Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 23:59

http://www.editions-moffi.com/moffim/banniere.jpg

Petite maison d'édition de par sa taille, mais grande par ses ambitions, les éditions moffi ont le plaisir de vous accueillir sur leur site internet.
Avec notre siège situé à Lomé (quartier Nyekonapkoè), nous faisons tout naturellement la promotion des auteurs togolais, mais aussi (il va de soi), d'Afrique entière.
A l'heure de la mondialisation, publier des écrits d'autres continents reste aussi un défi que nous comptons relever.
Les éditions moffi présentent deux particularités: la première est la possibilité d'acheter nos livres pars internet: ou que vous soyez, vous pouvez commander nos ouvrages par le biais de notre site internet.
Nous nous vous l'expédions dans les 48h, soit depuis notre siège de Lomé, soit par le biais de notre distributeur parisien, ceci bien entendu en fonction de votre domiciliation.
Les moyens de paiement sont nombreux et variés - chèques, France uniquement - règlement par paypal, carte bancaire, virement, western union, mandat...
Vous voulez commander un de nos livres, contactez-nous, il y aura toujours une solution pour vous l'expédier.
Bienvenue chez vous.

Par Gerry - Publié dans : Accueil - Communauté : blogueur africains
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 10:18

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Voici 5 jours que je suis à Paris, à courir les rues pour les nouveaux livres de ma maison d'édition, et à faire des formations pour mon entreprise. Pas de répis, pas de repos.

Et comme d'habitude dans ce cas là, les nouvelles qui parviennent du pays paraissent comme prevenant d'un mauvais roman.

La mairie va casser la baraque qui me servait de salle d'exposition, pour raison d'avoir été construite sous les moyennes  tensions. Ce qui est drôle, il y a trois jours, les mêmes agents étaient là pour la perception de la taxe préfectorale, au sujet à peu près du même batiment.

Dans l'absolu, c'est vrai, la cabane était sur une réserve administrative, et elle n'a pas à être là. Je vais donc la faire casser. Mais ce que je ne comprends pas, c'est la furie de la mairie, à faire casser systématiquement toutes les baraques construites sur l'espace public. D'une part parce que même dans des capitales européennes, les commerce ont le droit d'empièter sur une partie de l'espace compris entre le trotoir et les bâtiments. Comment les cafés auraient des terrasses, autrement? Il faut juste un texte de loi qui en précise le contenu, et fixe les obligations.

Ensuite, avant toute démolution, il faut un dialogue avec les concernés, avec obligation pour la commune, de faire des propositions  au contribuable, par exemple des espace de réchange, une prise en charge du replacement. Mais j'ai la malheureuse impression qu'en ce moment, un démon fait tout pour qu'un jour, sur un incident anodin, le raz le bol fasse sortir les gens de leur réserve somme toute fataliste. Sinon, comment comprendre qu'avec un taux de chomage qui touche des sommets, l'informel devenu la porte de sortie trouvée par plusieurs togolais pour sortir de la misère angoissante qui les héberge, on puissent encore les assommer avec des démolutions tout azomut. Et qu'on ne me dise pas que les gens ne veulent pas se mettre aux normes. Voici plus de deux mois que j'attends la sortie de mon régistre du commerce, depuis que j'ai fait le dépot. Aujourd'hui, à Lomé, on casse sans ménagement, sans rien expliquer aux gens, dans un mépris total du dialogue citoyen. Enfin, les rumeur font etat d'un embellissement de la ville de Lomé. Comment diable peut-on embellir une ville où quand il pleut, c'est une constellation de nids de poules qui éclaboussent de leur eaux souillées les passants et les habitations des maisons à chaque passage de voiture, et quand il ne pleut pas, c'est un nuage de poussière qui enveloppe la ville. J'ai du mal à suivre.Vraiment.

Et là, je rebondis sur le second sujet de mon amertume, la décentralisation. A Agoè, donc préfecture du golfe, il n'y a  pas de maire, mais un président de la  délagation spéciale, donc un fonctionnaire qui ne rend compte qu'au ministère de l'administration. Aucun élu au monde ne peut se risquer l'ire de ses électeurs en rasant ainsi leur commerce. Il ne se fera jamais élire de nouveau. Il y a quelques mois, la comune de Niort a suspendu son partenariat avec la ville d'atakpamé, parce que les autorité des la mairie de cette ville togolaise ne sont pas des élus, mais des fonctionnaires. Les logiques ne sont pas les mêmes. Cet incident aurait dû faire la une de tous les journaux. Les partis politiques auraient dû saisir l'occasion pour monter au créneau, et exiger d'avantage la tenue de ces élections locales dans les plus brefs délais, précédés d'une rigoureuse préparation logistique, et surtout, pédagogique. Mais rien n'y est fait. Pire, à la réunion de suivi de l'accord UFC-RPT, il est précisé:  Sur les élections locales, le Comité de suivi a réitéré l'impérieuse nécessité de les organiser en 2011, dans le cadre des communes et préfectures existantes. J'ai les yeux qui font le yoyo dans les orbites. Si pour une réforme administrative aussi capitale pour l'avenir de notre pays, le sujet est traité avec autant de légèreté, sans la présence de toute la classe politique, les représentants de la société civile, nous courrons droit à notre perte. Je suis toujours aussi persuadé que sans la décentralisation, nous ne pouvons entreprendre aucun stratégie de développement durable, allant dans le sens des Objectifs du millénaire. Il faut sortir une partie du pouvoir central et le confier au citoyen, afin qu'il devienne plus responsable et plus soigneux de son propre patrimoine. Ce qui me tétanise dans ce communiqué, c'est qu'on parle de conserver les préfectures, et surtout les communes dans leur état actuel. Ce qui veut dire que la commune de Niamtougou par exemple, va continuer a gérer un village comme Siou, distant de 14km, avec près de 10 000hbts. Une hérésie dans l'administration des collectivités locales. Des villages situés à près d'une quarantaine de kilomètres des du maire et de son administration: où est le local dan tout ça?

Par ailleurs, que le pouvoir RPT puisse être frileux quant à l'éventualité de la décentralisation, on pourrait comprendre, (sans le j justifier, au nom de notre pays) car dans beaucoup de pays africains, qui tient la mairie de la capitale, finit par tenir le pays, et les barons savent qu'ils ont peu de chance de l'emporter dans la capitale, mais que Gilchrist, qui est donc le chantre du renouveau, puisse cautionner une telle idée, je suis attéré. Comment allons-nous nous en sortir dans ce pays? Je suis bien curieux de savoir ce que pense notre premier ministre de tout ça, lui le monsieur Afrique du PNUD. Cette organisation place tout de même la décentralisation au centre de toute la problématique du développement endogène. Curieux, curieux.

Pour finir, et là, je suis vraiment amer, c'est la sortie de notre président de l'assemblée nationale. Oui, je sais, je ne suis qu'un blogueur, qui la ramène même trop, mais je me souviens seulement qu'il y a une semaine, j'étais invité à l'émission "plateau de la semaine" à la TVT, et je disais qu'il nous fallait un devoir de mémoire. Nous avons perdu, tous les Togolais ont perdu des proches lors des événements douloureux de 2005. Le Président de la République lui même, a souhaité à Atakpamé lors d'une allocution, que plus jamais les démons de la violence ne hantent notre pays. Et moi, à la TVT, je disais qu'il fallait qu'on se souvienne de ceux que nous avons perdu de façon plus organisée. Qu'on sache qui ils étaient, et que leur souvenir ne disparaissent pas de la mémoire collective. Et sur cet entrefaite, voila notre ancien président qui fait du négationnisme. C'est à des moments comme celui-là que je déplore le manque d'éthique dans nos relations à autrui dans notre société. Le négationnisme n'est pas un crime dans notre code pénal, donc il n'y a pas de raison objective, ni de le poursuivre en justice, ni démander sa démission. Mais je me dis que tous les leaders d'opinion de notre pays, à commencer par les députés (toutes tendances confondues) doivent crier haro sur cette malheureuse sortie.

Et bien non. Les uns cherchent à recupérer un siège qu'ils pensent qu'on leur à piqué, et les autres s'assurent qu'ils le gardent bien. Et nos valeurs fichent le camp. Que dire aux enfants qui ont perdu par exemple leur parent durant ces moments sombrent, mais qui croient et respectent nos institutions. Que nous sommes un pays où un ex-président de la République (lui justement) après avoir présidé aux destinées de la nation, disparait de l'histoire de son vivant (le CPDC l'a superbement ignoré lors d'établissement de la liste des anciens présidents du Togo pour le cinquantenaire) mais est capable de nier l'existence d'atrocités qui ont endeuillé toutes les familles togolaises (du nord comme du sud) pendant une période où tout le monde s'accorde à dire que ce fut qu'il faut mettre ça derrière nous  (cause de la création de la CVJR d'aileurs). Je ne comprends pas. Je ne comprends pas que personne ne dise rien, et que lui ne s'excuse pas publiquement. Je ne comprends même pas que l'interview a été donné à Tiibune d'Afrique, journal suspendu de parution au Togo suite à une décision de justice. Je ne comprends plus rien à ce pays.

Et pourtant, il est beau. Ses habitants sont travailleurs, durs à la tâche, à l'intélligence flamboyante. Quand vous allez hors du Togo, vous rencontrez toujours des gens qui vous parlent qu'en bien des togolais qu'ils ont connus. Et ça ne prend pas. Nous avons tout pour être un modèle dans la sous-région (comme autrefois, mais à notre corps défendant), mais la mayonnaise ne prend pas.

Voila pourquoi je suis amer d'être Togolais. Rien que pour ça.

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 19:04

http://www.fabre-togo.com/images/JP-Fabre%20represion%20du%2001Sept20101-1.JPG

 

Le bloggeur David Kpelly l’a déjà dit : il y a quelques mois, tous le monde tablait sur un essoufflement des marcheurs de la plage. La raison en était bien simple :  Au fil des marches, le public devrait finir par se rendre à l’évidence de l’inanité des manifestations, tant la reconnaissance internationale de la régularité – à l’échelle du continent- du scrutin ne faisait aucun doute. ET bien non. Six mois plus tard, Fabre est encore là. On peut reprocher beaucoup de choses à cet homme là, et du diable s’il en a, des défauts, mais on ne peut lui renier son opiniâtreté. Cela force le respect, qu’on le veuille ou non.

Et pourtant, l’horizon n’est pas le plus clément pour lui. Certes, grâce au règlement intérieur de l’assemblée nationale, il va rester le leader du groupe parlementaire UFC au parlement – au grand dam de Gil, je suppose – mais s’il persiste dans son obstination à s’autoproclamer Président Elu, je pense que les portes de la communauté internationale vont continuer à lui être fermées pour longtemps. ET c’est tout le tendon d’Achille de notre Jean-PI. Comment être crédible, si personne ne vous prend au sérieux. Or, le soutien international est important, dixit l’Afrique du Sud avec Mandela, dix le Zimbabwé avec Kibaki, dixit le Kenya, j’en passe et des meilleurs.

D’où les dérives malheureuses qui assombrissent l’obligation et le désir de vivre ensemble des Togolais. Des actes d’un autre temps, qu’on croyait révolus, font désormais leur apparition. Les entraves aux libertés fondamentales, qui sont supposées s’appuyer sur le devoir de maintien de la paix civile et de l’ordre public. Tout s’accélère, tout s’enchevêtre. Les communiqués contradictoires foisonnent : Un élu du peuple aurait été molesté. Il n’en serait rien disent les autres. Y a-t-il une plainte de posée ? Une enquête a-t-elle été ouverte ? Tout se chevauche, tout s’entremêle. Le pays s’est arrêté. Son souffle, si ténu déjà, tient désormais à un fil.

Il nous reste une chose, pourtant simple à réaliser. Le sursaut patriotique. Le souci de la nation. Mais qui fera le premier pas. Ne me le demandez pas. Je ne le sais.


 

Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 19:02

http://pedagogie84.pagesperso-orange.fr/images/zem/poub-zem.jpg

Actualité foisonnante, ces derniers temps à travers le pays, mais aussi courses effrénées à travers les rues de Lomé, à la recherche de l’éternelle pitance. Ah, le ventre quand tu nous tiens.

Ce matin, je ne puis m’empêcher de penser – allez-y comprendre pourquoi – à trois catégories de Togolais qui forcent mon admiration, rien que pour l’extrême insolence avec laquelle ils jouent leur vie.

Les premiers sont les jeunes musiciens de la nouvelles génération : Ah , oui, je sais qu’on me dira que cette musique là manque de profondeur, de recherche, de mélodie, que c’est une musique d’ordinateur, de « sample », et qu’il faut que nos jeunes se mettent au travail. Ce n’est peut être pas faux, mais à les fréquenter de près ces derniers temps, je commence à les comprendre. Je saisis dorénavant leur opiniâtreté, leur obstination, leur engagement pour un art qui ne les rapporte rien –ou presque – avec un public qui brille par son ingratitude. Publier l’œuvre – ah oui, depuis ce mois de septembre je suis devenu éditeur- la chanson togolaise, de la tradition à la modernité de Abiadé Adewusi a ouvert mes yeux sur le sort réservé aux artistes de la musique togolaise. L’oublie et le reniement sont souvent les linceuls avec lesquels nous entretenons leur mémoire. Ils le savent, ces jeunes artistes, et pourtant, tous les jours, ils sont là à répéter, inlassablement, avec dans leur air cette insouciance qui force mon respects. Allez, tous les AliJezz, Djeni djela, et autres Seeds du Togo vous avez mon admiration éternelle.

La deuxième catégorie est ….les Zémidjans. Peut être parce que je l’ai été moi-même, à l’université, ou plus parce que je crois que nous les Togolais, surtout ceux de Lomé, nous ne leur rendons pas assez justice. Au fil des années, le Zed est devenu une sorte de souffre douleur, la tête de turc de notre société. Y a-t-il un accident de circulation impliquant une moto, c’est sans doute la faute d’un Zemidjan. Vous faites-vous vous rabrouer par un motocycliste un peu excité, ce ne peut être qu’un Zed. Attention, je ne dis pas que tous les Zed sont des saints, et l’appât du gain les amènent parfois à avoir une attitude déplacée, mais de là à les diaboliser tel que nous le faisons, c’est renier le précieux soutien qu’ils nous offrent dans la circulation urbaine. En effet, dans une ville ou les nids de poule sont la chose la mieux partagée pas les rues, dans une ville où le transport urbain est quasi inexistant, et où les taxis se limitent aux artères principales, que serions-nous devenus sans ces chevaliers des temps modernes, qui n’hésitent devant aucune que flaque d’eau, aucun trou, aucun temps, pour faire leur travail et nous ramener chez nous, ou nous en sortir. Parfois, à Agoè, je reste à causer avec ceux qui font « spéa », c'est-à-dire qui empruntent la moto de quelqu’un d’autre pour la nuit. Tout un humanisme se cache là. A force, ils finissent par faire preuve d’une sorte de résignation, mais que d’histoires ont-ils donc à raconter, que de fils de vie maitrisent-ils ? Ils sont la mémoire de notre société. Et leur angoisse, leur peur du lendemain, leur désespoirs, ils l’abritent derrière cet air bravache qu’on les reconnait. Ce sont des chevaliers, ils méritent mon respect.

La dernière catégorie, ce sont les journalistes. Je m’attendais, suite à l’envolée de procès auxquels ils font face ces derniers temps –encore que je ne me les explique pas. L’effet nocif de cette offensive envers les journaux est double : d’une part, des allégations qui étaient passées inaperçues, vont bénéficier d’une audience inespérée, et affleurer au plan international. D’autre part, difficile de prouver plus tard qu’on est pas un prédateur de la liberté d’expression, quand il y a autant de procès, avec un demande de paiement de dommages aussi élevé, (équivalants de fait à la liquidation, si le papier est reconnu coupable, définitive de sont existence). Attention, je ne dis pas que nos journalistes font preuve d’un professionnalisme à tout épreuve, bien de fois, ils disent la rumeur, mais comme je l’ai soutenu dans un précédent billet, la démocratie togolaise est un accouchement douloureux, où il faut assister la parturiente, en l’accompagnant par des mots apaisants, et non en l’engueulant, au risque de perdre le bébé. Donc, grosse pression sur nos journalistes, et attitude de bouillante bravade. J’ai lu tous les papiers sortis après les plaintes, et tous ne sont pas allés de main morte. Il ne s’agit pas de résistance, mais de bravade, de panache, et j’aime cette insouciance candide. Ils sont jeunes pour la plus part d’entre eux, l’avenir s’ouvre à leur destin, et ils montrent une voie, celle de l’amour d’un métier, et, je crois aussi, de leur pays.

Voila, jeunesse étincelante du Togo, je vous salue.

Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 18:48

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs300.snc4/41335_1412619955139_1221730832_31086635_8336132_n.jpg

 

S’il fallait résumer la vie de Hourna, de N’gna, ma grand-mère, ma mère, en un trait de plûme, en une seule expression, j’irai l’emprunter au vocabulaire militaire d’où je suis originaire, et dire à son sujet : mission accomplie.

En effet, aussi longtemps que mon souvenir me permet de remonter, Hourna a toujours été au travail. Je l’entends le matin, la première à se réveiller, il est est quatre heure. D’abord, ce sont les marmonnements, alors qu’elle récite ses prières. Puis, une trentaine de minutes plus tard, le bruit caractérisque du balai raclant la cour de la maison. Ah ! Hourna aimait balayer sa maison. Elle la balayait le matin, elle la balayait à midi, elle la balayait le soir. Et quand nous autres, garnement insouciants nous lui demandions pourquoi elle la balayait autant, elle nous répondait :

Et si un étranger rentrait la trouver pleine de poussières : quelle honte !

Je la vois aussi à Kpalwa, dans son champ d’arachide, accroupie sur sa houe, sous un soleil de plomb, à arracher patiemment les mauvaises herbes. Je la vois de retour des champs, un fagot de bois sur la tête, le cou rentré, la sueur ruisselant sur le visage. Elle décharge son bois, puis s’attaque aussitôt, après une rapide douche, à la cuisine pour toute la maisonnée.

Je la vois aussi à Houaré, le grand champ familial. C’est la récolte d’ignames, elle a une grande bassine de tubercules sur la tête, et elle traverse la rivière : dans son regard, cette détermination qui ne la jamais quittée.

Je la revois au marché, le mardi, jour de fête au village. Souriante, et heureuse, avec ses habitués à qui elle distribue des calebasses de Tchoukoutou sans compter. Instants simple d’une vie étale, insouciante.

Et je la revois encore, le dimanche à la messe : elle a un air pénétré, elle chante les cantiques, et adore la Vierge Marie à qui elle a voué toute son existence.

Mais N’gna, c’est aussi une philosophie. Elle n’est pas allée à l’école, mais elle a un doctorat en science de la vie, elle a un phd en école de la nature. Aujourd’hui, je ne crois pas que je (enfin, toute la famille) se serait autant investi dans les études sans sa présence rassurante et péremptoire. Personne n’aurait réussi si elle n’avait pas été là, à nous rappeler à faire nos devoirs, à nous apporter le pétrole pour la lampe, et le précieux pécule à la veille de chaque examen.

Vis-à-vis de nous, ses enfants, elle avait une attitude de mère. Et une mère ne voit pas ses enfants grandir. ET donc, parfois, quand elle me traitait en enfant, il m’arrivait de bouder, de renfrogner la mine. Alors, se métamorphosait. Son œil devenait pétillant,  elle se mettait à nous scruter du coin du regard, par changer de sujet, pour finir par nous dire, dans un air amusé:

  • -       Quoi ? on ne plaisante donc plus avec toi ? Qu’ai-je donc dit pour que tu fasses ainsi la gueule ?

La vérité est qu’elle nous aimait. C’était sa façon à elle de nous exprimer sa passion, de nous dire combien elle était contente que nous soyons avec elle, combien ces échanges lui faisaient du bien, comme elle était content de retrouver ses enfants. Et nous, comme des idiots, nous nous permettions de la bouder.

Aujourd’hui, je la pleure. Je la pleure et je n’ai pas honte. Laissons donc nos larmes couleur, car ces larmes, elle les mérite plus que tout autre au monde. Je la pleure et je me sens honoré. Honoré de l’avoir connu, d’avoir été élevé par elle, et aussi, d’hériter d’elle.

Je la pleure et je n’ai pas peur. La crainte ne m’habite point. Je n’ai pas de doute quant à l’endroit où elle peut être en ce moment. Le Seigneur l’a créée, l’a inspiré toute sa vie entière, je n’ai pas de craintes quand à Son plan pour elle.

Par contre, j’ai un seul souhait. Que le courage, la patience, l’énergie, l’opiniâtreté, la pugnacité qu’elle a mis à nous élever, qu’elle continue, depuis sa nouvelle demeure, à nous inspirer, afin que nous aussi, nous mettions le même courage, la même patience, la même pugnacité, à élever nos enfants.

Si nous arrivons à faire ça, nous pourrons nous-aussi, à l’orée de notre vie, soupirer dans un dernier souffle : mission accomplie.

 

Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 17:15

http://piwik.republicoftogo.com/var/ezflow_site/storage/images/toutes-les-rubriques/education/le-coup-de-gueule-de-bernadette-leguezim-balouki/94303-1-fre-FR/Le-coup-de-gueule-de-Bernadette-Leguezim-Balouki_article_top.jpg

L'évènement s'est passé au moins de juillet passé. La ministre des enseignements primaires et secondaires, Bernadette Leguezim, visite des chantiers de salles de classes à livrer pour la rentrée prochaine.

Ce qu'elle voit ne lui plait pas, et elle le fait savoir, sur la chaine nationale (l'info a été reprise par le site officiel). Et c'est la première fois qu'un officiel aussi haut placé critique sévèrement la qualité des travaux publics.

Deux ou trois jour plus tard, Lekesim, directeur de GER, l'entreprise exécutant les travaux, monte au créneau pour nuancer le propos de ministre, disant d'ailleurs qu'il n'a reçu que 20% du finacement.

Dès cet instant, je me dis, voila, la démocratie participative va finalement s'implanter au Togo. Les parlementaires vont se saisir de l'affaire. L'associatin des parents d''élèves,  (société civile) va commetre un expert pour appuyer les propos de la ministre. L'affaire va êre tirée au clair. Des sanctions vont tomber. (ce n'est pas parce qu'on a pas reçu tout l'argent qu'on doit mettre la vie des élèves en danger)

Et, subitement, plus rien.

C'est quoi donc ce pays? Hein?

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 16:25

http://medias.francetv.fr/cpbibl/url_images/2010/08/11/image_64386476.jpg

La vidéo a fait le tour du monde à une vitesse incroyable. Postée dans la matinée par Noel Tadegnon, à 16h, elle faisait la une de yahoo. Pour la première fois, à ma connaissance, nous sommes allés à la conquête du monde. En effet, la vidéo a été prise sur place, diffusée sur place, en ne faisant appel à aucun média étranger. Demain, si quelqu'un vous demande de lui expliquer la mondialisation, prenez juste cet exemple. Il comprendra.

Que dire de cet incident? De l'incompréhension, tout simplement. Je crois qu'il est des jours ainsi, que vous accumulez maladresses sus maladresses. Autrement, pour un coopérant, qui sait combien sa mission est délicate dans les pays africains, surtout à l'heure où on parle de révision des accords de défense (et du cinquantenaire des indépendances africaines aussi), il y a une ligne de conduite simple à tenir: faire profil bas, surtout quand on est en uniforme. Tiens, qu'est-ce que je dis, même en France, en uniforme dans la circulation, on fait profil bas. Je me souviens de ce monsieur qui m'a suivi un jour sur les champs Elysées, sur près de 100m, à m'appeler "monsieur, monsieus, s'il vous plait". J'étais dans le grand uniforme de saint-cyr, shako vissé sur la tête, casoar flottant au vent, tunique resplandissante. Quand je me suis arrêté enfin, le bonhomme m'a simplement demandé si j'étais parachutiste -il l'avait vu à mon insigne-, parce que son père avait lui aussi été parachitiste, et qu'il m'admirait pour cela . Je me suis trouvé comme un con.

Beaucoup de choses ont été dites sur le sujet. Internet est terrible. En une journée, un monsieurs que personne ne connaissait, a subitement envahis notre quotidien, occupant comme une reine majestueuse le devant de l'actualité, banalisant même, le temps d'une journée, la guéguerre des Ufcétistes.

Et la bataille des liens a commençé, mettant à nu notre coopérant. Un lien vers son blog m'a été envoyé. Ce que j'y ai trouvé m'a attéré (non, non, je ne vous le communique pas. Sans blague, c'est un frère d'armes, tout de même). Sur le blog -un seul article- , on y retrouve ce ton paternaliste, teinté de condescendance, facilement identifiable chez une catégorie de Français franchouillards, (mais non racistes) pour qui l'exotisme commence dès que l'avion a décollé de CDG. Quel dommage!

L'interview qu'il donnera ensuite à l'express, (bon, là, je partage, ) ne le rehausse malheureusement pas dans mon estime. Quel que soit le bout par lequel on prend l'affaire, il a pêté une durit, s'est comporté de façon scandaleuse, et devrait faire profil bas, c'est tout. Mais essayer de se donner une raison en prétextant le piège (tout comme si les journalistes savaient qu'il allait payer ses impôts à cette heure là,) et surtout insinuer que les Français sont la cible de l'opposition, je trouve qu'il a franchit le rubiccon du devoir de réserve que lui impose sa profession.

Que dire, finalement? Je trouve que c'est un incident regrettable, qui va connoter l'image des militaires français ici, à Lomé. Et pourtant, j'ai, avec ceux que je connais, d'excellentes relations, empreintes de convivialité et de respect mutuel.

Mais là ne démeure pas la leçon. La leçon à tirer, c'est le buzz des images. Depuis six mois, des gens marchent dans ce pays pour réclamer leur victoire aux élections. Si des images et des vidéos de la nature de celle qui a été diffusée par Noel Tadegnon étaient là pour soutenir leur revendication, je crois que depuis, la communauté internationale aurait sur le Togo un tout autre regard. Alors,  elles sont où ces photos?. Font-elles parties du plan secret, le fameux coup du jarnac qui ferait basculer la tendance? N'ont-elles pas été prises, à cause d'une mauvaise organisation manifeste? Ou n'existe-t-elles pas tout simplement.

Je n'ai pas pas réponse. Bien m'en prenne.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 15:56

http://www.cartoonstock.com/newscartoons/cartoonists/sst/lowres/sstn27l.jpg

Que se serait-il passé si l'UFC avait été au pouvoir en ce moment, avec Gilchrist comme Président, et Fabre comme vice président? La même chose, mais en pire, qu'en 1967. A l'époque, Antoine Méatchi était vice président, et Grunisky, Président, et les mêmes blocages, mais en moins, grèvaient la marche du pays vers l'avant.

Le drôle de spectacle que notre pays offre là. L'UFC est donc ce parti que je ne comprendrai donc jamais.

Je l'ai déja écrit dans d'autres billets. On ne reconnait pas la victoire de l'adversaire, mais on compose avec son gouvernement. Mais on fait pire, on s'enête dans la voie de l'implosion, emporté par son narcicisme, et son manque de sens politique.

Diable, si Fabre se sent si fort, pourquoi ne va donc-t-il pas à ce congrès, pour faire un putch selon en respectant les textes du parti? Si la question de renouvellement du bureau s'impose, eh bien, les élections se font au suffrage. L'occasion donc de contrer Gil, et le terraser, se présentait là comme sur un plateau d'argent.

Mais une chose curieuse tout de même, que de voir Gil parler d'amis pour les barons du RPT. Dans d'autres circonstances, on en aurait les larmes aux yeux.

A présent, que va-t-il se passe?. Fabre s'est mis dans une situation qui peut lui coûter cher, très cher jusqu'aux prochaines législatives. Car si la branche AGO de l'UFC seule est reconnue, il peut être tentant d'exclure les reformateurs du parti. Dans ce cas, oh, mon Dieu, l'UFC serait en droit de; soit proposer les suppléants (s'ils sont restés fidèles à Gil) des députés UFC Fracassants au parlement, ou provoquer des élections partielles. Elections législatives partielles, il ne faut pas envisager, avec quel argent? donc possibilité de faire entrer des suppléants pour sauter certains députés, qui ne peuvent plus siéger sous la bannière UFC au parlement. De toutes les façons, avec l'appui de ses alliés, Gil peut faire des dégats monstres à ses collaborateurs d'hier. Ce sont les mobiles qui m'échappent encore, mais je crois que lui, il les a.

Fabre par contre est coincé, s'il continue à ruer dans les brancards comme il le fait actuellement. Il ne peut pas être tenté de créer un autre parti. Il perdra sa place au parlement, jusqu'aux prochaines législatives. Revendiquer la présidence de l'UFC comme il va certainement le faire dans les jours à venir ne lui apportera pas plus de résultats que sa contestation du scrutin de mars dernier. C'est la quadrature du siècle.

J'avais vraiment espérer que c'est deux là feraient un paix des braves. C'est raté. Ils vont donc continuer à se rentrer dedans. Et nous autres, petites gens, nous sommes donc bien réduis à remercier la providence (enfin, je l'appelle ainsi, donnez lui le nom que vous voudrez) qui n'a jamais laissé l'UFC prendre la destinée de ce pays. En être réduit à cette consolation, est bien entendu angoissante. Mais il faut finalement croire que notre pays est singulier.

Puisse le Seigneur - il ne reste que Lui - avoir pitié de nous, pauvres petites gens.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 06:10

J'ai été surpris, parce que j'ai passé une semaine a peu près sans laisser un signe de vie sur facebook, que des amis, qui poutant ont mon numeros de téléphone, laissent sur mon mur des message demandant ce que je deviens. Voila où on en est réduit avec facebook et tous les réseaux sociaux. Les relations humaines, cheleureuses, vons le céder petit à petit au virtuel.

Moi même j'ai plein de 2500 amis sur ce réseau. Je ne suis pas certains de pouvoir en connaitre 200, dans le lot. Mais alors que de plaisir à rencontrer des personnes avec qui on a déja échangé par clavier, et les retrouver en chair et en os.

Allez, il est 4h du matin. Je vais au lit. 

Et au diable facebook.

Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 06:02

http://www.etiame.com/Jean_Pierre_Fabre.gif

Le cortège, comme d’habitude, s’est ébranlé depuis le siège de l’UFC pour la plage, suivant l’itinéraire habituel. Les manifestants, une dizaine de milliers de personnes, on parcourus les artères de la ville de Lomé, certains arborant des pancartes où on pouvait lire ; la victoire du peuple est invincible. Au rythme de tambours, fanfares et autres chants traditionnels, la foule s’est retrouvée à 14 heures à la plage, où elle a, dans une ambiance bon enfant, écouté les diverses déclarations des leaders du FRAC.

Avant l’intervention de Jean-Pi, comme l’appellent affectueusement ses aficionados, aucun des autres chefs de files de la contestation n’avaient donné l’impression d’une inflexion du mouvement. Le Pr Guogué, de l’ADDI, a fustigé le cynisme avec lequel l’opposition était traitée dans ce pays. Patrick Lawson, de l’UFC, a longuement insisté sur le mépris avec lequel la communauté internationale, qui a pourtant investit des milliers de dollars pour l’établissement de l’Etat de droit, traitait les multiples violations des droit des l’homme au Togo. Quant à Agbéyomé, président de l’OBUTS dissoute, il a longuement harangué les manifestants, prédisant l’imminence de leur victoire. Puis ce fut le tour de Jean-Pierre Fable de prendre la parole.

Contrairement à ses habitudes, aujourd’hui il n’était pas habillé du traditionnel survêtement- pantalon et du t-shirt jaune, mais arborait plutôt un ensemble sport gris, avec un t-shirt jaune au dessous de la veste. Ses verres noirs avaient disparu, et, après avoir remercié la foule pour sa mobilisation, il leur a demandé de lui accorder leur attention, car il avait une déclaration importante à leur faire.

Le silence a été un peu difficile à obtenir. Quelqu’un à l’arrière a demandé :

-Allo, Faure démissionné é maaaa !

Le vacarme s’est de nouveau déclenché, mais comme Fabre restait imperturbable, le silence a fini par s’imposer de lui-même.

« Mes chers compatriotes, camarades de lutte, mesdames et messieurs, lorsque chaque samedi, je me retrouve sur ce podium, et que je vous regarde, je regarde les hommes, les femmes, les jeunes et vieux qui, malgré la misère écrasante et les menaces viennent soutenir notre combat, je me dis que rien que pour vos sacrifices, rien que pour votre engagement, nous ne devons pas vous trahir, nous ne devons pas vous tromper, nous ne devons pas flancher ni faiblir. Nous devons serrer nos rangs et aller de l’avant, car la marche du peuple est invincible. (Youyou des femmes dans le public)

Voici bientôt six mois que nous marchons. Ils avaient prédit que nous nous fatiguerons au bout d’un mois. Mais six mois plus tard, nous sommes toujours là, et nous ne faiblissons pas, et le nombre ne cesse de croitre. En vérité, je vous le dis, notre mobilisation ici les empêche de dormir. Nous sommes là là où ils ne nous attendaient pas, et nous continuerons à hanter leur sommeil, car comme je vous l’ai toujours dis, moi, Jean Pierre Fabre, on ne me vole pas. Vous me volez, je vais chercher mon bien, quelque soit l’endroit où vous l’avez caché. Je suis comme ça. (Acclamations dans le public)

Cette semaine a été l’une des plus pénibles de ma carrière politique, non pas parce que les ennemis de la démocratie nous ont empêche de rejoindre nos militants à l’intérieur du pays. Si c’est pour ça, voici vingt ans que ça dure, nous sommes habitués à présent. La semaine a été dure pour moi parce que je me suis livré à un exercice que nous tous, vous et moi ici présents, pratiquons quand nous avons des problèmes. Je me suis détaché de l’action, j’ai pris de la hauteur et tenté, par une sorte de dédoublement de personnalité, de regarder avec distance la situation qui est la nôtre. (la foule commence à murmurer. Manifestement, elle ne comprend pas)

La vérité, mes amis, c’est que lorsqu'unune personne extérieure regarde le Togo, notre pays aujourd’hui, ce qu’il voit fait pitié. Et c’est exactement ce que j’ai eu, en regardant notre pays, mon pays. Nous autres Togolais, nous faisons pitié. Et je vais le dire, nous, opposition togolaise, nous faisons pitié. Car nous voici, luttant contre un régime despotique qui maintient notre pays sous sa coupe depuis bientôt cinquante ans, mais incapables de nous entendre, de nous unir, de faire bloc contre notre seul ennemi qui est le RPT. L’UFC, le principal parti d’opposition, le seul capable de répondre aux attentes du peuple togolais, est aujourd’hui plongé dans une crise grotesque, qui ne fait pas honneur aux leaders que nous sommes.

Face aux procès d’intentions et autres accusations, nous pensions qu’un congrès extraordinaire, seul capable de jeter les ponts entre les différents protagoniste, allait enfin nous donner l’occasion de nous parler à cœur ouvert, de trouver des points d’entente, car il y en a toujours, de se ressaisir aussi, afin de poursuivre ce combat pour lequel des milliers de Togolais, ont sacrifié leur vie. Ne serait-ce que pour la mémoire de ces martyrs, nous nous devions d’organiser ce congrès et de trouver des points de convergence. Mais voila que se profile à l’horizon, l’organisation de non pas un congrès de l’UFC comme nous le désirons de tous nos cœurs, mais deux congrès. (Murmures dans la foule.)

Mes chers compatriotes, ce qui se joue ici, et se jouera dans les jours à venir, ce n’est pas la victoire de l’UCF aux élections présidentielles du 4 mars, ce n’est pas la victoire de Jean Pierre Fabre. Ce qui se joue, c’est la survie même de la nation togolaise, en tant qu’état démocratique et ouvert sur le progrès et le développement. Ce que nos ennemis veulent, c’est l’implosion pure et simple de l’UFC, l’anéantissement de l’opposition, et le retour aux temps du parti unique. Et ça, nous ne pouvons l’accepter.(acclamations dans la foule)

Militantes et militants du FRAC. J’ai gagné les élections du 04 mars. Tout le monde le sait. Mais il est des moments où, face à un péril plus important, il faut savoir faire des sacrifices. Et c’est pourquoi, je me présente aujourd’hui devant vous, pour vous demander de faire un saut patriotique.

Aujourd’hui nous sommes forts. Pour effectuer n’importe quelle reforme institutionnelle ou constitutionnelle, le RPT a besoin de nos voix au parlement. Nous n’avons peur de personne. Ils ne nous font pas peur avec leurs menaces, mais je suis là devant vous, pour vous demander de faire un saut patriotique.

Aujourd’hui, notre peuple souffre le martyr. Les hôpitaux sont dans un état calamiteux. Notre éducation, jadis objet de fierté, est aujourd’hui la pire de la sous-région, avec des résultats au BAC qui n’atteigne pas 40%. Le niveau de vie continue à dégringoler. La hausse récente des prix du carburant a complètement ôté les derniers espoirs d’une vie meilleure au peuple togolais. Ça aussi, nous ne pouvons l’ignorer, et je vous demande de faire un saut patriotique.

Mes chers compatriotes. Je vous ai entendu. Jours après jours, je vous ai reçu, j’ai lu vos lettres, vos email, j’ai discuté avec les uns et les autres sur notre stratégie, et j’ai aboutit à la conclusion qu’elle était la meilleure pour nous amener à la victoire. Mais cette victoire ne serait pas belle si nous laissons sur le chemin des camarades de luttes, de vieux compagnons de résistance. Il nous faut un saut patriotique.

Vous tous ici présents, vous savez le différents que le bureau national, et non moi, a avec Gilchrist Olympio, président national de l’UFC, suspendu de ses fonctions pour faute grave. Et aujourd'hui, moi, Jean pierre Fabre, je me présente devant vous pour vous demander de nous autoriser à tendre la main à Gilchrist Olympio. Voici le sursaut national que je vous demande de faire, mes chers compatriotes.

Vacarme indescriptible dans le public, mouvement parmi les leaders, mais JPF reste imperturbable, et le silence finit par se faire.

«  Vous tous ici présent, savez les relations particulières que j’ai avec Gilchrist Olympio. Il a été un parrain et un parent pour moi. Lorsqu’il a commencé à emprunter une voie contraire à notre engagement, en tant que parent, je lui ai donné mon avis, et nos chemins se sont séparés. Aujourd’hui encore, je crois qu’il a fait erreur en allant à ce gouvernement. Et vous savez pourquoi. Parce que toute démocratie a besoin d’une opposition ; indépendante, forte et solidaire, pour faire le contrepoids du régime en place. Mais il nous faut ce saut patriotique.

Car Gilchrist, quoi que nous lui ayons fait et quoi qu’il nous ait fait, reste un des nôtre, et il est de notre devoir d’employer tous les moyens pour retrouver notre unité. Il y aura un congrès de l’UFC. Il y en aura qu'un seul. Les leaders du parti ici présents y seront, j’y serai, le M Olympio aussi. C’est ce que ma conscience me dit de faire, de chercher à retrouver notre unité, notre force et nos convictions. Mais ne nous trompons pas. Nous n’irons jamais à un gouvernement RPT. S’ils étaient aussi certains d’avoir gagné les élections, pourquoi veulent-ils qu’on les aide à diriger ? »

-oho sé, dit quelqu’un dans la foule.

« Mes chers compatriotes, en accord avec les autres leaders du FRAC, j’ai décidé de renoncer à la quête de ma victoire. (Exclamations dans la foule) Non. Non, cela ne veut pas dire que je n’ai pas gagné les élections, tout le monde sait que c’est moi le vainqueur, mais je crois que la souffrance du peuple togolais nous ordonne à taire nos désirs légitimes, pour se pencher sur sa résurrection. Nous continuerons donc à manifester tous les week-ends, mais pour les besoins primaires du peuple togolais. Chaque samedi, nous vous communiquerons les thèmes des marches. Nous manifesterons pour contre la vie chère, contre la déliquescence des services de santé, contre COTEC, au port, qui a réduit à néant l’emploi des transitaires, nous manifesterons contre la chute du niveau scolaire, nous manifesterons contre la corruptions, contre le népotisme, le clientélisme, nous manifesterons pour tous ceux qui croupissent dans nos prisons sans jugement, et si Gilchrist Olympio réfuse de prendre notre main tendue, nous manifesterons aussi pour dénoncer son retournement de veste.

Notre pays est au coma. Allons, peuple togolais, manifestons tous les samedis pour entretenir son souffle tenu. Vive le FRAC, vive le TOGO.

Je vous remercie. »

Il se passe alors une chose incroyable. Le silence s’abat sur dix mille personnes. Puis, une, deux, trois personnes se mettent à applaudir. L’acclamation se propage comme une trainée de poudre. Les leaders sous l’apatham se lèvent, et un par un, viennent féliciter Fabre. Et c’est ainsi que finit la vingtième marche du 8 août 2010 du FRAC[1]



[1] Cet passage est extrait du livre d’un auteur inconnu, et intitulé : FRAC, nos victoires perdues, et qui n’a jamais été édité, car jamais écrit.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 04:04

http://www.planusa.org/stuff/contentmgr/files/8ad0ee4e0b9e9f686f5f74570f15d75e/image/akpema3.jpg

Lorsqu’en octobre 2007, Sarkozy disait à Dakar, que :

Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

Ils ont été nombreux, les intellectuels africains à lever le bouclier, les uns pour lister tout ce que l’humanité devait à l’Afrique, d’abord pour le titre de berceau (tout comme s’il y avait un mérite à cela) puis le reste y est passé. L’Egypte des pharaons noirs, le Zimbabwe, la charte du Mandé…, les autres pour dénoncer l’infamie d’une telle déclaration, la France et l’Europe étant responsables du retard de ce continent. Mais en réalité, une bonne partie de ces intellectuels, en aparté reconnaissent, que même si Sarkozy sur un certain nombre de sujets a raison, ce n’est pas à lui de nous donner des leçons. C’est donc un peu plus sur la forme, que sur le fond que reposaient ces récriminations.

Wikipédia définit la tradition comme la transmission continue d'un contenu culturel à travers l'histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial (du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »). Cet héritage immatériel peut constituer le vecteur d'identité d'une communauté humaine. Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective.

Deux ou trois mots retiennent mon attention dans cette définition : Transmission continue, événement fondateur, communauté humaine, conscience collective. La transmission continue suggère une pérennité dans le temps et l’espace. Mais c’est événement fondateur qui m’intéresse le plus dans notre cas. La tradition nait à partir d’un événement fondateur. Il n’existe donc pas, pour une communauté, (j’en reviendrai) une seule tradition, mais plusieurs, nées de plusieurs événements  fondateurs juxtaposables, et étalés dans le temps. Par ailleurs, la tradition n’a d’existence que dans une communauté : communauté étant entendue au sens sociologique comme un groupement d'individus ayant des interactions continues (aspect objectif) et qui partagent un intérêt et un sens d'appartenance communs (aspect subjectif). Pour finir, je parlerai de la conscience collective, qui est co-substantielle à la communauté, et qui ne peut réellement exister que dans des groupements à très forte identité.

Pourquoi est-ce que je me tue à faire toutes ces démonstrations alors que des universitaires sont mieux placés pour le faire à ma place ? C’est juste pour démontrer deux choses :

La première est que ce que nous appelons tradition dans nos pays renforcent mon paradigme de l’anti-développement. La tradition à l’Africaine, que dis-je, à la togolaise (c’est le pays que je connais), est contre le progrès. Car dans notre pays, l’événement fondateur de la tradition doit forcément être affecté du coefficient « temps immémoriaux ». Une tradition n’est vivace que lorsqu’elle se réfère à une époque lointaine, quasi légendaire. Si cette tradition occupait dans le groupe une place équivalente à celle qu’elle prend dans une société qui a su s’adapter à la modernité comme le Japon, où la tradition finit par être plutôt folklorique, il n’y aurait pas de problèmes. Mais comme dans notre pays la tradition continue à rythmer la vie des communautés, pas uniquement rurale, mais souvent linguistiques, ethniques et parfois religieuses, elle finit par se positionner, par une occupation horizontale, comme l’un des plus grands freins au progrès. Car comment faire avancer un peuple dont une bonne partie de référents comportementaux sont portés par des valeurs datant d’un autre siècle, basés souvent sur la superstition, et jamais franchement rationnels. Tout le problème se trouve là. Pouvons-nous progresser si nos valeurs ne sont pas de notre temps. Pour être plus terre à terre, la fête des moissons par exemple, Ayizan, marque la fin de la récolte du haricot rouge en région Ewé. Aujourd’hui, ce haricot, d’un rendement faible par rapport à d’autres variétés de niébés, ne peut plus assurer l’auto suffisance alimentaire de la population du Zio, qui a sans doute été multiplié par plus de 10 depuis l’événement fondateur de cette fête. De plus, aujourd’hui, la recherche agronomique a mis en place des variétés de haricot de 60, voire 45 jours, qui peuvent donc être cultivées trois à quatre fois l’an, dans des champs irrigués. S’il faut évoluer avec son temps, cette fête ne se justifie plus, mais la maintenir induit directement le refus du paysans à adopter d’autres variété de haricot, sous le fâcheux prétexte de conservation de traditions du terroir. A cette allure, c’est plutôt nos aïeux qui auront honte de nous, car aujourd’hui nous ne nous montrons pas capables de créer d’autres événements fondateurs de nouvelles traditions, que nous transmettrons aux générations futures, à l’image de celles qui nous ont été transmises, parfois de temps pas si immémoriaux que ça.

Pour moi, la tradition est une réponse donnée par une communauté à un problème à un moment donné.

T=R/h.

 Si h évolue, R aussi doit évoluer pour que T reste constant. Or chez nous, le temps évolue, mais le R (Réponse) ne bouge pas, d’où la nocivité de nos traditions. Enfin, c’est mon point de vue.

Le second élément que je voudrais démontrer, est qu’au sens qu’on présente la tradition dans notre pays, où elle est supposée continuer à remplir son rôle de vecteur d’identité des différentes communautés que peuple notre pays, il s’agit d’une énorme arnaque. Une fête comme Ekpe Sosso ressemble sans aucun doute les guins, mais c’est guins là n’ont rien à voir avec la communauté originelle pour qui la couleur de la pierre avait un sens direct avec les activités du groupement. En fonction de la couleur du cailloux en effet, la communauté avait un comportement collectif qu’elle adoptait pour l’année. Aujourd’hui, je suis, en tant que losso et militaire, plus proche d’un militaire guin en intérêt commun que sa communauté originelle. La notation que je donne par exemple à un militaire guin dans mon régiment a plus d’importance dans l’immédiat pour lui (sa carrière a remplacé le champ des temps immémoriaux) que la couleur de la pierre. Et pourtant, aveuglement, nous continuons à célébrer ces moments de communion peut être, mais aussi de beuverie et de toutes les lices.

J’ai toujours déploré l’absence de leaders d’opinion écoutés dans notre pays. Des idéologues qui orienteraient nos choix politiques et culturels, qui leur donneraient un sens et une consonance homogène. Avec la révolution culturelle sous Eyadema, nous avons chanté la valorisation de notre patrimoine culturel, ceci à l’image de la Chine de Mao Tsé Toung. Depuis, les Chinois se sont rendus compte qu’ils s’égaraient complètement. Ils ont remisés tous ces attributs dans les espaces culturels et dans les musés, et se sont retroussés les manches. Aujourd’hui, les Chinois vendent leur culture, parce qu’ils ont su rapidement faire la bascule entre le folklore et la modernité.

Nous ici, la révolution culturelle a produit l’effet contraire. Alors que nous passons notre temps à réclamer à la tradition une origine immémoriale, nous avons crée au forceps d’autre traditions, suivant l’architecture administrative du pays. C’est ainsi que des fêtes comme sintu djandjagou (qui n’a aucune existence historique) ont apparu dans la préfecture de Doufelgou, car à l’époque il fallait à chaque préfecture sa fête traditionnelle.

Le pire est que dans notre pays, à la façon dont nous les célébrons, nos traditions ne nous rapportent rien. Quand elles ne sont pas superbement ignorées, elles coutent plutôt de l’argent au contribuable. A Siou, il existe une dance endiablée appelées « essokpa ». Elle marque, pour l’adolescent, son passage au rang d’homme. Enfant, je me suis toujours extasié devant les mouvements des corps, les vibrations des torses, et le rythme endiablé des tambours. Saisonnière, cette fête n’attire aucun touriste, même pas les populations des environs. Elle se localise en pays losso. Et pourtant, elle est belle. J’imagine que promue par le ministère du tourisme, elle peut constituer un excellent rendez-vous pour touriste en quête d’authenticité. Une association villageoise pourrait même se créer, pour d’une part faire des démonstrations de cette dance  (comme le fait si bien les danseurs sola) lors de diverses manifestations. Un centre de formation pourrait même se lancer au village. Cela rapportera d’appréciables subsides aux populations locales. C’est du développement endogène, et cela ferait du bien à une région touchée par le chômage et l’exode rurale.

Le pire, c’est quand la tradition, au lieu de créer des richesses, comme je viens de le soulever, nous coûte de l’argent. Aujourd’hui, nos fêtes traditionnelles, faute d’une remise en cause idéologique, siphonnent le budget national. Parce que le chef de l’Etat (la plus part du temps) s’y rend, elles font l’objet de préparatifs qui en fin de comptent les font sortir de leur fonction originelle. En fait, les populations ne se préparent pas à célébrer ou à perpétuer une transmission ancestrale, mais elles se préparent à recevoir le chef de l’Etat et sa délégation. Résultat : tout est fait dans cette direction. Au point où la fête en elle-même finit par être occultée par le désir, légitime et tout humain, de chacun de plaire et de se mettre en valeur. L’administration (cadres originaires de la préfecture oblige), s’y transporte à coup d’ordre de mission, la suite présidentielle s’y invite, et au résultat, tout le monde y laisse ses plumes. L’Etat, par le contribuable, et les habitants, par les multiples cotisations pour recevoir les invités. La situation est souvent cocasse, car une bonne partie des cadres présents, pris individuellement, expriment le peu de cas qu’ils font de ces célébrations. Mais ils n’y manqueraient pour rien au monde, car une absence risquerait de s’interpréter comme un acte de défiance.

Donc, au lieu de rapporter de l’argent à la région, je parie que les festivités Evala, si elles étaient moins sollicitées par le pouvoir public, susciteraient l’intérêt de plus de touristes. ( le protocole entourant la sécurité des officiels ne peut qu’être barbant, d’où le peu d’affluence à ces rendez-vous pourtant courus par les touristes dans d’autres pays). Je parie même que si les évalas se codifiaient, ils pourraient devenir un sport national que d’autres togolais aimeraient apprendre. Des écoles verraient le jour à Kara et dans d’autres villes du pays. Voila comment nous pourrons créer des emplois dans ces régions à très faibles offres d’emploi, et augmenter l’attrait touristique. Bien entendu, les Evala comme rites initiatique se conserveraient.

Prenons les Akpéma par exemple. Ces rites dans le passé étaient consacrés à la jeune fille vierge, vivant dans une communauté repliée sur elle-même, où les parents surveillaient jalousement les mœurs de leur progéniture, où le mariage arrangé était une coutume. Aujourd’hui, il est courant de voir des parents résidant à Lomé, demander à leur jeune fille, qui ont perdu leur virginité depuis belle lurette, et qui n’ont souvent aucun lien commun avec la communauté kabyè, de faire Akpéma, sous le prétexte de respect des traditions. La fille y va comme à une mauvaise colonie de vacance, et en revient soit avec un mauvais souvenir, ou simplement avec la claire conscience du devoir accompli, pour la satisfaction des parents. Rien qui concerne la tradition telle que je l’ai définie en début de billet.

Allez, voici un bon bout de temps que je ne suis pas revenu sur mon blog, et quand je reviens, c’est pour pondre ce long billet, un peu confus, mais dont le sujet me tient à cœur.

Pour résumer, je dirai que la tradition n’a de sens que si elle évolue, que si elle est une réponse à un problème posé, que si elle se détourne du traditionalisme tel qu’il est pratiqué dans notre pays. La tradition, au lieu de continuer à nous coûter de l’argent parce que nous faisons appel à elle comme à l’époque de la révolution culturelle (qui a montré ses limites) devrait être un puissant ressort de notre industrie touristique. A défaut, je la haïrai de toute mon énergie.

Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 23:53

http://www.afriscoop.net/journal/IMG/arton1109.jpg

Samedi dernier, j'étais sur le boulevard pour une intervention quand je me suis fait surprendre, à hauteur du siège d'ECOWAS, par la marche du FRAC. Qu'à cela ne tienne, mais regardons donc.

Ce que j'ai vu m'a horrifié. La marche avait plus l'air d'un carnaval, à la différence près que 80% des quelques milliers des carnavaliers portaient des t-shirt jaunes. La désorganisation était totale: pas de front de la marche. Des jeunes, sur moto et à pieds font office d'éclaireurs, pour ouvrir le passage, puis le reste de la foule suit dans une cacophonie monumentale. Le front de la manifestation que j'ai cru finalement distinguer, était l'endroit où était déployé une banderolle, sur 5m environs. En avant de la banderolle, avançait un jeune homme avec... une immense croix jaune. Je n'ai rien compris. De là à confondre la marche avec une quelconque procession pour une inconnue madonne, le pas peut être vite franchi.

Je suis parti de là en me disant: cette affaire là est mal engagée. Il faut les aider, ces messieurs là.

Voici en effet pres de cinq mois que les résultats des élections sont tombés. Contrairement aux nombreuses autres fois, nous n'avons pas été cloué au pilori par la communauté internationale. Et qu'on ne me dise pas que cette communauté est contre le Togo. Parce que, c'est le même pays qui a été suspendu de l'aide internationale pour déficit démocratique en 1993, c'est le même pays qui a subi l'hilali général  en 2005, à la suite de l'accession rocambolesque de Faure Gnassingbé à la présidence. Je ne verserai jamais dens cette attitude irresponsable qui consiste à faire croire que l'aleternance est d'une absolue nécéssité au Togo, pour la simple raison qu'un régime a été au pouvoir depuis 40 ans. Le Japon a connu 50 ans de règne du parti républicain, et pourtant c'est un modèle de démocratie. L'aleternance au Togo est peut être obligatoire parce que le régime bientôt cinquantenaire n'a pas réussi à trouver des solutions à la problématique de développement ( à notre échelle), mais ça, c'est au peuple de le dire. Et malheureusement, cette fois, Fabre et ses amis n'ont pas réussi à nous convaincre que le peuple avait dit autre chose. Je n'aime pas cette façon de se croire élu de droit divin, sous le prétexte qu'il ne peut en être autrement.

Bon, là, je m'égare un peu. Pour revenir à mes amis du FRAC, je crois qu'il faut leur donner un coup de main, pour le Togo. Je m'explique: cinq mois après une élection validée par la communauté internationale, un groupe de partis continue à battre pavé tous les samedi, pour revendiquer une victoire qui leur aurait été volée. Même en Iran où la contestation populaire avait été très massive, les opposants ne sont pas allés aussi loins. Surtout que dans la pratique, les constaitataires posent plutôt des actes qui reconnaissent de facto le gouvernement du président prétendument illégitimement élu. Je n'en veux pour preuve que la participation des députés de la branche contestataire de l'UFC à l'interpellation des ministres au parlement suite aux émeutes de juin dernier. Et que penser de la lettre adressée par la même branche de ce parti au ministre Bodjona, pour tenter de tirer leur épingle de la lutte fraticide qui les oppose à leur ancien mentor, Gilchrist. Donc, on ne reconnait pas le président, mais on travaille avec les ministres de son gouvernement. Ce n'est pas très sérieux, et c'est mauvais pour l'image des Togolais à l'étranger. Voila pourquoi je pense que Houngbo doit tenter quelque chose pour les aider à sortir de l'impasse. 

Après avoir tourné le problème dans tous les sens, pour comprendre les mobiles de leur entêtement, je suis arrivé à la conclusion qu'ils savent pertinemment qu'en continuant à manifester tous les samedis, le Togo ne serait jamais considéré comme un pays stable. Je suppose d'ailleurs que l'accord RPT-Gilchrist visait justement à casser cette dynamique, les stratèges du régime RPT ayant misé sur la popularité de Gilchrist pour faire rentrer dans les rangs les récalcitrants. Maintenant que cette manoeuvre a échoué, rendant caduque la grande ouverture, Fabre et ses amis savent qu'ils ont un excellent objet de chantage. Tant qu'ils continueront à manifester, même ça frise le ridicule, l'effet de ces marches reste négatif sur une éventuelle reprise, surtout économique, avec des partenaires économiques du Togo. 

Houngbo doit alors se décider à leur tendre la main, et trouver une porte de sortie. Ce n'est pas bien raisonnable, me dira-t-on, mais lorsqu'on a affaire à des extrémistes, la plus stupide des attitude est d'être raisonnable. Il faut négocier, ou interdire les marches. Les interdire serait une catastrophe, qui ne ramenera pas la stabilité. Donc, négocier, en leur donnant une place de choix dans les négociations sur les réformes, quitte à poignarder dans le dos Gilchrist qui de toutes les façons est fini.

Mais surtout, il faut négocier, et vite, pour que les locales et les législatives ne se perdent pas dans les attermoiement dont seuls les Togolais ont le secret. Surtout ne pas céder à la tentation de participer au sabordage de notre opposition. Ceci a déja commencé avec l'inexplicable dissolution de l'OBUTS. Ce serait une énorme erreur, dont notre pays ne se remettra pas.

Allez, monsieur Houngbo, vous qui n'avez pas de parti, situez-vous donc au dessus des luttes de clans et faites cesser cette mascarade. C'est le Togo qui y gagnera.

Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 00:33

http://www.adjete.com/photo/1928463-2649047.jpg

Il peut faire faire baisser la grogne sociale. En s'adressant à la population, directement. En nous disant ce qu'il fait pour nous assister, en nous exprimant sa compassion.

Il peut, parce que le niveau de vie est réellement faible, faire l'économie d'une hausse de carburant, mais faire supprimer une ou deux des multiples taxes sur les produits pétroliers, en attendant une juste application des prix. Parce que nous sommes sinistrés, et que la vie est devenue difficile, il peut, par amour, faire ce choix.

Il peut nous redonner confiance, en prêchant le goût du travail et de la responsabilité. En faisant chatier tous ces criminels économiques, qui dévalisent les entreprises nationales (SOTOCO, OTP, FER, ...) En traquant les fonds déposés par ces messieurs dans les banques étrangères, comme l'a si bien fait le Mali et le Nigéria, en luttant ouvertement contre la corruption, de réelles valeurs (travail, gout du risque...) s'implémenteront chez les jeunes.

Il peut nous réconcilier, en faisant donner suite aux plaintes posées par les associations de défenses de droit de l'homme suite aux violences ayant suivi les élections de 2005, et autres actes étant restés impunis. Les coupables sont dans tous les camps. Juger, et pardonner, lui seul peut lancer l'initiative.

Il peut nous instaurer l'Etat de droit. Nos juges aujourd'hui, se sentent encore obligés d'aller aux ordres. Lui seul peut rapeler à nos magistrats leur serment d'indépendance, en insistant sur la nécéssité de la séparation du pouvoir. Lui seul peut rappeler aux juges qu'aucun détenu ne saurait rester dans une prison sans un procès. Notre rayonnement international est à ce prix.

Lui seul peut ramener les investisseurs étrangers. En, comme il a été dit plus haut, en rappelant la justice à l'ordre, et en construisant des infrastructures. Si lui il pousse un coup de colère sur le prix et l'offre internet pratiqué par togotélécom, ça changera, et les touristes, et les sociétés étrangères, auront plaisir à venir au Togo. S'il tape sur la table sur la négligence qui entoure les travaux publiques, en faisant tomber quelque têtes, demain, nous en aurons, des routes. Et les entrepreneurs, viendront.

Lui seul peut faire de la décentralisation une réalité. La décentralisation ramènera et la prospérité, et la démocratie dans le pays, car les gens apprendront à récolter directement le produit de leur cotisation (contribuable). La décentralisation instaurera l'apprentissage de la démocratie à la base, autant au conseil municipal qu'à celui général ou régional.

Lui seul peut rappelé des parlementaire au travail. Que nos députés représentent le citoyen, qu'il interroge le gouvernement sur son action. Lui, en intervenant au parlement, peur rétablir cet équilibre. Les Togolais sont un peuple intelligent, il suffit de lancer la locomotive.

Lui seul peut faire communier les Togolais du monde entier, en restituant le vote des togolais de l'étranger. La diaspora contribue à hauteur de 10% au PIB du pays, en donnant à cette diaspora le plein usage de sa citoyenneté, nous pourrons nous appuyer à hauteur de 25% sur leur participation.

Et pour finir, parce que je tombe de sommeil, lui seul peut dénouer le contentieux politique. Parce que l'APG n'a pas besoin de plusieurs acteurs pour être appliqué, parce que c'est un accord basé sur le bon sens, lui seul peut, sans attendre d'autres partenaires mais en écoutant son patriotisme, son pragmatisme, et son sens d'homme d'Etat, faire limiter les mandats, changer le mode de scrutin, lancer le recensement général, réalisé le découpage électoral, modifier le code électoral, et nous faire bénéficier enfin, de scrutins à la ghanéenne.

Lui seul, en ce moment, peut encore sortir le Togo de l'abime dans lequel il s'enfonce.

Et lui, c'est, qui? le Président de la République? Non, tu as tout faux. Dieu! mon frère. Seul Dieu peut nous tirer de là, pardi! Sans blague, qu'est-ce que tu vas imaginer, toi?

Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : blogueur africains
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Parcours de combattants, roman


Extraits et synopsis.
synopsis
La mort du Pr Bitimuku
Madame Heanandez
Univers carcéral
allez sur le site de l'éditeur en cliquant ici.

ISBN : 978-2-296-06935-0 • avril 2009
 

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