C’est l’écrivain qui se la joue. Si notre sœur a été outragée, il faudra payer pour ça. Mais au dela, je conserve mon admiration pour un homme qui s’est fait à la force du poignet, et dont l’intégrité professionnelle n’a jamais été remise en cause.

Assez, il faut allez chez soi retrouver son épouse qui se demande où il est ce diable de mari, à 1h30 du matin.

Tiens, avant que je ne ferme le billet. Toujours sous ma douche. Je me suis rendu compte que le feu allumé par l’affaire DSK a subitement éteint la polémique qui se créait autour de la mort du plus grand terroriste du monde. Il faut donc croire que DSK, sans l’avoir fait exprès (il ne faut pas exagérer quand même), vient au secours du gouvernement américain. Ah, les médias. Hein !

 

 
Par Gerry - Publié dans : Actualité internationale - Communauté : blogueur africains
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 04:23

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Je viens d’achever la lecture de deux livres forts instructifs sur l’histoire togolaise. Je l’ai dit dans le précédent billet, il s’agit du « roman de l’indépendance » d’Atutsè  Agbobli, et de «  Babaka Birrégah Maloba, chef supérieur des lossos, l’homme et son action », de Rigobert Koujoulna M’Gboouna. Puis j’ai pioché quelques articles ici et là sur internet, sur notre histoire commune, en plus d’un siècle.

J’ai passé la journée du 27 de la plus belle des manières. Revenu tard d’une escapade nocturne, j’ai réussi à déjouer Arlène qui tenait à suivre le défilé, pour me réfugier dans la chambre où je me suis replongé dans l’histoire de notre pays ; cette histoire palpitante de notre indépendance. Ah !, toutes ces empoignes ; verbales et séditieuses, ces revendications et confiscations, ces appropriations et excommunications, pour un bout d’histoire, qui chaque année, tient en haleine tout un pays pendant un mois.

Retour sur quelques morceaux choisis des réflexions que j’ai ruminées toute cette semaine.

 

Une lutte sans odeur de cordite :

Cette petite réalité frappe l’esprit et gène, dérange. Pour notre indépendance, nous aurions lutté sans livrer bataille. En effet, dans la zone de responsabilité francophone (AOF, AEF, territoires sous tutelle et Maghreb), seuls l’Algérie et le Cameroun ont osé une lutte armée contre le colon. La guerre d’Algérie, tout le monde connait, inutile de revenir dessus. La lute de l’UPC (Union des Peuples du Cameroun) avec à sa tête Ruben Um Nyobé, un être exceptionnel, charismatique et très nationaliste est passée à la trappe de l’histoire. Ruben Nyobé a lutté contre les Français, dans les forets du sud-ouest camerounais où l’armée française d’abord, et plus tard la jeune armée camerounaise, aurait fait plus de 20 mille morts dans la population civile. Guerre oubliée certes, mais jamais été reniée par ceux qui l’ont mené. Depuis la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun, le sujet est de nouveau d’actualité.

Les Camerounais et les Algériens ont ainsi lutté pour leur indépendance, même si au Cameroun, ce sont plutôt les partisans du Oui au référendum de 1958 (Ahidjo) qui viendront au pouvoir. A Lomé, la seule manifestation populaire enregistrée dans les annales de l’histoire, comme mouvement majeur de révolte contre le colonisateur, est celle de mars 1933… contre l’augmentation des taxes. (le mémorandum des notables de 1919 reste plutôt anecdotique). Je me suis toujours demandé si les Français s’étaient opposés à notre indépendance, avions-nous les moyens de les contraindre par la force à rentrer chez eux. Dans l’état actuel de mes recherches sur le sujet, je n’ai rien trouvé allant dans ce sens. Peut-être que mes lecteurs éclaireront ma lanterne.

La conclusion est donc simple : Lutte sans odeur de poudre. Bien entendu, ceci n’enlève aucun mérite à ceux qui se sont engagés dans cette bataille, et qui ont parfois payé de leur liberté (prison, privation des droits…) ou de leur vie (ils sont peu connus, hélas !). Comme Sun Zu, le stratège chinois,  le dit si bien, « le bon chef militaire est celui qui arrive à prendre la citadelle ennemie sans tirer un seul coup de feu »

 

Qui est le père de l’indépendance ?

D’après A. Agbobli dans sa biographie de Sylvanus Olympio, aux élections législatives de 1958, le leader charismatique du CUT avait perdu ses droits civiques et n’avait pas pu se présenter sur les listes de son parti. Ce sont donc les autres compagnons de lutte qui vont battre campagne pour arracher la très large victoire du CUT –JUVENTO contre le PTP-UCPN. Le tout dernier livre apporte cependant d’autres éclairages troublants :

S’il fallait suivre la démonstration de Agbobli, je serais tenté d’accorder la paternité de l’indépendance togolaise à…un Chinois. En effet, ce serait l’ambassadeur de Chine à l’ONU Liu Chien qui, le premier, aurait demandé aux leaders du CUT venus plaider au siège de l’organisation la constitution d’un Eweland, de réclamer plutôt l’indépendance du Togoland, attendu que les Ewé se retrouvaient dans les deux parties partitionnées du Togo allemand.

Toujours selon les révélations d’Agbobli, on pourrait même apporter à… N’krumah ( je sais, c’est gros, mais j’explique) la paternité de l’indépendance du Togo. En effet, à partir de 1955, lorsque les Anglais mettent en place un planning de leur retrait progressif des affaires ghanéennes et l’accès à l’indépendance de ce pays, N’Krumah annonce son intention d’annexer le Togo britannique au Ghana avant la proclamation de l’indépendance. Ce qu’il réalise en 1956, lors d’un référendum au cours duquel les nationalistes togolais dénonceront le caractère biaisé des questions du scrutin. Toujours est-il que le Ghana devenu indépendant, la France s’engage dans une course effrénée pour doter le Togo d’institutions locales autonomes, pour éviter ainsi une tentative d’unification du reste de Togoland avec le Ghana indépendant. Ce qui aurait été une honte suprême.  Nkrumah, par le truchement des Anglais, aurait incontestablement accéléré le processus d’indépendance du Togo.

Alors, qui est le père de l’intendance togolaise ? Sylvanus Olympio, sans aucun doute, parce qu’il a été le plus charismatique d’un courant qui voulait l’indépendance tout de suite, le courant dit des nationalistes. Il a fait preuve de pugnacité et d’intelligence là où ses confrères africains n’osaient lever le petit doigt, englués par leur assujettissement à la communauté française. Fin économiste, il avait une vision avant-gardiste de sujets qui, 50 ans après, n’ont toujours pas été abordés par les dirigeants africains. Il avait aussi plusieurs défauts, que ses compagnons de lutte vont subir juste après son accession au pouvoir, mais respectueux de la mémoire de ceux qui ne sont plus, je m’interdis de les relever ici.

L’autre réalité, qu’il serait injuste de ne pas soulever ici, est que de tous ces leaders qui se proclament libérateurs de leurs pays respectifs aujourd’hui, aucun n’avait les moyens coercitifs suffisants pour briser le joug colonial, militairement, ou par la pression sociale. Ça aussi, c’est un fait.

 

L’Allemand mieux que le Français ?

Autre idée reçue, trainée depuis l’enfance, et qu’on écoute encore ressasser par des jeunes de 20 ans dans les rues de Lomé. Ah, si les Allemands étaient restés, nous aurions été mieux lotis. Eux, ils développaient le pays. D’ailleurs, du temps des Allemands, le Togo n’était-il pas une « muster kolonie » ? Oui, sans aucun doute, car si en 1907 le Togo fut qualifié de colonie modèle, c’est justement parce qu’elle venait d’équilibrer son budget, ce qui, en des termes plus clairs, signifiait que les Allemands tiraient de la petite colonie, par le concours des travaux forcés, beaucoup plus de bénéfices qu’ils n’en obtenaient au Cameroun, au sud-ouest Africain, au Ruanda-Unandi ou en Afrique-Orientale Allemande. D’abord, je dois dire qu’une comparaison de deux modèles d’assujettissement me parait éhontée et affligeante. Un joug est un joug. Ensuite, un autre détail dont on ne parle jamais suffisamment, mais que j’ai découvert dans le livre sur M Birregah, est qu’à l’époque aussi, on appelait le Togo « le pays des 50 coups »,. Les Allemands étaient en effet très friands des châtiments corporels. La « dose » courante, pour tous types de fautes (qui pouvaient aller d’un simple retard à l’appel au refus d’aller à la corvée) était de 50 coups de fouet, dont le dernier, plus spectaculaire, était dédié au kaiser (ein fur Kaiser). Il est indéniable que les Allemands, cruels et durs à la tâche, ont laissé de leur passage, qui fut court, des réalisations plus visibles que celles des Français en 40 ans. Mais les Togolais, surtout ceux qui ont travaillé dans des conditions extrêmes, souvent sans salaire, à construire routes, chemin de fer et usines ne seront sans doute pas du même avis que nous autres aujourd’hui. Mais où je trouve qu’il est scandaleux de jeter des fleurs aux allemands, c’est dans le domaine de l’éducation. En effet, ayant compris la colonisation comme une exploitation à outrance des territoires soumis, le colon allemand n’en avait que faire de l’éducation des Togolais. Il semblerait d’ailleurs qu’ils considéraient au départ que les nègres n’étaient pas assez dignes de parler leur langue, aussi laisseront-ils la charge de l’école aux missions, où l’enseignement de l’Ewe était largement encouragé (avant 1905 et la germanisation de l’école, sous la menace de l’anglicisation). Les Allemands d’ailleurs considéraient que le cours élémentaire était suffisant pour les Togolais (en plus des cours professionnels), et c’est même avec réticence qu’ils mettront en place un cours complémentaire à Lomé en 1911 (contre 3 pour les missions) presque tous entre Lomé et Anecho, (il n’eut par de cours complémentaire au nord, le cours élémentaire de Sodoké fut construit en 1911). Les Togolais qui voulaient que leur progéniture fasse de plus longues études les envoyaient au Gold Coast, où le système était plus ouvert. Ce que firent les cabocères de Lomé et d’Aneho, riches planteurs ou commerçants (y compris des esclaves, il faut le dire quand même). Les français, avec leur théorie de trois C (coloniser, christianiser, civiliser) mettront plus de cœur à la scolarisation des togolais, même si comme les Allemands, ils imposeront le français dans leurs écoles. Le cours complémentaire crée par le gouverneur Bonnecarrère en 1922 ouvrira définitivement des portes du lycée (surtout Faidherbe à Dakar) et de l’université aux Togolais. Et l’octroi de la bourse aux plus méritants permettra aux élèves non issus de familles aisées du littoral togolais (Anani Santos, André Akakpo et Nicolas Grunitzky en 1927,) de poursuivre des études en France. Les élèves du nord accéderont au cours complémentaire à partir de 1930 - le Bassar Honoré Tchakorom en 1930, l’année suivante Mani Gnofam (également Bassar) et le Tchokossi Namoro Karamoko. Encore un Bassar, Gbati Djéri, en 1937, puis en 1938 le Kotokoli Fousséni Mama. En 1940, c’est le Losso Léonard Ywassa, le Kabyè Antoine Méatchi et le Kotokoli Adam Kérim, -  

C’est le début de l’école républicaine, qui me permet aujourd’hui d’avoir une excellente instruction, bien qu’étant issu d’une famille modeste.

 

Un nord profrançais et un sud nationaliste ?

Je ne vois pas ce qui permet de le croire. Déjà en 1956, au référendum ayant débouché sur la République Autonome du Togo, les Togolais dans leur majorité ont voté pour la fin de la tutelle (plus de 80%). D’après Gogwin Tete-Adjalogo, dans « Sylvanus Olympio, père de la nation togolaise », les résultats par région de ce scrutin ont donné les chiffres suivants : Au nord, 84% de la population votent l’autonomie, et au sud, 67% se déclarent favorable à la fin de la tutelle (il faut noter que les nationalistes avaient appelé au boycott). Cependant, ce vote sera rejeté (sans doute à raison) par les nationalistes qui dénoncent des fraudes, et l’ONU qui doute de sa transparence. Aux législatives de 1958, le CUT rafle 61% des voix avec 29 députés sur 46 (contre 3 pour le PTP et 10 pour l’UCPN), mais la donne la plus importante, c’est que le CUT écrase ses adversaires dans les bastions au NORD. Ils font carton plein en pays Moba-Gurma, en pays bassar et Kokokoli. Les quelques régions homogènes qui lui échappent restent le pays Kabyè où le Benoit Palanga et Antoine Méatchi ont des avances confortables, le pays losso et le pays konkomba.  Alors, faire passer le nord comme le fief des proFrançais est un déni de l’histoire. D’abord parce que d’après mes connaissances, il n’a jamais existé au Togo de leader politique qui ait souhaité le maintien définitif du joug colonialiste (les résultats du référendum de 1958 l’attestent) et qu’ensuite, le nord a fait preuve, sur les deux consultations, d’un attachement à l’indépendance aussi déterminé que dans plusieurs régions au sud.

Par ailleurs, les populations du nord ont opposé à la pénétration des Allemands une résistance qui ne leur a pas aidé à avoir leur estime (ils ont récolté le prix de cette bravade dans les travaux forcés particulièrement ciblés aux ethnies qui leur avait le plus résisté). A plusieurs reprises, alors que le colon pensait avoir pacifié le pays, c’est encore ces populations (révoltes de 1880, 1892 et  1957, en pays kabyè et tchokossi) qui se montreront les plus rétives au joug colonial, et qui subiront des représailles impitoyables.

 

Quatre bustes sur la place de l’indépendance.

Autre chose qu’on lit dans ce livre à titre posthume d’A. Agbobli, c’est que le monument de l’indépendance a été construit par un Français, assisté à sa tâche par le talentueux Paul Ayhi, concepteur du drapeau togolais. C’est sur un tel détail qu’apparait toute l’absurdité de notre condition. Ne maitrisant pas le génie scientifique, nous sommes condamnés à faire appel à l’extérieur pour nous réaliser. Comment parler de nationalisme dans ces conditions ? C’est ainsi que les néo-nationalistes, pour nous expliquer comment le pays s’est arrêté depuis 1963, soutiennent qu’Olympio voulait sortir le pays de la zone franc, pour frapper une monnaie nationale arrimée au Deutsch mark. Si c’est ça, le nationalisme, quitter une domination pour une autre : très peu pour moi. J’ai cependant, en lisant le livre de Godwin Tete, apprécié une chose : sa remise en cause complète des frontières artificielles héritées de la colonisation, et une construction africaine (géographie et politique) basée sur nos réalités. Mais bon, tout ceci est bien sans compter sur les égos démesurés des leaders africains. Autrement, dénoncer la colonisation, et revendiquer des territoires issus du partage de l’Afrique à Berlin, il y a quelque chose d’incohérent.

Bref, les bustes, fallait-il les garder à la place de l’indépendance ou pas ? Non, bien sûr. Pour deux raisons à mon avis bien simples. La première est que si on commence à garnir la place de l’indépendance de buste d’anciens présidents, dans un siècle, il n’y aurait plus que des bustes sur la place, ce qui ne serait ni gracieux, ni pratique.  La seconde raison, est que sur cette place, une consultation populaire (ou parlementaire, il va falloir qu’ils se mettent à bosser un peu, nos députés) peut dégager les noms de quelques pères de l’indépendance togolaise (c’est inique de ne désigner que Sylvanus Olympio, au grand dam des Sanvi de Tové, des Pa de Souza, des Santos, et surtout d’un Aithson remuant et déterminant) qui ont été très actifs. C’est aussi erreur de se refuser à placer les « progressistes » dans la liste des pères de l’indépendance, car à suivre cette logique, les Houphouët, les Senghor et autres leaders de l’indépendance progressive ne mériterait aucune place dans le panthéon de leur pays. Ce qui n’est nullement le cas. Donc, quelques figures, dégagées après consultation populaire, pour figurer ad vitam aeternam au panthéon de la république que constitue cette place de l’indépendance (entre temps, il faut dire au responsable de l’endroit que l’intérêt d’une telle place est qu’elle soit accessible au public. Autrement, fermer les grilles et en interdire l’accès, c’est refuser au peuple l’hostie de la république)

Quant aux bustes, je suis d’avis comme les autres, qu’ils peuvent trouver une belle place au musée, à la Bibliothèque nationale, ou à l’entrée de la présidence. Avec le nombre de carrefours dégarnis qu’on a à Lomé, ce n’est pas les idées d’endroits qui manquent.

 

Quand on crie indépendance, l’écho répond réconciliation ? Non, division.

Les Togolais ont encore commémoré cette journée exceptionnelle dans la division. Rien de grave à cela. Il y a encore des gens assez particuliers dans ce pays pour se retrouver sous des étiquettes de nationalistes, de progressistes, et d’autres épithètes que je ne saurais dire. Seulement, pendant que tous ces courants s’entredéchirent, l’histoire avance. Ceux qui ont connu l’époque de l’Ablodé ont plus de soixante ans aujourd’hui. Les enfants nés après la conférence nationale ont vingt ans. L’histoire poursuit son chemin, et les besoins ne sont plus les mêmes. La mondialisation est là. Aujourd’hui, les nations se dépouillent elles-mêmes d’une partie de leur souveraineté pour s’engager dans l’aventure communautaire. Que deviendrons-nous demain sans la CEDEAO et la libre circulation des personnes et des biens ? Le grand capital est là, avec ses économies imbriquées. Les dynasties du golfe persiques détiennent plus de 25% de l’économie américaine, pendant que l’Afrique continue à représenter 2% des échanges commerciaux au monde. Les jeunes Africains, après cinquante ans d’indépendance, fuient en masse leur pays pourtant libérés du joug colonial pour aller travailler (parfois comme des esclaves) en occident, chez l’ancien colon, et ceci de leur plein gré.

Le monde change, évolue. Il y a un besoin d’adaptation. Le cri de ralliement demain, ne sera plus Ablodé (liberté), mais sans doute Agbé (la vie) car les Togolais, de toutes les origines, du nord comme du sud, aspirent à une vie meilleure, calquée sur les canaux internationaux (plus de liberté, plus de justice, plus d’emploi, plus de santé, plus de loisirs, plus de sécurité…)

Le monde s’effondre, un autre se construit, au même endroit, où la vie doit être meilleure. C’est le prix à payer pour demain, pouvoir regarder nos enfants dans le blanc des yeux, avec la fierté d’une mission accomplie. Pour le Togo.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 01:32

http://www.lencrenoir.com/wp-content/uploads/2010/05/togo.jpgVoici maintenant trois ans que j’ai entamé ma reconversion de l’armée aux milieux culturels et des affaires. Contrairement à ce qu’il en était à l’armée, mon nouveau statut me fait rencontrer chaque jour des dizaines de Togolais de statuts divers. De jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des intellectuels, des ouvriers, des artisans, des artistes, des hommes politiques, des syndicalistes, bref, le bon petit peuple togolais.

Ce foisonnement de rencontres et d’échanges me conduisent parfois, dans mes moments d’évasion, comme aujourd’hui, à me demander si la fameuse question d’opposition nord-sud, celle qui cristallise les passions, sédimente les préjugés, culbute les  croyances et la foi, bouscule le pacte républicain et suscite en sourdine un débat, que plus personne n’ose aborder ouvertement par peur du politiquement correct est une réalité dans ce Togo de 2011 : Existe- t-il un type de Togolais du nord, et un type Togolais du Sud ?

J’analyserai la question à l’aune de trois référents : le milieu naturel, l’espace culturel, et l’expérimentation politique. Bien entendu, ceci est le fait d’un blogueur, qui n’a pas la même rigueur méthodologique d’un sociologue ou d’un anthropologue. Mais bon, il faut que les intellectuels togolais – qui sont nombreux, talentueux, et fort appréciés à l’extérieur du pays-  jouent pleinement leur rôle de phares de la cité, ou c’est nous autres,  « clavardeurs », qui leur piqueront la place.

Du point de vue du milieu naturel, il est évident qu’il existe un nord et un sud, alors qu’il n’y a pas d’Est et d’Ouest. Sur le plan climatique, la différence est nette. Il est subéquatorial au sud (avec la présence de quatre saisons) et subsahélien au nord (deux saisons). L’harmattan sévit au nord, alors que la mousson (plus douce) se localise au sud. Rien que par leur différence de climat, les sud et le nord présentent deux milieux naturels différents(ceci bien entendu va jouer sur la faune et la flore des ces deux régions). Donc, sur le plan du milieu naturel ou physique, il existe un nord et un sud.

En juillet 1998, me morfondant en début de vacances qui me semblaient longues, j’entrepris de rallier, à vélo, mon village de Siou, en partant de Lomé, soit 475 de route. Du matin au soir donc, j’ai pédalé, rencontrant sur cette toute longiligne, presque tout le patchwork des cultures (au sens ethnologique du terme) togolaises. Je n’y ai pas vu de différence au point de vue du peuplement humain. Certes, je ne rapporte là qu’une expérience subjective, mais s’il faut faire parler les historiens, avec qui  le consensus rarement atteint, il est admis que le nord du Togo, à partir du 9° parallèle latitude nord, était peuplé de populations indigènes dont  l’origine remonte à des temps immémoriaux. « A cette couche appartiennent les Losso, Kabyè, Tamberma, Ngangan, Konkomba, les Cotocoli du clan Mola, les anciens Bassar et autre petits groupements aujourd'hui phagocytés par une nouvelle vague d'immigrants arrivés sur les lieux entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Parmi ces nouveaux venus on trouve les Anoufo de Kroumania (est du pays Agni en Côte d'Ivoire), aujourd'hui Tyokossi de Mango (N'Zara), la majeure partie du peuplement bassar, les Manding de diverses origines arrivés dans le Tchaoudjo (Tsandzo) à la belle époque du prosélytisme musulman du Soudan occidental, des envahisseurs Gonja et Dapaong du XVIIe XIXe siècle, qui se sont éparpillé dans les pays Bassar et Konkomba. De profondes différences séparent ces deux couches de peuplement si bien des points. Ainsi, tandis que la première fait peu de place à une autorité suprême dans son système d'organisation politique, ignore le port du nom clanique, connaît un habitat dispersé et travaille seulement la terre, l'autre à la royauté ou grande chefferie comme élément de base de son organisation politique, possède le nom lignager, fait appel à un habitat essentiellement groupé et s'adonne plus volontiers au travail artisanal comme la métallurgie, la céramique, la vannerie, le tissage. Elle travaille aussi la terre, mais y joint la grande chasse en forêt[1]. »,  un no-mans land large de deux degrés, sépare ces peuplements du second groupe, plus denses, qu’on retrouve au sud. En effet,  « du 7° degré de latitude Nord jusqu'à la côte, le pays est occupé par le groupe Aja-Ewé, dispersé à partir des villages historiques de Tado et Nostè,probablement entre les XIVe et Xve siècles. A la fin du XVIIe siècle s'y joint une nouvelle vague de populations composées de Fante, Gâ, Adangbe, Atchem (Kpessi) venues de la Côte l'Or. Puis ce fut durant la première moitié du XIX e siècle, l'arrivée d'un troisième groupe d'immigrants formé de Fon, Yorouba (Ana), Mahi fuyant les armées dahoméennes. Ceux-ci avaient trouvé sur place les Akposso, Adélé, Akébou ., qui vivent aujourd'hui dans la région montagneuse du centre. Ces populations, numériquement peu importantes, ont dû subir la loi du plus grand nombre, et, pour garder leur identité, se seraient retirées dans la région montagneuse d'accès plus difficile, laissant la plaine aux nouveaux venus. L'organisation politique des Ewé, Ana, Fon et Mahi du Togo se caractérise par l'existence de petites chefferies locales parfois réduites aux dimensions d'un village. Quant aux Gè (Gâ et Fante), ils ont su organiser au XVIIIe siècle un royaume assez important - avec Glidji pour capitale - dont le déclin survint cependant au début du XIXe siècle par suite des luttes civiles, entre les cabécères Lawson et Adigo pour la suprématie à Aného »

cependant, ce no mans land large de deux degrés sera progressivement comblé par les colonies de peuplement, ponctionnés surtout chez les Kabyè et les lossos, où l’aridité des terres n’autorisait pas des rendements capables de nourrir toute la population. C’est ainsi qu’entre Atakpamé et Sokodé, on retrouve des villes et des villages peuplés majoritairement des ces émigrés nationaux. Cette émigration économique a eu des ramifications très longues, puisqu’on retrouve aujourd’hui des kabyè losso dans plusieurs préfectures de la région des plateaux, voire même de la maritime, puis qu’il y en a qui sont installés au moyen mono  et dans d’autres préfectures du Sud-ouest togolais.

S’il faut tirer une conclusion sur l’espace humain, on est bien obligé de me rejoindre sur les mes impressions quand j’ai traversé le pays à vélo. Il est difficile de voir une démarcation entre le nord et le sud au plan du peuplement. D’autant plus qu’une bonne partie des émigrés du nord, se sont suffisamment intégrés dans leur milieu d’accueil, adoptant les noms et les habitudes, même si la langue parfois est restée le seul lien ombilical avec le village d’origine. Cependant, s’il faut faire un regroupement au point de vue de l’organisation sociale, on peut à la limite dire que les autochtones nordistes sont caractérisés par l’absence d’une autorité centralisée, le port du nom clanique et surtout l’habitat dispersé et la seule culture de la terre, les autres groupes, que ce soit ceux arrivés au 18° et 19° siècle au nord ou ceux issus des différentes vagues d’immigration au sud, ont en commun une organisation centralisée (avec des niveaux certes différents) et une activité portée non seulement sur l’artisanat, la chasse, et le commerce. Voilà selon moi, au point du peuplement, la différence fondamentale qu’il peut y avoir entre les différents peuples du Togo. Et ces différences-là n’épousent pas forcément la fracture géographique nord-sud, même si en terme de majorité, on peut être amené à annexer à tout le nord les caractéristiques du premier peuplement, et au sud le second.

L’expérimentation politique à présent. Aujourd’hui, je viens de finir un livre remarquable –le roman de l’indépendance- livre à titre posthume de l’excellent historien Atutsé Agbobli. Il y rapporte un détail qui a mon sens, a scellé la vie politique du Togo avant les indépendances, et ceci jusqu’à nos jours. Le CUT, comité de l’unité togolaise, d’abord association crée en 1936 par le gouverneur français Montagné pour faire contrepoids au Deutch-Togobund (autre association) qui militait pour le retour du colon allemand, était devenu, dès 1946 un parti politique important, avec à sa tête un orateur hors pair, Sylvanus Olympio. Cette association, créer pour rassembler les notables togolais et les cadres français, faisait suite à la CAF (Cercle des Amitiés française) jugée trop colonialiste. Le CUT, méné par Augustino Pa de Souza et Sylvanus Olympio, était cependant constitué de tous les notables togolais, ceux du nord comme ceux du sud. En 1941, son conseil d’administration était autant composé certes de jeunes cadres formés dans les grandes écoles des vieilles familles du sud, mais aussi des nombreux notables du nord-Togo comme Tiagodemou, chef supérieur des Kotokoli (Paratao) Nabiéma, chef supérieur des Tchokossi, Birréga, chef supérieur des Lossos, Issaka, chef du village de Tchamba…. Cependant, au congres du 24 au 27 avril 1946 à Kpalimé, le « CUT se mua en un mouvement à orientation politique particulière, en ce sens qu’il se donna en réalité comme objectifs le programme et les revendications qui furent arrêtées moins de deux semaines plus tard, du 09 au 11 mai, par la All Ewe conference, dont il devint de fait la section au Togo sous tutelle française. (…) Dans le conseil d’administration issu du congrès de Kpalimé, il n’y avait que les gens de Lomé. N’étant pas Ewe, tous les chefs du nord disparurent de la nouvelle direction et furent des proies faciles à récupérer par l’administration coloniale qui eut tout le loisir de dénoncer le CUT comme un mouvement ethnocentriste, destructeur de l’unité togolaise[2] ». Le péché originel vient de ce fameux congrès, et depuis, l’activité politique est baignée dans ce manichéisme, qui veut que le sudiste soit un nationaliste, et le nordiste un collabo. Le CUT à mon avis est resté collé à cette idéologie centrée sur le All Ewé Conférence, même si au lendemain des indépendances, le père de l’indépendance se montrera impitoyable avec ses anciens compagnons de luttes, envoyant dans les geôles à Mango les Santos et autres « nationalistes » qui avaient contribué à la victoire du CUT aux élections législatives de 1958, mais ça, c’est une autre histoire. En lisant « le Togo sous Eyadema » de Comi Toulabor, il faut croire que le régime du parti unique a sensiblement supprimé ce manichéisme géographique dans l’approche du sujet politique au Togo. Même si la politique du rééquilibrage, si chère à mon oncle YAgla, a fait pousser ici et là des cris d’orfraie, jamais au Togo sous Eyadema une région n’a si ostensiblement dominée la scène politique. Toulabor donne d’ailleurs aux cadres du sud, une prééminence dans l’élaboration de l’idéologie du parti unique (le rôle joué par Edem Kodjo par exemple a été capital) de même que la mise en place du culte qui a contribué à consolider le pouvoir d’Eyadema, en y incorporant dans « l’adoration » d’Eyadema, les rites des cultes Vaudoun et Gu.

L’avènement de la démocratie a, du point de vue de mon expérience personnelle, connu deux étapes. La première est celle qui va de 90 à 94, que je vais appeler le règne des nouveaux partis. Cette période est marquée par une ferveur populaire, soutenue par le rejet du parti unique. Même si dans certaines localités du sud, des villages d’allogènes ont été brulés, même si à Lomé, après la période des innocences, on a pas mis longtemps à faire la différence entre le Loméen Ewé (Epkemog), et le Loméen de l’intérieur (Tommog) prenant en otages nous autres, qui sortions avec nos copains pour aller aux barricades, jusqu’au jour où on a compris qu’il ne faisait pas bien d’être du nord et aller manifester, ce fut malgré tout la période des partisans, des frères et des embrassades. Je me souviens de 94. Dans mon village à Siou, il y avait plusieurs tendances. J’étais de l’UTD, d’autres du CAR, et une bonne partie du RPT. On se lançait des vannes, on se promenait avec les affiches de nos leaders. Ensuite, nous n’avons rien compris. Les opposants se sont mangés entre eux. Et la victoire confortable que le peuple leur avait donnée a disparu. Le temps des innocences s’est évanoui. L’UCF, copie du CUT a surfé sur les déceptions et les rancœurs, et est monté en puissance. Puis soudainement, les vieux démons ont réapparu. Il n’a plus été question de nationalistes, qui, au grand dam des nouveaux partis, se sont vu circonscris dans les limites de l’ancien All Ewe conférence, puis des Collabos, populations sans conscience du nord Togo, prétendument incapables de voir où se trouvent leurs intérêts. Même si comme en 1950, personne ne semble intéresser à ces populations, sauf à la veille des élections. Et subitement, tout devient si facile. Parce qu’en face, il suffit de rappeler à ces populations, dont la mémoire collective est encore vive, certaines dérives des lendemains d’indépendance, de reprendre certains propos de leaders qui rappellent cette époque-là, pour qu’il ne serve plus à rien de battre campagne. Dans cette cacophonie, les nouveaux partis, pourtant de vocation nationale, deviennent inaudibles, tant le discours extrême fait mouche, exalte, exulte. Il suffit de dire que l’histoire de la nation s’est arrêtée le 13 janvier 1963 pour que de vieux souvenirs, manipulés et écornés, reviennent sur la place publique. Ah ! Instants virtuels d’un paradis qui n’a jamais existé. L’extrémisme de cette nouvelle opposition se retrouve confronté à un autre extrémisme, plus subtil, mais plus vicieux puisqu’il fait appel à la survie d’un peuple. Et les nouveaux partis, tels des vieilles femmes ménopausées, sont délaissés un par un. Oui, dans une confrontation politique entre UCF (aujourd’hui ANC) Vs RPT, la donne ethnique reste présente. Elle y est instrumentalisée par cet irrédentisme bientôt séculaire.

Donc, il y a une réelle opposition nord-sud alors, puisque sur les trois référents, deux le confirment, et le plus important, l’expérimentation politique a tendance à le rendre incontournable. Et bien, non.

Car en réalité, peu de personnes se retrouvent aujourd’hui dans ce langage. La solution, c’est la ville qui nous l’apporte. En 2025, plus de la moitié des habitants du Togo vivront dans des villes. A Lomé, capitale du Togo, plus des 2/3 des habitants auront des origines allogènes, nordistes, étrangers. Pires, la majeure partie des descendants de ces allogènes ne se sentiront aucunement attachés par leur localité d’origine. Déjà, à Lomé on le voit. Les enfants des cadres Kabyè, Lossos, Bassar Moba…ne se sentent pas particulièrement attachés  à leurs villages d’origine. Certains parlent encore leur langue maternelle, même si entre eux, ils s’expriment plutôt en mina, ou le pidgin de Lomé. A l’attentisme de leurs parents (qui, issus d’une éducation où l’administration était le seul débouché, n’ayant pas développé d’autres aptitudes comme leurs frères issus de l’émigration), ils font aujourd’hui preuve d’une vitalité débordante. On les retrouve dans les fonctions libérales (chose rare il y a une vingtaine d’années), dans le commerce, les services. L’armée et l’administration ne sont plus leur apanage (la frugalité de l’existence de leurs parents ayant principalement orienté ceux-ci vers ces métiers durs, mais à la gamelle sûre).Certes, les jeunes du nord ont encore une certaine réticence à exposer leur différence sur des sujets politiques, à cause de cette réminiscence de l’esprit de 46, mais l’histoire est en marche, inexorable. Même dans les villes du nord, on assiste aussi à un autre type de sédentarisation, plutôt administrative celle-là, mais qui amène plusieurs fonctionnaires du sud à construire leur maison au nord. A Kara, j’ai un sergent-chef dont les enfants font tous les rites initiatiques des évalas, sans soulever aucune opposition. La ville est la clé. Le chômage galopant fait plus qu’aucune fonction n’est dédaignée par les jeunes. L’armée et l’administration sont pris d’assaut par les jeunes originaires des régions où autrefois, c’était un opprobre d’arborer le treillis. La ville est la clé.

Et cette ville est là, déjà devant nous, gommant à tout jamais, ces clivages d’un autre siècle. Le Sud est mort, entrainant le nord avec lui. Place à un être nouveau, au Togolais de la génération des battants. Ce Togolais est déjà là, sous nos yeux. Nous refusons seulement de le voir.



[1] Source : http://www.gymsm.krefeld.schulen.net/tric/togo/togo4.htm

[2] Le Roman de l’indépendance, A. Agbobli, page 90-91

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 03:04

http://news.abidjan.net/photos/photos/610x%20(5)(85).jpgDepuis hier, le pouls de l’actualité africaine s’est accéléré. Nous, peuples d’Afrique de l’Ouest, avons presque suspendu nos activités pour braquer toute notre attention sur la crise ivoirienne.  Là bas, au pays de l’Eburnie, les événements se précipitaient : Laurent Gbagbo, ainsi que sa famille, ses collaborateurs avaient été arrêté dans la casemate de la résidence présidentielles, et conduits sous escorte à l’hôtel du Golf. D’autres faucons du régime avaient même trouvé refuge au 43ème BIMA, chez ces Français là même à qui on n’avait cessé de demander le départ.

Pour une fois, je serai bref dans mon analyse, d’une part parce qu’il fait nuit et que je suis crevé, et d’autre part parce que j’ai trop traité de ce sujet sur ce blog.

Trois observations me viennent à l’esprit suite à ce dénouement calamiteux :

Primo : Il n’y a pas de gagnant dans cette confrontation. Certes, le clan Gbagbo, par son entêtement a presque tout perdu. L’honneur, le respect, la dignité. Seigneur! Quel est cet homme qui garde dans un champ de bataille, autour de lui, des femmes et des enfants alors qu'il est dans un kessel (encerclée). Mais ADO, en prenant le pouvoir avec deux handicaps majeurs (les massacres à Duekue et le décisif coup de pouce (je dirai même poing) des forces françaises) perd non la légitimité, mais la crédibilité dont il aurait pu jouir s’il avait mené une campagne militaire exemplaire. Il est condamné à un gouvernement national, impliquant certains de ses détracteurs d’hier, s’il veut se faire une virginité. Le peuple Ivoirien restera quant à lui le plus grand perdant de cette bataille de Titans. Tous ces morts et disparus qui ne reviendront jamais. Je vais souvent sur les forums ivoiriens. Le syndrome de l’Ivoirité n’a pas encore disparu. Et il m’est avis qu’il va se renforcer, car Ouattara, en bon libéral, va sans doute ouvrir l’économie nationale aux grands groupes financiers. Le pays en profitera sans doute, mais les écarts de revenus vont se creuser, faisant l'affaire des « patriotes », qui eux, ne désarmeront jamais.

Secondo : « l’irresponsabilisation » de l’Africain bat de nouveau son plein. Il faut croire que c’est nous plutôt les Africains qui refusons notre souveraineté. En effet, bien qu’il ait été établi que les hélicoptères de l’ONUCI ont combattus avec le soutien des gazelles françaises (et un MI 24 est une sacrée machine de guerre, comparée à une gazelle), bien qu’il soit démontré que les chars de l’Onuci dans la journée de lundi se sont déployés aux cotés des chars français, une partie des Africains n’ont vu, dans la chute de Gbagbo, que la main de la France. Ah, cette France là !, mais qu’est-ce que qu’elle était donc inspirée, quand elle a arrêté la progression des colonnes rebelles envahissant le sud de la Côte d'Ivoire en 2002. Ces troupes Françaises là, respectaient sans aucun doute la souveraineté ivoirienne à ce moment-là. Cette Licorne là, alors que depuis 2004, Laurent Gbagbo aurait simplement pu demander à ce quelle se retire de la Cote d’Ivoire (ce qu’elle aurait fait, puisqu’il disposait d’une légitimité à cette époque), est restée indispensable tant qu’elle pouvait enrayer toute tentative de reprise des hostilités des rebelles. L’Afrocentrisme a souvent des relents de puérilisme.  Toutes ces levées de bouclier pour dénoncer l’intervention de troupes françaises, alors que les massacres de populations à Abidjan n’ont jamais semblé troubler ces biens pensants. Mais ce n’est pas bien grave. Quand un Africain massacre à coup de machette un autre Africain, le coupable, ce n’est pas le massacreur, mais celui qui a fabriqué la machette, et si ce dernier est Africain, ce sera celui qui aurait fourni le fer, et si ce fer est Africain, il faudra chercher du coté du fabricant de l’allumette ayant servi à allumer les fourneaux du forgeron. Pauvre de nous. Il semblerait donc que Gbagbo, encerclé, enfermé dans son bunker, aurait eu un autre sort que de se rendre, si l’ONU et la France n’avait pas intervenu.

Tertio : L’investissement le plus pressant que la Cote d’Ivoire devra faire dans les cinq années à venir, sera la dotation d’une armée : équipée, avec des chefs militaires bien formés, bien instruits, avec un sens supérieur de la hiérarchie. La Campagne militaire a mis à nue le manque de stratèges dans les deux camps. En effet, les généraux de Laurent Gbagbo ont clairement démontré qu’ils avaient gagné leurs galons dans les salons et sur les podiums avec les jeunes patriotes à pousser à la chansonnette. Le spectacle était hallucinant. Alors que la guerre se profilait à l’horizon, alors que tous les témoignages faisant état de nombreux recrutements dans les zones CNO, aucun chef militaires n’est sorti (enfin, ouvertement) d’Abidjan pour organiser les lignes de défenses. Et une fois que les hostilités ont commencé, aucun plan de bataille, aucun salle d’opération, aucun commandement opérationnel n’a été mis en place par les généraux de Gbagbo pour préparer ne serait-ce que des lignes de défenses enterrés, ponctuées de contrattaques blindées qui auraient mis à mal les FRCI. Il suffit d’imaginer tout le mal que ces derniers ont eu pour s’emparer des bastions de Gbagbo à Abidjan pour imaginer le cour qu’aurait eu la guerre si des villes comme Gagnoa, Duekue, TIebiessou, et Bondoukou s’étaient érigées en forteresses, fixant les colonnes ennemies, et les rendant vulnérables aux tirs d’artillerie de campagne longue portée, ou au mieux, à des furieuses contre attaque blindées qui auraient sans aucune difficulté culbuté les troupes faiblement équipées des FRCI. Gbagbo a commis une erreur militaire impardonnable. Il a utilisé les blindés en ville (où ils sont le plus vulnérables et dangereux pour la population civile) là où c’est l’infanterie plutôt qui devrait agir, puis a laissé la campagne à son ennemi, là où ses blindés auraient été efficaces, et n’auraient pas crée toutes ces pertes collatérales dues à des tirs tous azimuts en ville. Comment comprendre qu’une ville ne se fortifie pas, ne prépare pas des obstacles au franchissement, des trous de combat, à l’approche de l’ennemi. Si les FDS avaient pu remporter ne serait-ce qu’un seul combat en rase campagne, la guerre aurait eu un tout autre visage. Pour cela, il aurait fallu un Rommel, un Guderian, voire un David Stirling ou un Jonas Savimbi. Mai bon ! Il suffit de voir le spectacle hallucinant de l’allégeance des généraux pro-Gbagbo à Ouattara aux lendemains de l’arrestation de leur mentor pour comprendre que ces généraux là ne gagnent pas des guerres, mais des villas, des médailles et des barrettes. Pauvres militaires ivoiriens morts par devoir. A eux, on n’a jamais rien demandé que d’obéir. Et ceux qui ont fait des choix sont bien restés aux chaud, et pendants que les corps de leurs soldats sont encore fumants sur les champs de batailles, les voila qui déjà quémandent les faveurs des vainqueurs. Il est regrettable que nous soyons si noirs. Le blanc, quand il a honte devient rouge et tout le monde le voit.

Les FRCI non-plus n’ont pas fait preuve d’une science militaire exceptionnelle. S’appuyant sur leur ascendant psychologique (et mystique) sur les FDS, elles ont presque déroulé tranquillement vers Abidjan, comptant sans aucun doute prendre la ville sans combattre. Il a simplement fallu qu’elles retrouvent en face de troupes décidées, pour qu’on se rende compte de leur relative vulnérabilité. La reprise des locaux de la RTI en est un exemple patent. Ne disposant pas d’artillerie lourde, faisant face à un ennemi enterré, maitrisant son terrain, et plutôt combattif, les FRCI ont perdu leur panache dans la bataille d’Abidjan. Leur vulnérabilité a été mise à nue. Voila pourquoi il faut que l’édification d’une armée forte et disciplinée soit la priorité des priorités. Houphouët avait fait le pari d’une armée faible, peu opérationnelle et malléable. Toutes les guerres de Côte d’Ivoire procèdent de cette précarité. Les velléités de reconquête du pouvoir par les armes vont continuer à habiter quelques miliciens, revanchards et autres patriotes qui n’accepteront jamais Ouattara comme Président. Si la Cote d’Ivoire n’a pas une armée Républicaine et forte pour faire face à cette menace, elle est définitivement perdue.

Par Gerry - Publié dans : Actualité internationale - Communauté : blogueur africains
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 01:12

http://www.decitre.fr/gi/68/9782852584068FS.gif

Longtemps, j’ai été fasciné par le titre de cet édito de Béchir Ben Yahmed dans jeune afrique, que je l’emprunte avec jubilation.

 

Libye, jeu de soufflet sur fond d’imposition de démocratie.

En école militaire, on nous a appris qu’il fallait réunir trois conditions avant de s’engager dans une guerre. La première est qu’il ne devrait exister aucune autre solution, la seconde est que la situation après la guerre devrait être meilleure à celle avant, et la troisième, la plus importante, est qu’une fois engagée, on devrait s’assurer de l’emporter. Sur la Libye, il faut croire que les chefs militaires se sont assurés de l’association des trois solutions avant de lancer l’offensive. Mais ce faisant, Sarkozy et les alliés inaugurent une nouvelle ère dans le domaine de l’intervention militaire sous bannière onusienne : celle de l’assistance aux hors-la-loi. Jusqu’ici, les missions onusiennes avaient connu deux étapes, les premières, exclusivement pacifiques, où les casques bleus se sont contentés de regarder les belligérants se massacrer et massacrer les civils (Liban, Congo, inde-Pakistan). Ces missions avaient la particularité de requérir d’abord l’assentiment des parties, d’être parfaitement neutres et impartiales, sans aucun mandat coercitif. Les OMP (opérations de maintien de la paix) de deuxième générations apparaissent après la guerre froide et se caractérisant par l’absence de consentement des parties avant déploiement, l’omniprésence des organisations humanitaires, et surtout la flexibilité des mandats (qui peuvent aller du maintien à la consolidation de la paix en passant par son imposition) exemple : Somalie, Libéria, Sierra Leone… A coté des ces opérations encadrées par l’ONU, les grandes nations ont souvent fait leur petites guerre un peu partout dans le monde, sans demander l’avis de personne, et en s’arrangeant à ce que les autres grands pays ne s’y mêlent pas (Guatemala, Kolwezi, Afghanistan, Irak 2…). Avec les frappes sur la Libye, on assiste à une troisième génération de missions onusiennes, qui pourrait s’appeler « imposition de la démocratie et de la protection des civils", en s’appuyant sur des hors-la-loi. Il faut noter qu’en fonction de leurs protecteurs, et de leur idéologie,  ces hors-la-loi sont soit des insurgés (Libye) ou des rebelles(Afghanistan) .

Tout de même, une question s’impose : Fallait-il intervenir en Libye ? Oui, pour l’exemple. Nous sommes dans un siècle où il ne devrait plus être possible à aucun dictateur, de massacrer ouvertement sa population en s’abritant derrière la souveraineté nationale. Il est des valeurs que nous devrions partager. J’ai entendu des gens dire, pourquoi les Français n’interviennent pas au Yémen, en Birmanie, en Corée du nord. A ce que je sache, aucun dictateur dans ces pays ne massacre ouvertement sa population, en s’en réjouissant. Je reste persuadé que les logorrhées verbales de Kadhafi l’ont plus desservi que les massacres supposés sur le terrain. Kadhafi a oublié une détail très important dans les sociétés modernes : L’opinion publique. C’est certes normal, il n’en connait pas dans son pays.

Donc, imposition de la démocratie et protection des civils. La seconde condition pour s’engager à la guerre est l’amélioration de la situation après les hostilités. Rien ne nous dit que l’après Kadhafi sera mieux. D’ailleurs, avec la reprise de Ras Lanouf par les troupes du guide, rien ne dit que cette guerre sera gagnée, surtout que les troupes pro-Kadhafi ont vite fait de s’adapter à ce genre de guerre où l’ennemi a la maitrise de l’air. Elles ont abandonné les lourds chars facilement identifiables dans le désert, pour des Toyota facilement maniables, et surtout difficilement identifiables (de celles des insurgés) sur le terrain. L’intervention en Libye ouvre une brèche dans le droit international, qu’il sera difficile à colmater. Mais il fallait intervenir. Plus aucun dictateur n’a le droit de massacrer sa population.

 

Benin, mon cœur saigne.

Le mythe s’est effondré. Pendant vingt longues années, le modèle béninois a inspiré tous les jeunes africains. Le fair-play et la maturité de nos voisins de l’Est faisait même notre fierté. La messe est terminée. Je ne sais pas si Yayi Boni a gagné les élections ou pas, mais en les organisant dans des conditions aussi chaotiques, il attache définitivement son nom à la fraude. Sa légitimité sera difficile à retrouver. Et il restera dans l’histoire comme l’homme par qui la jarre (aux trous fermés par les doigts de toute la nation) a laissé échapper la précieuse eau. Mon cœur saigne.

 

Cote d’ivoire : La fin.

Dans un précédent billet, j’écrivais que Gbagbo avait gagné, parce qu'il aurait obligé Outtara à endosser la paternité de la rébellion. C’est à croire qu’au Golf les gens me lisent là bas. Ils ont vite fait de créer les FRCI (Forces républicaines de Cote d’Ivoire) armée disparates sans état major, mais supposée rassembler les ex-rebelles et les loyalistes déserteurs. Depuis le début des hostilités à l’ouest, on a soigneusement évité de parler de FDS abattus ou auteurs de crimes. Tout a été mis sur le compte des mercenaires et des miliciens. Une excellente stratégie de communication qui porte dorénavant ses fruits.  Même si à la tête des trois fronts ne se trouvent que d’ancien chefs de guerre, les troupes loyaliste se rallient facilement à des FRCI, en lieu et place de Forces nouvelles jadis haïs.

L’effondrement du puzzle a surpris plus d’un, mais encore une fois, Ouattara a bénéficié de fins stratèges, alors que du coté de Gbagbo, les officiers ont oublié les ordres d’opération dans les tiroirs pour aller conter fleurette sur les podiums devant des patriotes en délire. La preuve aujourd’hui est que contrairement à 2002 où des colonels et des généraux avaient des zones de front où se dégageait une certaines cohérence dans les engagements, il apparait aujourd’hui que chaque garnison des forces loyalistes est livrée à elle-même, les officiers supérieurs sensés leur donner des ordres d’opération, plastronnant à la RTI ou plutôt occupés à consolider leur fortune. Le plus admirable coup de stratégie militaire a été la fixation des troupes à Abidjan. En déclenchant une guerre de guérilla dans Abidjan, les forces pro-Ouattara ont fixé une part non négligeable des troupes fidèles à Gbagbo. En tentant de reprendre Abobo, alors que le mode opératoire (chars avec peu d’infanterie, incapable d’occuper le terrain) ne s’y prêtait pas, les FDS ont laissé tout le temps nécessaires aux FN, enfin, aux FRCI, de fourbir les armes, de compléter les effectifs, et attendre patiemment le piège de l’UA. En effet, les atermoiements de l’UA étaient motivés, à mon avis. D’une part parce que personne ne pouvait envisager la possibilité de faire la guerre à un président parce qu’il avait fraudé les élections (précédent dangereux pour tous les autres président) et d’autre part parce que les FN assuraient qu’elles pouvaient faire le boulot, pour peu qu’on leur donne un peu de temps, et les moyens aussi, je suppose. Ce que l’UA a fait. Dès que les forces pro-Ouattara ont annoncé avoir fini leur préparatifs, l’UA s’est empressé de donner les conclusions (contraignantes) du panel, alors qu’elles l’annonçaient pour la fin du mois. A partir de cet instant, l’engrenage s’est mis en place, et plus rien ne l’arrêtera. On risque malheureusement d’assister à un scénario à la congolaise, où un président part en exil pour épargner sa capitale (sous pression des diplomates étrangers) d’où il appellera la mort de toutes ses forces pour échapper à la potence de la CPI.

Comme je l’ai souvent dit dans mes posts, je ne sais pas qui a réellement gagné les élections dans ce pays, mais j’ai une conviction. C’est que ce pays merveilleux mérite de retrouver la paix, et Gbagbo s’était mis dans une situation où il ne pouvait plus la leur apporter.

Par Gerry - Publié dans : Actualité africaine - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 22:24

J'ai si shttp://www.winne.com/ssa/togo/reports/2007/images/video_bodjona.jpgouvent dénoncé les interdicions de manifestations, que ce soit dans les lieux publiques ou privés, que l'annonce  d'une loi sur ces libertés là ne pouvait que piquer ma curiosité. Mais ayant eu une semaine chargée, je n'ai guère eu le temps de me pencher sur le dossier. Mais qu'à cela ne tienne. Heureusement que des personnes bien attentionnés m'envoient tous les sujets d'actualité dans ma boite. Donc, j'ai lu tout ce qui a été publié sur le sujet. Sauf le passage de Bodjona à la Télé. Mais bon, rien de très pénalisant.

Donc, j'ai lu les deux articles à polémique de notre constitution. L'article 14 qui stipule que " - L'exercice des droits et libertés garantis par la présente Constitution ne peut être soumis qu'à des restrictions expressément prévues par la loi et nécessaire à la protection de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la  santé publique, de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d'autrui." et l'article 30 où il est question, je cite " L'Etat reconnaît et garantit dans les conditions fixées par la loi, l'exercice des libertés d'association, de réunion et de manifestation pacifique et  sans instruments de violence.  L'Etat reconnaît l'enseignement privé confessionnel et laïc. "

Donc, pour un dur de la feuille comme moi, je comprends deux choses: la première est qu'il y une loi qui manque dans notre arsenal juridique. Et cette loi doit encadrer l'exercice des libertés publiques. Est-ce que cette loi existe déjà? non. Est-ce qu'elle est prévue? Oui, l'article 14 le dit. Est-ce qu'il y a une utilisé à cela? Bien sûr, et le bénéficie de cette loi immédiatement sous les yeux. Désormais, aucun préfet ne pourra plus prétendre avoir reçu les ordre puisque l'existence d'une loi aura le mérite de poser le cadre d'expression des libertés de manifester, puis que c'est de cela qu'il s'agit.

Alors, une fois que le principe de la nécessité de la loi est acquis, reste à la proposer. L'initiative peut venir du parlement (pour des questions aussi fondamentales, il vaut mieux que cela vienne du parlement) ou du gouvernement. Seulement, au Togo, les parlementaires ne sont pas encore informés qu'ils ont, concomitamment au gouvernement, l'initiative des lois. Donc, le bébé revient au gouvernement. Qui bien entendu, ne peut pas voir d'une bon œil une telle loi, jusqu'à ce que les partenaires internationaux, avec pour fer de lance le Haut Commissariat aux Droits de l'homme, le pousse un peu à faire des concessions. Et finalement, ça marche. Lorsque je lis la sortie médiatique de la ligue Togolaise des droits de l'homme, une chose au moins est à reconnaitre au gouvernement, c'est qu'il a vraiment essayer d'associé la société civile, et les partis politiques à la réflexion en amont devant conduite à la proposition d'un projet de loi. La LTDH se plain de n'avoir pas eu le temps nécessaire pour suivre le cahier de charges initialement prévu. Je n'ai pas trop d'éléments sur la question, un journaliste proche du pouvoir m'a soutenu que les délais étaient trop longs, que les multiples guerres de tranchées foisonnaient, alors que les partenaires sociaux mettaient la pression pour que le Togo s'aligne enfin, sue le chapitre des libertés fondamentales, au même diapason que les autres pays de la sous région. Je lis même dans la déclaration de la LTDH:

(...)Une fois arrivée, la délégation sera informée que la rencontre se situe plutôt dans le cadre des réflexions déjà entamées sur la législation en matière de liberté de réunion et de manifestation et que cela devra réunir autour du Ministre, les défenseurs des droits humains, notamment le HCDH, le Président de la CNDH et le président de la LTDH , membre du comité de suivi.

C’est alors que la délégation de la LTDH a manifesté le désir de se retirer, son Président étant absent du territoire national. Mais sur proposition du Ministre de voir la délégation de la LTDH participer à la réunion en lieu et place de son Président, deux membres de la délégation de la LTDH ont finalement assisté à la réunion dont l’objet, selon le Ministre, est de voir avec les défenseurs des droits de l’Homme si l’avant-projet de loi élaboré par son ministère est conforme aux normes et valeurs internationales des droits humains ;

Cependant, les travaux qui se sont déroulés jusque tard dans la soirée, n’ont finalement permis aux participants que d’analyser le document à eux soumis, rien que sur la forme, le fond étant demeuré intact.(...)

Je retiens deux éléments de ce témoignage: le premier est qu'il y avait donc un réel désir de se conformer aux normes internationales, et que la LTDH, non satisfaite de la procédure, ne s'est pas fendue d'un communiqué de presse soulevant sa désolidarisation du processus.

J'ai lu aussi les déclarations de l'ANC sur ce projet de loi. En dehors du florilège habituel de récrimination, je ne vois aucune proposition. Même constat chez l'OBUTS. Y avait-il nécessité qu'une loi soit adoptée, qu'est-ce qu'il fallait y mettre?  De plus en plus affamé, j'ai cherché et trouvé l'avant projet définitif. Je l'ai lu, et je n'ai rien trouvé à redire. Les manifestations publiques sur la place publique et dans des lieux privés sont toujours soumis à la déclaration et à l'information de l'autorité publique (ministre de la sécurité, préfet, gouverneur (ils ont trouvé ça où?), maire). La déclaration doit se faire au préalable 5 jours avant, et si l'autorité publique veut interdire la manifestation, elle doit le faire savoir trois jours avant, par une décision motivée. Mais comme je suis dure de l'oreille, je me suis retourné vers la France, pays des droits de l'homme, pour voir de quoi il y en retournait. Dans une étude comparative entre le droit français et le droit russe, Mathieu Escandes écrit:

1) Le droit français regarde la liberté de manifestation comme une liberté distincte de celle de réunion, toutes les deux étant des « formes de libertés d’expression collective voisines »2. Tandis que la « réunion » est entendu comme « une rencontre organisée et temporaire de plusieurs personnes en vue d’entendre l’exposé d’idées ou d’opinions, de se concerter sur la défense d'intérêts ou d’entreprendre une action commune »3, la manifestation « consiste en une affirmation publique, sous forme de rassemblement, d’une opinion, de convictions ou de revendications »4. Alors que la réunion « suppose la présence de discours », la manifestation « comporte au contraire des chants, des cris, des attitudes ou des emblèmes, mais n'implique pas obligatoirement l'exposé d'une pensée, la tenue d'un discours »5. Une manifestation mobile est appelée « cortège ». Les manifestations se déroulent sur la voie publique. Lorsqu'une manifestation est susceptible de troubler l'ordre public elle se transforme en un « attroupement ».

2) La liberté de manifestation n'est pas consacrée en France ni par la Constitution ni par une grande loi républicaine. Elle est réglementée, par contre, par des divers textes juridiques dont le plus ancien est le décret-loi du 23 octobre 1935. Celui-ci dispose: « Sont soumis à l'obligation d'une déclaration préalable, tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d'une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique », à l'exception des « sorties sur la voie publique conformes aux usages locaux ». Ainsi le législateur a posé un régime de déclaration préalable. Cela veut dire que les manifestations sont organisées sans autorisation mais doivent faire l'objet d'une déclaration à la mairie ou à la préfecture trois jours francs au moins avant leur date de tenue. Selon le décret-loi, la déclaration doit comporter les noms, prénoms et domiciles des organisateurs et être signée par trois d'entre eux. Elle fait connaître le but, le lieu, la date et l'heure de la manifestation et, s'il y a lieu, l'itinéraire projeté. Si les autorités estiment que la manifestation projetée est de nature à troubler l'ordre public, elles peuvent passer un arrêté d'interdiction, en bénéficiant d'une plus large marge d'appréciation que s'il s'agissait d’une réunion6. Pourtant, les autorités policières négocient souvent des changements d'horaire ou d'itinéraire avec les organisateurs, afin d'éviter l'interdiction.

Rien de nouveau sous le ciel. Exactement ce que j'avais retenu de mes cours de droit  Je me suis mis à rechercher dans le texte un passage où il est écrit que les manifestations sur la place publique sont soumises à l'autorisation du pouvoir public. Rien. Mieux, j'ai cherché les traces d'un passage où il est écrit que les manifestations n'ont pas à tenir les jours ouvrables. Mais tiens donc, voila donc une loi qui, si elle est adoptée, va permettre à ceux qui veulent manifester, de le faire en la citant en référence.

Et subitement, le train s'emballe. Mais tiens donc, cette loi est plutôt un "autocide", car elle obligera, si elle est appliquée, les ministres de la sécurité et de l'administration territoriale à ne plus s'abriter derrière un prétendu communiqué de 1994 pour interdire une marche. Car un tel argument serait facile à attaquer devant le tribunal administratif. Le train s'emballe, il s'emballe. Cette loi, c'est impossible initiative du RPT. S'il quelqu'un devait la proposer, c'est plus l'opposition que le RPT. Maintenant que le RPT l'a fait, l'opposition devrait sauter la dessus, et exiger une seule garantie: le renforcement des pouvoirs de nos deux chambres administratives (je suis moi pour un deux ordres judiciaires forts, mais c'est un tout autre débat), et la nomination d'un médiateur de la République.

Ah mais non! Parce que l'initiative vient du RPT, c'est forcément mauvais. Comme je le dis, j'ai lu toutes les déclarations de nos politiciens, personne n'attaque le fond du projet de loi, personne ne le compare avec ce qui se fait ailleurs. Voila pourquoi je dis RPT, Yako. Ils avaient imaginé faire plaisir à leurs adversaires politiques. Ils avaient imaginé se faire accueillir à bras ouverts. Ah, l'enivrement des retrouvailles autour de notre pays. Mais nada. Ce pays est singulier. Je parie qu'un matin, Faure va proposer la limitation de mandats et la réforme du mode de scrutin, et ça va être rejeté, sous le prétexte que tout ce qui est inspiré de son parti est forcément mauvais.

Tiens, allez, rêvons un peu. Si ça se trouve, c'est ce qu'il voulait proposer à toute la classe politique togolaise en demandant un débat inclusif. Mais ça, on ne le saura jamais. La classe politique togolaise ne se réunira sans doute jamais ... pour le Togo. Pauvre RPT, il lui est même interdit de bien faire. Yako!


Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 21:00

http://www.connectionivoirienne.net/wp-content/uploads/2011/03/ALeqM5jN6EhmVw9xLgmAi_siCJ1rokehQQ1.jpg

J'ai intervenu à trois reprises sur la crise post-électorale ivoirienne, pour dire presque toujours la même chose: Gbagbo devrait quitter le pouvoir pour montrer que l'espoir du renouveau démocratique était encore possible en Afrique noire, surtout francophone. Les millions de jeunes d'Afrique, avides de modernité et de liberté, avaient besoin de cette garantie là: les valeurs universelles sont des valeurs africaines aussi. Et l'une des plus précieuses, au chapitre de la démocratie, à savoir le gouvernement de la majorité (par le respect du verdict des urnes) devrait être respectée en RCI pour que nous continuons à y croire.

Il faut penser que je me suis trompé, et Gbagbo est en passe de remporter une victoire qui se dessine à nos yeux, inexorablement. En réalité, si l'enjeu n'était pas des milliers de vies humaines, j'aurai pencher à admirer les stratégies des deux camps, la balance pour le moment étant du coté de Gbagbo. Je m'explique.

Ouattara ne peut venir au pouvoir et espérer maintenir la cohésion du pays que s'il parvient à éviter l'implication des rebelles  pendant le processus. Ouattara le sait. Voila pourquoi il a nommé Soro Premier ministre et ministre de la défense, beaucoup plus pour contenir les FAFN que les envoyer, par hordes, envahir le sud. Les récents affrontements à l'ouest en sont révélateurs. Après avoir occupé militairement Zouan Hounien et Bin-Hounien, anciennes positions des FDS, les ex-rebelles auraient poursuivi sur leur lancée, s'ils n'avaient pas été rapidement appelé à l'ordre pas les politiques. L'ennui, c'est que Gbagbo le sait aussi. Pire, il sait que le haro mondial qu'il subi en ce moment n'a de chance à basculer que s'il arrive à faire entrer les rebelles dans la guerre, créant une situation de guerre civile, où il faudra bien que l'ONU intervienne, pour faire cesser les hostilités. On ne parlera plus alors de vainqueur ou de vaincus des élections, mais plutôt de préservations de vies humaines. Un tel scénario pourrait être un remake de 2002, où l'Onu et la CEDEAO ouvriraient des négociations pour une cessation des hostilités. Et comme dans cette situation, chacun reste sur la position où la médiation est venue le trouver, Gbagbo restera Président, et pourra, à force de combines et de coups bas, revenir au devant de la scène, auréolé de sa résistance à l'impérialisme occidental et à la jalousie des Etats de la CEDEAO. Par contre, s'il ne réussit pas à faire entrer les rebelles dans le jeu assez rapidement, pour espérer un scénario à la Zimbabwéenne ou Kényane, il lorgne aussi je pense la méthode de Taylor: imposer par l'horreur son admission à la tête de son pays. Le massacre d'une dizaines de femmes lors d'une manifestation de pro-Ouattara procède de cette seconde école. Et cette école rapporte doublement. La terreur des FDS va sans doute refroidir les ardeurs des révolutionnaires oranges, qui jusqu'alors, pouvaient se permettre de manifester dans un Abobo en flamme. Si on a tiré sur des femmes, ce n'est pas sur des jeunes qu'on se gênerait.

Finalement, quel que soit le bout par lequel on le prend, Gbagbo sort vainqueur de cette confrontation avec la jeunesse engagée Africaine. Pour lui, sa meilleure carte (et celle qui le maintient en vie), et de contraindre, par la terreur, Ouattara à jeter l'éponge ou à accepter le partage de pouvoir. Il faut se demander si Mugabé ne le conseille par tous les soirs, car c'est exactement la tactique de ce dernier que Gbagbo utilise. Et si ça réussit pour Mugabé, cela peut réussir pour Gbagbo aussi. Sauf que Magabé n'a jamais eu une rébellion fortement armée occupant 60% du Zimbabwé.

D'où la seconde carte de Gbagbo: le chaos au mieux, et le martyr au pire. Causer le chaos d'une guerre civile à laquelle la communauté internationale pourrait tenter de trouver une solution par la négociation. Où alors le départ en martyr, suite à une invasion du sud par le nord. Il ferait alors le plus grand pied de nez à Ouattara, qui serait alors bien obligé de vêtir le manteau éculé de père de la rébellion.

Et Gbagbo, toujours aussi fin tacticien, même dans l'horreur absolu, a commencé à poser les pions. En coupant l'eau et l'électricité au nord, il oblige les rebelles a réagir. Il faudrait que Soro soit très convaincant, car le risque actuel est l'apparition d'actes de sédition dans les rangs FAFN. En 8 ans de séparation, Gbagbo n'a jamais sevré le nord, et ce faisant, il sait que des chefs de guerre risquent de ne plus obéir à Soro, qui continuera à appeler à la retenue. Un autre point pour le Woody.

En massacrant les femmes aujourd'hui, il explique clairement à l'opinion internationale jusqu'où il est près à aller si on conteste son pouvoir. Et cette communauté internationale, n'a de force que par des condamnations et des gels des avoirs qui n'ont presque aucun effet. L'ONU fait preuve d'une passivité affligeante, qui profite à Gbagbo. Il fait tirer impunément sur des forces onusiennes. Ses patriotes leur empêchent tout mouvement. Le peuple voit, et admire le courage du Koudou, le garçon, l'homme qui peut résister au monde entier. A coté, les troupes françaises  hier à Port Bouet ont fait montre d'une fermeté qui va faire réfléchir les Patriotes qui vont encore s'en prendre à eux. Encerclés par de jeunes excités de la cité, ils ont fait intervenir un peloton de gendarmerie équipé en MO (maintien de l'ordre) qui ont dispersé les jeunes avec du gaz lacrymogène, avant de briser l'encerclement en écrasant les véhicules utilisés pour les confiner. Pourquoi l'ONU ne peut-il pas faire preuve de la même fermeté?

Comme je l'ai dit précédemment, c'est l'Afrique noire, et par sa jeunesse (alors que du Maghreb nous parvient un tout autre champ d'espoir) qui perd ses illusions dans le développement du conflit ivoirien. Et les illusions de cette jeunesse africaine, c'est aussi en direction de leurs ainés. Le spectacle que donne l'union africaine est tellement pitoyable, que le désespoir parait un gouffre sans fin. Déjà, le mutisme de cette institution alors qu'on parle de 6000 morts en Libye est effroyable. Même la ligue arabe, si circoncepte de coutume, est sortie de son silence. Pour l'UA, silence radio. Pire, alors que tous les autres pays évacuent leur ressortissants par milliers, rien (ou très peu) n'est mis en place ni par les Etats membres (avec leur peu de moyens) ou par l'union Africaine elle-même, qui aurait pu moins organiser des camps d'accueil de long de la frontière tchadienne. Mais l'UA fait mieux dans la crise ivoirienne. Elle dit aux protagonistes:

- Désolé les gars, je ne peux rien pour vous, car si j'autorise une intervention militaires en RCI, demain, ça risque de se retourner contre 70% des présidents membres de notre organisation, qui sont tous majoritairement venus au pouvoir par la violence ou par la prédation du pouvoir.Alors, démerdez-vous. Je vais la mettre en sourdine pendant deux mois, et jusque là, j'espère que vous vous serez suffisemment trucidés que se détache un vainqueur.

C'est fou quand même comme nos dirigeants peuvent parfois être cyniques . En déclarant, à la fin du sommet d'Adis Abeba, que l'UA reconnait la victoire de Ouattara, tout le monde savait donc par avance envers qui les décisions contraignantes seront dirigées. Or, nos présidents savent que rien ne peut contraindre Gbagbo à quitter le pouvoir. Donc, on fait du dilatoire. On se donne un mois, ensuite un autre mois, pour ne pas perdre la face et donner le la du déclenchement de la guerre civile (car si cette médiation échoue, il n'y a plus d'autres recours), tout en espérant secrètement que cette période sera suffisante pour la chute de Gbagbo, ne serait-ce que sous l'effet conjugué de la crise économique aigüe, et de l'attaque des rebelles. Ainsi, l'honneur sera sauf.

Voila donc. Que Gbagbo quitte le pouvoir les pieds en avant, renversé par une invasion rebelle ou qu'il arrive à imposer l'idée d'un partage de pouvoir. Il nous aurait vaincu. Il aurait montré qu'en Afrique noire, la victoire électorale compte pour des prunes. Et qu'on peut s'imposer et massacrer tranquillement sa population, derrière les condamnations assourdies et les gels des avoirs de la communauté internationale.

Le septième de cavalerie est un mythe. Chez nous,  personne ne vient jamais si vous vous faites massacrer. Il faut compter sur vous même. Il faut croire que l'horreur du Rwanda n'a pas servi de leçon. Mon Dieu, on parle déjà de 6000 victimes en Libye, et ça va continuer. Ce que je peux regretter Kouchner aujourd'hui. Lui et son foutu devoir d'ingérence avait quelque chose de cohérent.

Dieu aide la Cote d'Ivoire.

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 22:26

http://www.togoenvogue.com/uploads/articles/jean_pierre_fabre.JPGJ’ai souvent, à traversv certaines de mes analyses, été traité d’opposant par des amis qui se revendiquent du RPT, notamment l’ami Lambert que vous connaissez sur mon blog. Quand j’ai dit que le « riz c’est mon Faure» était un monumental flop stratégique, je me suis vu taxer d’opposant au régime en place. C’est d’ailleurs dans l’air du temps. La critique, chez ces personnes, est forcément agressive, nocive, invective. De même, chaque fois que je m'en suis pris à l’opposition togolaise, je retrouvais aussitôt mes lettres de noblesse auprès de mes amis Rpétistes, pour à contrario devenir un conservateur assoiffé de pouvoir aux yeux de ceux qui, le semaine précédente, m’acclamaient. J’ai donc une certitude, qui me suffit en tant que citoyen togolais : j’aime ce pays (oui, je sais, ça parait ringard et ça fait américain) mais bon, ce qui va bien ici, me réjouit, me fait bomber les pectoraux, puis quand on patauge, comme on le fait souvent, j’ai le moral en berne.

Les interdictions aux libertés de manifestation des partis de l’opposition ne sont pas seulement des entorses à la constitution (ils ont fait fort quand même, avec l’invocation du communiqué 006 du 04 septembre 1994, laissant du coté La lettre N° 0087/MS-CAB en date du 06 février 2007, envoyée aux partis politiques par le ministre de la sécurité,) mais limitent l’apprentissage démocratique dans notre pays. Entre deux échéances électorales,  les partis politiques doivent former, informer, et sensibiliser leurs militants sur les droits et devoirs du citoyen. Si les manifestations (devenues irréalistes) d’un parti sont annihilées, comment les autres partis (le RPT y compris) pourront-ils organiser leurs activités sur le terrain? C’est m’implantation des principes démocratiques, qui s’imposent aujourd’hui au monde, qui fiche le camp chez nous. Et ça la fout mal.

Par contre, il fallait qu’ils y aillent : à ce débat (inclusif, tout subitement est devenu inclusif dans ce pays). De la même manière qu’il fallait aller au congrès de l’UFC pour se frotter avec Gilchrist et déterminer qui emporte l’adhésion du plus grand nombre, l’ANC devrait se présenter à cette rencontre. Peut être pas Fabre directement, certainement ses conseillers et adjoints, mais ne pas se présenter à cet (autre) dialogue, c’est un fuite en avant inacceptable. J’ai toujours dit, à l’époque de l’UFC, que ce parti se comportait comme un enfant gâté qui ne supportait pas que ses parents lui refusent la moindre chose. Je suis en regret de constater que ces habitudes n'ont pas changé à l'ANC.

Ils demandent,  (je creuse) :

- la mise en œuvre de l’APG et des recommandations des Missions d’Observation Electorale de l’Union Européenne des législatives de 2007 et de la présidentielle de mars 2010 . (Diable, à l’issue de l’APG, n’est-ce pas l’UFC qui a torpillé le processus, vexée à l’idée que le poste de premier ministre ne lui revient pas de droit. S’ils avait participé aux gouvernement d’union national et pris au collet le RPT qui était dans une dynamique de coopération, une bonne partie des conclusions de l’accord auraient été appliqué à ce jour. Mêmes aux dernières négociations de Ouaga, alors que les questions épineuses de la limitation de mandat et de régime présidentiel étaient sur la tapis, qui a quitté victorieusement la table de négociation, rassuré qu’on ait fait voler en éclat les conditions d’éligibilité, laissant de coté les sujets essentiels pour la nation ?)

- le respect de la Constitution et des lois de la République par le retour à l’Assemblée nationale des députés arbitrairement exclus et ainsi privés de leur mandat ;( si on considère que la cour constitutionnelle est la dernière juridiction, et si on est légaliste, il faut bien accepter que les décisions de ces cour ne sont pas susceptibles de recours. La cour a peut être rendu un arrêt injuste, mais la loi, c’est la loi). Bien entendu, il est possible de faire recours auprès des institution juridiques internationales, …ou d’avoir un accord politique (j’y reviens))

- la reconnaissance de l’existence du groupe parlementaire ANC. (Exigence farfelue. Je ne veux pas revenir la dessus. Quel est le bénéfice de cette reconnaissance. C’est l’affaire de l’enfant gâté. Ils pouvaient s’appeler groupe parlementaire les refondateurs, ou mes couyanski, tout saut ANC car ce parti n’est pas encore représenté au parlement. Mais non. Ils ont décidé d’avoir pour nom leur groupe parlementaire, et ils doivent l’avoir. C’est ainsi et rien d’autre. (cf l’enfant gâté))

- le respect des droits et libertés des citoyens par la cessation des entraves aux activités des partis politiques à Lomé et à l’intérieur du pays, y compris les jours ouvrables ; (je suis d’accord, mais autant s’asseoir, et en parler, non ?)

- le respect des droits et libertés de la presse par la levée des interdictions abusives et arbitraires qui frappent les médias privés, en l’occurrence, les radios X Solaire, Metropolys et Providence et le journal Tribune d’Afrique ; (récupération éhontée, alors que personne n’a jamais assisté Tribune d’Afrique pendant toutes ces démêlées avec la justice, par exemple.)

- la libération sans conditions des personnes arbitrairement détenues dont un député encore protégé par son immunité parlementaire; (Oui, mais en tant que député au moment des faits, la bonne réaction aurait consisté à démissionner en masse, en soutien à un confrère dont les droits sont bafoués. Ceci aurait crée un carambolage. Ce que personne n’a osé faire)

- la restitution ou le remplacement de tous les matériels, documents et sommes d’argent ainsi que des motos et vélos saisis à Lomé, à Sokodé et dans d’autres localités. (où sont les recours pour excès de pouvoirs déposés dans les chambres administratives?)

- le désarmement et le démantèlement des milices RPT récemment réactivées pour semer la terreur ; (on dirait un discours sorti des années de terreur (90) justement)

Par cette position, Fabre donne l’impression que la bravade, l’anticonformisme, le refus de la compromission et de la coopération est sa seule façon de s’exprimer aux Togolais, et par ricochet, sa seule raison de vivre. Je l’ai déjà écrit sur ce blog, sa résistance est flamboyante, pleine de panache et de prestige. Ce genre d’attitude dans un petit village de 500 habitant, ou dans une entreprise de 10 employés aurait sans doute été captivante, digne de faire l’objet d’un roman, tel un don quichotte moulinant au vent. Mais là, il s’agit de la vie de 6 millions d’habitants.

Le RPT en tant que parti politique est enlisé dans des attitudes parfois moyenâgeuses, où le débat contradictoire cède malheureusement le pas à un monolithisme sans courant de pensée véritable. Mais c’est le parti au pouvoir, et tant qu’il pourra se faire élire, avec un voile de transparence acceptable par la communauté internationale, il faudra bien admettre qu’il est en phase avec son opinion publique (règle n°1 de la démocratie). Or, la misère ambiante peut difficilement faire croire à cette hypothèse. Cette tendance ne peut se renverser que de deux façons : Soit par un changement de régime suite à une révolution (dans mon précédent billet, j’ai dit qu’à mon avis il ne fallait pas trop y compter dans notre pays), ou par le charisme d’une opposition qui saura, par son positionnement (intérieur en dominant le parlement, et extérieur en faisant du lobbying) contraindre le pouvoir en place à la prendre au sérieux, à appliquer ses projets, au risque de perdre toute représentativité dans le pays, et partant, les élections suivantes. Le jeu politique est un business : La concurrence fait baisser les prix (bien être social) au grand plaisir des populations. Or, dans le cas présent, l’incongruité de la position de notre opposition ne crée aucun jeu de concurrence, le RPT sachant qu’il suffit de s’appuyer sur les erreurs de son adversaire pour se maintenir au pouvoir. Dans ce cas particulier, si les reformes importantes qui attendent notre pays avant les législatives et les locales ne sont pas effectives avant 2012, qui pourrait le reprocher au RPT, d’autant plus que la participation aux discussions aurait pu lever une bonne partie des griefs présentés par Fabre et son parti. L’argument de l’inanité des accords est fallacieux : Je ne compte pas le nombre d’accords qu’il y eu avant les élections en Cote d’Ivoire. Si Ouattara et Bédié avaient dit qu’ils en ont assez d’être enfarinés, on ne serait jamais allé aux élections. Et nul ne peut nier que l’APG n’a pas ouvert un autre horizon de la pratique de la politique au Togo. Je le dis toujours, l'argument qui consiste à dire: Si nous ne gagnons pas les élections, c'est que c'est truqué est le plus gros holp up que notre pays subit depuis des années.

Cela suffit. Oui, je sais, je suis furieux et j’ai un ton incisif inhabituel, mais cela suffit. Il est peut être temps que cette opposition radicale soit à la place qui lui revient de droit, eu égard à son mode d’expression : à la périphérie du jeu des partis des partis politiques, comme le sont le FN et la gauche radicale en France. Je crois qu’il est temps que des formations plus conformes à la l’idée généralement admise de la politique (bien être des populations, consécration de la dignité humaine, promotion de l’Etat de droit…) entrent dans la danse.  Quatre millions de la population togolaise est jeune, et misérable. Et pendant ce temps, d’autres jouent à la politique. Il faut une autre approche. Comment ? Je ne sais pas. Mais nous sommes quatre millions. Tout se monde devrait le savoir, au moins, non ?

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 10:23

Ce matin, en allant au boulot, j'ai encore écouté sur RFI ce reportage qui m'a fait froids dans le dos. Les ressortissants africains (Noirs) coincés en Libye sont obligés de se cacher, pour ne pas être assimilés aux mercenaires venus en renfort au régime de Khadafi, et ainsi donc lynchés. Ils n'ont nul part où aller, car leur gouvernement ne les évacue pas. Je trouve ça scandaleux. Bien de ces Africains faisaient vivre des villages entiers dans leur pays. Furieux, j'arrête la radio. Arrivé à mon bureau, je m'oblige à la retenue, arguant que le Togo s'était bien ému de la prise en otage de notre compatriote Ahonado. Du coup, je me souviens que je n'ai pas entendu parler de son retour triomphal à Lomé. Et je vais fouiner du coté d'internet. J'y apprends qu'aussitôt libérés, les trois anciens otages ont été reçus par Sarkozy. Là, je pète un câble. Je n'ai rien contre la France, mais je crois que notre souveraineté tenait à ce que le monsieur rentre chez lui d'abord, pour ensuite aller dire merci. Autant qu'elle nous impose à 'aller chercher ces Togolais transits de peur qui se cachent à Benghazi et dans les provinces libérées, pour les ramener au bercail, ainsi que le font les autres nations. Nous avons été capables de le faire pour nos joueurs en Angola, nous avons l'impérieuse obligation de le rééditer. Notre place dans le concert des nations est à ce prix.

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule
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Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 14:05

http://www.ledevoir.com/images_galerie/83687_72447/la-place-tahrir-est-devenue-une-place-forte-de-la-contestation-du-pouvoir.jpgBen Ali et Moubarack doivent, depuis leur exil doré, maudire superbement le zèle des policiers tunisiens. En effet, si l'un d'eux n'avait pas saisi la roulotte du jeune Tunisien Mohamed Bouazizi, 26 ans, diplômé chômeur, qui s'est ensuite immolé par le feu, déclenchant un soulèvement social sans précédent dans le pays, nos deux dictateurs seraient en ce moment bien assis tranquillement dans leur démocratures, adoubés par une communauté internationale peu moralisante pour ces pays. La revolution tunisienne a non seulement balayé un régime qui semblait être confortablement installé pour durer, mais est en passe de devenir un ouragan emportant sur son passage tous les dictateurs du maghreb et du moyen orient. (Egypte, Yemen? Algérie? Bahrein?)

Du coup, la tentation de faire un rapprochement avec la situation en Afrique subsaharienne est grande. Depuis une semaine, il n'est plus que question de Revolution partout. Les opposants Sénégalais font planer le spectre de la révolution pour dissuader Wade à faire modifier la constitution. Soro Guillaume, dans sa dernière sortie, a clairement pris l'option de la révolution pour chasser Gbagbo du pouvoir, releguant la médiation de la communauté internationale au second plan. Comme on pouvait s'y attendre (le contraire eut surpis), le FRAC, ou l'ANC, s'est rapidement saisi de l'affaire, et il n'est plus question que de "Faure, dégage", lors des marches, lointain écho des "Moubarak, dégage" lancés par les déscendants des pharaons (mon ami Primus Guenou va gueuler)

Du coup, il parait interressant de s'amuser à transposer la situation socio-politique des deux pays à ce qui prévaut actuellement chez nous. (je me limite au Togo). Et donc poser, comme problématique: La revolution du jasmin aura-t-elle des conséquences directes sur la vie socio-politique des Togolais?

'On me dit que j'écris trop, donc je vais essayer de faire bref) : A cette question, je réponds non. Pour trois raisons.

La première est que le Togo a déja connu sa révolution (90-91) et qu'il est rare qu'une génération fasse deux révolutions. Aujourd'hui, et il faut être à Lomé pour mieux le constater, chaque fois qu'on commence à parler de grève, tout le monde fait le réflexion suivante: on a essayé ça, ça n'a rien donné. Inutile de l'envisager. C'est le marqueur sociologique.

La seconde est qu'en termes de libertés, les Togolais sont sans doute mieux lotis que les Tunisiens ou les Egyptiens qui ne jouissaient presque d'aucune liberté fondamentale. Pour faire un schema, ces pays vivaient dans une situation similaire à celle du Togo à la veille de 90. Aujourd'hui, dans notre pays, les quelques libertés concédées ça et là sont autant de soupapes permettant à la chudière de continuer à fonctionner. C'est le marqueur politique.

Le troisième marqueur est d'ordre technologique. Les réseaux sociaux ont joué un rôle de premier plan dans la mobilisation des jeunes au Maghreb. Aussi invraissemblable que cela paraisse, c'est l'appetit pour les TIC de Ben Ali (la Tunisie était la vitrine de la haute technologie en Afrique) qui a causé en partie sa perte. Le Togo, avec ses 5% de taux de pénétration d'internet, est encore très loin du compte.

Pour ces trois raisons donc, marqueurs sociologique, politique, et technologiques, je ne crois pas que le mot d'ordre "Faure dégage" aura la même repercussion que " Moubarack dégage" en Egypte.

Mais pour autant, cela ne voudrait pas dire que l'avenir se présente comme une mer étale, car en réalité, la marmite bouillonne. J'étais à Lomé lors des manifestations spontannées ayant suivi la hausse des prix du carburant, et comme je l'avais dit à l'époque, le foyer des secousses n'était plus les quartiers populaires, habitués à la contestation politique, mais les régions périphériques, favorables au régime. Avec un taux de croissance démographique de 2,7%, contre 3,2% pour la croissance du PIB, un taux de chômage dépassant les 50% (difficile d'avoir les chiffres) et une population jeune (15-29 ans) avoisinnant les 60% de population, les conditions sont forcément réunies pour une revolution. Nul ne sait quand ça commencera, nul ne sait où et par qui, mais son déclenchement est inévitable...dans les conditions actuelles. Elle peut être évitée (mais le temps presse) par un ensemble de mesures hardies et courageuses, pour créer la richesse et l'emploi (incitation des investissements extérieurs, bonne gouvernance, renforcement des institutions, promotion du tourisme et de la culture, décentralisation (des milliers d'emplois crées), la liste est longue). Mais le temps presse, la manace est là, palpable.

Deux certitudes cependant: La première est que l'effet déclencheur n'aura rien à voir avec notre opposition. L'opposition togolaise est trop coupée de la population, et c'en est criminel. La seconde est que quand ça va commencer, ça va être sale et proprement incontrôlable. D'où l'obligation de tout faire pour l'éviter, au nom du Togo, et des Togolais.

Le jasmin, j'aime son parfun quand il envahit mes narines, et non autrement.

Par Gerry - Publié dans : Actualité africaine - Communauté : Les relations Europe Afrique.
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Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 13:43

L'amour a ceci de formidable

Qu'il est le bien le plus abordable

Il se niche dans ton sourire tiède au réveil

Et dans l'amble de ta silhouette au soleil

 

L'amour dans ma ville se ramasse à la pelle

Car ici les femmes sont toutes très belles

A vous, filles de Lomé douces et coquines

Aujourd'hui, vous êtes toutes mes Valentines

Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Parcours de combattants, roman


Extraits et synopsis.
synopsis
La mort du Pr Bitimuku
Madame Heanandez
Univers carcéral
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ISBN : 978-2-296-06935-0 • avril 2009
 

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