Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 00:44
IMAG0076[1]Voici une interview que j'ai accordée au mensuel togolais de divertissement et de publicité le 228.
Max PANA, le directeur du magazine, et sa sympathique et talentueuse équipe font un travail merveilleux, à destination de la jeunesse.
Ah, ces initiatives, qui ne sont malheureusement pas suffisamment soutenues. Merci à toi, Max, de continuer à y croire. Merci pour ton opiniâtreté, et cet enthousiasme. J'ai aimé. Vraiment.
Et voici l'interview.
"Pour une première fois nous apprenons qu’au Togo, un militaire a demandé et obtenu une disponibilité pour poursuivre ses études. J’avoue que c’est nouveau pour moi. Gerry Taama a plein d’ambitions. Sociologue, militaire, chef d’entreprise, ce monsieur plein de talent a accepté de répondre aux questions du 228.

Pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?
Bonjour et merci à la sympathique et dynamique équipé du 228 de m’accorder cette interview. Voila, je suis Gerry TAAMA, 34 ans, marié, Lieutenant des forces Armées Togolaises en position de non-activité.

Pensez-vous qu’on peut facilement manipuler une arme et une plume à la fois ?
Oui, et l’arme beaucoup plus facilement que la plume. Mais pour répondre beaucoup plus sérieusement à votre question, je ne crois pas qu’il y ait une grosse incompatibilité entre le fusil et la plume. Des auteurs célèbres comme Sun Zu, Clausvitz ou encore Antoine de Saint-Exupéry étaient des militaires. Pour dire vrai, je ne comprends pas qu’on puisse imaginer un seul instant qu’il ait incompatibilité entre ces deux occupations, puis que le militaire est un membre à part entière de la communauté nationale. Jusqu'à l’université, j’ai suivi le même parcours scolaire que des centaines de milliers de jeunes togolais. Et je pense que c’est durant cette étape que se forge l’aptitude à l’écriture.

A quel genre littéraire estimez-vous appartenir ?
Narratif, avec une grosse préférence au roman d’aventure. Pour moi, le bon livre, c’est celui qui permet de débrancher les neurones, avec cependant une bonne dose d’aventure reste mon genre préféré, et c’est sur celui-là que je m’exerce.

Seriez-vous malheureux si vous étiez dans l’impossibilité d’écrire ?
Non, certainement pas. Il ya tellement de bonnes choses en cette vie. Par contre, vous me délestez de mon ordinateur, je le serai (rire). Non, la réalité est que j’écris depuis la classe de quatrième, et ceci de façon intermittente. Je n’envisage pas embrasser une carrière d’écrivain.

Dans votre roman vous parlez de guerre dans un pays imaginaire. Qu’est-ce que vous voulez transmettre ?
Comme je l’ai déjà dit plus tôt, idée de transmettre une idée particulière m’est étrangère, même si on retrouve toujours des leçons à tirer de la lecture d’un texte. L’histoire se passe dans un pays en guerre. C’est comme ça parce qu’autrement, l’aventure sera pâlotte. Comme dans tout roman d’aventure, il faut que les personnages vivent une situation d’exception. La guerre en –une, je l’ai choisie.

 A quel acteur vous identifiez-vous dans votre roman ?
Vous pensez bien que je ne le dirai pas au risque de fâcher les autres. (Rire). Pour dire la vérité, je ne pense pas pouvoir m’identifier à un des personnages. Je les crée avec des personnalités différentes, pour un objectif assez précis. S’il y a un parmi eux que j’aime particulièrement, sans m’en identifier toutefois, c’est bien le colonel Boungo, alias le grincheux, une sorte de capitaine Hadock africain.

Parlez-nous d’Aurore Bitimuku ?
Aurore Bitimuku est la troisième héroïne du roman. Elle complète les deux militaires, le lieutenant français Jérôme de Bercenay, qui non seulement lui sauve la vie mais lui ravie son cœur. Mais à choisir entre l’amour et la vengeance sur Ba, elle choisit la seconde voie, et n’aura de cesse à voir le bourreau de son père au cimetière.

A la veille de la sortie de ce chef d’œuvre, n’avez pas eu peur de frustrer l’imaginaire de vos frères d’arme ?
Non, même si c’est peut être une première dans notre corps de métier, il y ‘a avait pas de raison à craindre uns frustration, qui ne saurait s’expliquer. Le livre a été bien accueilli, et j’ai reçu de chaleureuses félicitations, ce qui est logique d’ailleurs.

« L’art nous aide à vivre », est-ce que vous le ressentez aussi ?
L’art nous aide à vivre ? Je dirai plutôt nos sens nous font prendre la mesure de la vie, et nos émotions nous rendent aimable. Je ne suis pas ce qu’on n’appellerait un lyrique impénitent. Je sais même me montrer très terre à terre. Mais j’aime pardessus tout suivre mes émotions. Elles ne me trahissent jamais.

A part la plume, avez-vous d’autres ambitions ou projets ?
Depuis 2008 ; j’ai dirigé une agence de communication et un cabinet de consultant en sécurité. J’ai des projets littéraires, et d’autres de la vie aussi. Je travaille surtout à monter une maison d’édition. Je veux que mon prochain livre soit édité au Togo. Je m’y emploie, mais je sollicite aussi les bonnes volontés."

Propos recueillis par Max. Merci à toi, l'ami.
Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : blogueur africains
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 13:17
IMAG0033Lorsque Jean, hier soir, m'a demandé de l'accompagner au bureau de vote, pour le dépouillement des bulletins, tâche pour laquelle il s'était porté volontaire, je n'ai pas hésité. Toutes les expériences sont toujours bonnes à prendre.
La salle est libre d'accès. Je ne suis pas surpris, mais admiratif tout de même. Cela change un peu de l'ambiance tendue qu'on retrouve dans nos bureau de vote au moment du dépouillement. Le maire de l'Etang la ville, un monsieur aimable et chaleureux, me serre vigoureusement la main quand Jean fait les présentations. Il me dit que le département des Yvellines est en partenariat avec le Togo, ceci pour l'année 2010. J'acquièce, mais tout au fond je suis furieux. Voici encore de l'argent que nous avons certainement perdu. Le Togo n'a pas de collectivité locales, donc un telle partenariat va se retrouver confronté à l'Etat. Et le département n'investira pas avec l'Etat. Vivement que la crise s'estompe et qu'on se mette au travail.
Le dépouillement, est de l'aveu même du maire, empirique. Chaque parti possede sa liste. Tous les bulletins sont envoyés au votant soit à domicile, soit il les retrouve au BV. Une seule liste est laissée dans l'enveloppe puis dans l'urne. c'est efficace. Il 'y a très peu de bulletins nuls (2 seulement, dans notre BV: certes, c'est quand même une commune bourge quand même, l'Etang la ville).
Tout se passe dans un climat bon enfant. Difficile de dire qui appartient à quel parti.
En une heure, tout est torché. Serrage de mains, puis retour au bercail. C'est beau, la démocratie, parfois. Et surtout la maturité dans ce domaine.
Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 11:25
La fierté dont je faisais preuve, pour les miens, aux lendemains des élections au Togo, a fondu comme une boule de neige au sahara. De nouveau l'opprobe, de nouveau cette inconstance qui nous colle à la peau, comme une sordide malédiction.
C'était pourtant bien partie. Une campagne bon enfant, un scrutin studieux, calme, normal. Comme dans un pays normal.
Ensuite, dès le lendemain, tout a commencé à partir en sucette. Agbéyomé, je l'ai déja écrit, s'est mis dans un rôle de pyromane. Et les autres ont suivi sur la lancée. Fabre déja annonçait une victoire à plus de 80%. Inconséquent, et maladroit. Le site républicoftogo.com présentait quant à lui une victoire de Faure à 64%, tout aussi maladroit. Mais jusque là encore, que de la politique de l'intimidation.
Puis il y a eu samedi, avec la proclamation des résultats provisoirs. Dès le lendemain, il y a eu des prémisses de manifestations. Dispersées. Personnellement, le principe de précaution tel qu'il est partiqué dans notre pays, ne relève pas, et il est malheureux de le dire, de la démocratie. La lettre N° 0087/MS-CAB en date du 06 février 2007, envoyée aux partis politiques par le ministre de la sécurité, qui leur signifie que les manifestations sur la voie publique, qui ne rentrent pas dans le cadre d’une campagne électorale, doivent se tenir en week-end plutôt qu’un jour ouvrable, est bien entendu une atteinte à notre constitution, qui consacre la liberté de manifester. Mais cette disposition (qui peut être assimilée à un decret), qui n'est pas une loi, devrait avoir été attaquée depuis trois ans. Plus d'un tiers du parlement est de l'opposition quand même. Et depuis trois ans, je ne compte pas le nombre de rencontres qu'il y a eu à Ouaga, où ce decret n'a jamais été posé sur le tapis. Je ne comprends toujours pas ce que tous ces spécialistes du droit font dans les rangs de l'opposition. Normalement, une simple recours devant la chambre administrative, pour excès de pouvoir aurait dû règler le problème, avant même d'aller à la cour constitutionnelle. Même si l'opposition ne le fait pas, je crois que le Togo moderne que le régime actuel dit mettre en place ne devrait pas ainsi jouer avec nos libertés fondamentales. Comment les gouvernants peuvent-ils prendre le poul de la satisfaction des administrés, si ceux-ci ne conservent pas la liberté, immédiate, de manifester? Certes, le pays a sérieusement évolué au régistre des libertés depuis cinq ans, et il faut avoir le courage de ne pas écouter certaines voix discordantes, qui pensent que l'absence de contestation est synonyme de satisfaction et d'aisance. En fait, il faut croire que l'interdiction ne concerne que les partis politiques, car les étudiants ont manifesté hier (jeudi) à Kara, encadrés par la police. Le drôle de pays que nous avons là.
Bref, donc, interdiction et dispersion des manifestants. A la bonne heure! C'est la protection de l'ordre public. Principe de précaution. Comme dans tout état de droit.
Je m'attends, et je l'ai déja écrit aussi, que Fabre fasse mieux que comme d'habitude. Qu'il montre de la grandeur. Qu'il fasse des recours. Qu'il produise des preuves... numériques. des vidéos, des PV scannés, qu'il déposera à la cours constituonnelle, mais rien. Mardi, la date butoir des recours est passé (enfin, je crois, mais je ne sais plus. c'est 48h après ouvrés ou pas, après la proclamation des résultats provisoires, il faut que je vérifie) j'apprends même que Fabre ne fera pas de recours. Agboyibo, après avoir implicitement reconnu les résultats, se rébiffe et envoie un recours. Celui-ci ne repose que sur des constats faits dans deux bureaux de vote. c'est petit. Le bouillant Agbéyomé aussi fait un recours, qui repose sur le rapport de l'UE. Mais l'EU a déploré les irrégularité du scrutin, et non sa fiabilité. Même Homaoo, le trépidant représentant de l'UFC à la CENI, reconnait les résultats. Tout ceci est mauvais pour l'opposition, et bon pour Faure. Tout le monde se rendra compte que tout ce raffut est pour du bide. Il n'y a rien. Puis dans l'après midi, la nouvelle (mauvaise cette fois pour Faure) tombe. Le centre de traitement informatique du FRAC a été perquisitionné, le matériel et le personnel embarqués. Je vais sur les sites et les forums traitant du Togo. Les avis aussitôt changent. Alors qu'on était persuadé que Fabre faisait du bruit pour rien, là, on se dit que sa contestation reposait peut être sur quelque chose, autrement, on aurait pas embarqué leur matériel. Voila comment une petite décision, allez savoir qui la prise, transforme en martyr un homme qui était presque fini,(du moins pour cette année) et un parti en déliquescence.
Désormais, tout est de nouveau fichu. La case négociation pointe à l'horizon. En laissant les gens manifester, (avec l'encadrement de 3000 policiers quand même), en laissant le droit seul parler, le régime avait toute la communauté internationale avec lui,( même si je n'ai pas compris les félicitations qui nous ont été adressées avant la proclamation de la cour constitutionnelle). De toutes les façons, les manifestants (peu nombreux) allaient s'essoufler assez rapidement. En faisant le contraire (interdiction de manifester et perquisition) le gouvernement et par ricochet le président de la République se fait passer pour ce qu'il n'est pas en réalité (c'est en tout cas ce que je crois et c'est ce qu'il a démontré par l'organisation de ces élections): c'est à dire, un prédateur des libertés et de la démocratie.
Cinq ans de travail ont presque volé en éclat...pour une perquisition.
Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 02:55
http://www.rfi.fr/actufr/images/094/togo_election432.jpgRetour ce soir sus.r Lomé. L'avion était plus que vide. Normal, revenir au Togo la nuit des résultats est un peu suicidaire. Apparemment, une bonne partie des passagers ne savaient pas ce qui se trame dans le pays.
Suis arrivé à la maison furieux parce que mon chauffeur m'avait posé un lapin. J'ai dû me rabattre sur un taximan qui m'a fichue la peur de ma vie en me disant que le président était en fuite au Burkina et que le ministre Bodjona avait suspendu la CENI. Catastrophé, j'ai appelé tous azimuts, et j'ai eu confirmation qu'il n'en était rien.
J'ai posé mon sac, puis grimpé dans la voiture pour tater la ville. Tout est calme. Certes, il y a très peu de taxis, mais Agoe (balieue nord de la ville) est animé, assez pour cacher la différence.
Je pousse un peu en ville, l'oeil aux aguets. Quelques gendarmes à certains carrefour tout de même. Ils sont courtois. Le boulevard circulaire est presque vide. mais les tapineuses sont là. Faut bien vivre.
Je file chez un ami pour prendre des nouvelles. La TVT publie des extraits des résultats proclamés par les CELI, puis passe à un documentaire. C'est pas France 24 qu'on apprends la reélection de Faure à 60% environs. Ce n'est même pas précisé dans le communiqué.
Drôle de pays tout de même. Pourquoi la nuit de l'élection (elle a existé?; j'étais pas là) n'a pas continué.
Je sors de nouveau en ville. Quelques supporters de Faure font la fête, mais rien de spontanné.
Un dispositif plus important verrouille Bè. De toutes les façons, je n'avais pas l'intention de m'y rendre.
Direction mon bureau. J'en ai suffisamment vu pour aujourd'hui.
Alors, quelle est la suite. Bien entendu, il reste les recours (48 heures) avant la proclamation définitive des résultats par la cour constitutionnelle.
De sources concordantes, l'abstention a été très importantes au sud. Les militants (inexistants) n'ont pas fait un travail de mobilisation de la population, alors que du coté du régime, le RPT et la nébuleuse d'association a fait du terrain. Certes, ils étaient pour cela bien encouragés, mais c'est de bonne guerre. Je reste persuadé que le Togolais est suffisamment averti pour ne pas céder uniquemment au miroitement des espèces sonnantes et trébuchantes. Les Togolais sont normalement un peuple fier. Enfin, sont encore.
Que va-t-il se passer. J'ai eu l'impression, d'après ce que j'ai vu et lu sur l'organisation de ces élections, qu'une recherche de la transparence en a véritablement soutendu l'organisation. Si c'est le cas, si l'opposition se sent flouté dans des bureaux de vote, qu'elle pose rapidement les recours. Ce sont les règles du jeu. Les observateurs sont encore là, et pour une fois, les portes leur ont été largement ouvertes (certains journalistes français n'ont pas eu cette chance. Je ne sais pourquoi). Donc, faire tous les recours imaginables. Je crois que la cour constitutionnelle doit être prête à faire des recompte de voix si cela s'avère nécéssaires.
Surtout, éviter de rentrer dans le jeu d'Agbéyomé, qui depuis avant hier fait des appels inquiétants à la violence. Il faut l'éviter à tout prix. Je crois que dans une contexte politique aujourd'hui extrêmement mondialisé et imbriqué, l'opposition à plus intérêt à montrer les fraudes (si elles existent) à la communauté internationale, qui est plus à même de tordre le bras à un éventuel usurpateur, que lancer de jeunes dans la rue, qui ne modifieront rien au résultats, et feront le lits des anarchistes de tous bords, heureux de casser à loisir.
Par contre, si l'opposition, enfin, les leaders, au fond de leur conscience, prennent la mesure de leur échec et l'acceptent courageusement, je pense (je rêve, sans aucun doute) que présenter ses félicitations au vaiqueur serait l'aboutissement grandiose de cette période de culture démocratique enclenchée depuis 20 ans.
Je rêve. Je sais. Hélas.
Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 16:01
D'après ce que je lis hier et aujourd'hui., voila des élections qui se sont déroulées dans de très bonnes conditions, à la satisfaction de tous.
Le dépouillement a commencé, et il va durer sans doute un certain temps, compte tenu de l'inorganisation sur le terrain. Au même moment, il y a des candidats, et des sites internet, qui font preuve d'une légèreté indicible, sans se rendre compte que c'est de la vie de gens qu'on joue ainsi.
Le candidat qui fait preuve de la plus grande légèreté, c'est M Agbeyomé, qui présente sur son site, ses félicitations à Fabre pour sa victoire. Je ne sais pas s'il n'y a pas une disposition de la loi qui interdit ça. S'il voulait mettre le pays en flamme, il n'y a pas mieux. C'est irresponsable. La CENI, ou siègent des représentant des partis de l'opposition, est seule habiletée à donner des résultats.
De même, sur des sites comme togocity, on trouve des résultats qui ne se fondent sur rien, mais qui peuvent lacher les chevaux. Idem pour Republicoftogo.com. Qu'est-ce qui les prend? La HAAC devrait cette fois-ci faire des appels à l'ordre. Ce n'est pas très malin, surtout avec ce que notre pays a déja connu.
Je n'aime pas ça du tout.
Mais vraiment, pas du tout.
Que Dieu ait pitié des nôtres.
Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 15:44
http://www.fao.org/docrep/007/y2006f/y2006f02.gif
Durant la campagne, le candidat sortant a parlé de l'organisation prochaine d'élections locales, à la suite de celles qui viennent de se dérouler. Pour moi, c'est la seule bonne nouvelle de cette campagne. Même si je déplore qu'une telle réogarnisation de notre administration, si nécéssaire à notre développement, soit obligée de passer par la case campagne.
Nous sommes probablement l'un des rares pays de la sous région a ne pas avoir de collectivités locales (ou territoriale) capables de tirer, controler et gérer l'effort au développement. Je croyais que dès 2005, nous allions nous y lancer.
Il faudra avant tout que ces élections (comunales, générales et régionales) sortent d'abord de la logique politicienne. Si elles sont sous-tendues par la représentation (poids politique) de chaque parti sur l'échéquier national, elles ne nous serviront dans ce cas à rien. Elles seront à l'image de notre assemblée nationale, où les députés, du parti au pouvoir tout comme de l'opposition, sont figés dans un immobilisme terrifiant pour une démocratie. Les Députés du RPT sont encore dans la logique du parti Etat, où ils attendent de recevoir des ordres du président. La représentation du peuple est une vertu qu'il faudra peut être contraindre nos députés à avoir. Pour l'opposition, c'est plus cocasse. Ils arguent qu'étant miinoritaires, il n'ont aucune chance de faire voter une loi. Il faut attendre. Où sont les lobbies parlementaires? Où est le Togo?
Donc, des élections locales anticipées ne doivent pas nous projeter dans la même situation. Le Togo n'a pas l'expérience de la décentralisation. Aujourd'hui, les syndicats sont presque aux abonnés absents. Coment je l'ai écrit quelque part, les politiques ont réussi à politiser la société civile. Il n'y a plus, à vrai dire, d'institutions de contre pouvoir.
Si nous organisons des locales sans prendre le temps de faire une formation civile au citoyens, une formation professionnelles à tous les prétendants à ces postes. Demain, nous ne retrouverons avec des maires caisses de résonnances, comme c'est le cas aujourd'hui au parlement.
et le developpement décentralisé, nous le chercherons encore à la lampe tempête en plein jour.
Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 04:06

 

100 0045100 0046100 0047100 0048100 0049100 0050100 0044Je n'ai malheureusement pas, durant la semaine passée à Lomé, eu le temps de suivre la campagne comme je l'aurai souhaité. Ayant eu la tête à l'hopital.
Par contre, j'ai trouvé, comme je l'avais déja dit en 2007, que nous faisions preuve, à cette occasion, d'une maturité politique exemplaire. Nous n'avons pas, à vrai dire, de problème de reconciliation, peut être de justice, qui conduit à la vérité, sans aucun doute.
Les cortèges se croisent à longueur de jour, sans aucune animosité, dans un climat bon enfant.
Bien entendu, le RPT, que disje, Faure est partout. Je n'ai pas très bien compris le choix de 100 0051communication. En 2007, les affiches étaient à mon sens plus refléchies, avec des phrases percutantes. On le voyait dans des tenues parfois décontractée, on y associait des hommes et des femmes du cru. En 2005, les supports de campagne représentaient Faure avec le peuple, en 2010, il est tout seul. Difficile de comprendre. Même le RPT est absent sur la plus part des affiches.
L'impression que j'en tire est qu'il n'y a pas une centralisation de l'équipe de compagne, mais plutôt que chacun y est allé de son apport individuel. Des affiches superbement conçues, le disputent à des caricatures inacceptables, sans aucun goût. De même, l'usage imodérée du nom du candidat (plus haut, plus loin, plus Faure -dixit fort boyart) fait jeu de mots, et pas très sérieux. De même, à voir la kyrielle de 4X4 débouler dans la ville, on ne comprend pas trop cette démonstration de force, dans une ville où près de la moitié des habitants vivent au dessous du seuil de la pauvreté. Le mieux aurait été de faire une campagne de proximitié, moins ostentatoire, plus proche des gens.
Du coté de l'opposition, la surprise me vient de dame Adjamagbo, qui a une caravane bien achalandée, et plutôt bien organisée. Je n'ai pas vu de poster géant de sa part, mais on sent une suite dans les idées, et l'intuition qu'elle aurait fait des choses très intéressantes, avec plus de moyens.
Agboyibor est presque absent dans les rues (j'ai pas vu de convois, rares sur les petites affiches, mais présent sur une grosse affiche à Agoe, à la sortie de l'état-major. Son slogan est pitoyable. (Agboyibo pour tous, tous pour agboyibo). Il fallait le trouver.
L'obuts, l'homme au ballon, a des petites affiches qui sont proches, en qualité, à cette du candidat sortant. Lui aussi a un slogan curieux (La solution). On dirait les chanson des années 90. Ses partisans sillonnent les rues avec une balle de foot sur la tête. Un moment, je me suis demandé si la CAF n'avait pas enlevé les sanctions contre nous. (je rigole) Presque pas de grandes affiche. Une crée en toute pèces au carrefour GTA. Le bleu ciel comme couleur ne tranche pas. Peu visible.
Kagbara est celui qui a investi dans les grandes affiches, comme Faure. Kagbara Président est à mon avis percutant. Mais ils ont loupé la photo sur l'affiche, qui est floue. Comment est-ce possible? difficile de mettre la main sur son convoi.
Lawson est à son image. Petites affiches, avec un slogan que j'ai oublié. C'est sans doute l'homme qui est le plus vrai dans cette campagne, mais il s'y prend mal. Et il s'en fout un peu.
Pas de grandes affiches pour Fabre non plus. Je comprends que le cafouillage pré-campagne n'a guère fait délier les bourses. Les affiches ne sont pas terribles. Mais il y a le jaune, couleur visibles de loin. ça reste un atout.
Les convois de l'UFc ne sont pas terrible aussi. Mais bon, je crois que vers la fin, la tendance s'est inversée.
A la télé, j'ai vu les membres du FRAC en campagne. Pere a un foulard jaune au cou, Yamgnane et Fabre avancent main dans la main, dans une marée jaune. La politique est quelque chose de curieux. Que deviendra ce front, en cas de victoire? Nulle part, sur les images que j'ai vue, on ne présente un amblème de cette coalition, mais c'est le jaune qui est roi. allez, de quoi je me mèle.
Voila. Je suis fièr des miens. Ils se sont montrés tels qu'il sont. Peuple digne et mature, pour la nation.
Pourvu que ça dure.
Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : blogueur africains
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 21:39
http://nainsportentnawak.net/blog/public/images/courdesmiracles.jpgDepuis quelques jours, je suis aux abonnés absents. vous êtes nombreux, amateurs de ce blog, à vous être inquiété de mon sort. Je vais bien, et merci à vous.
Je suis revenu de Paris jeudi le 18 février. Vendredi, vers 15h, j'ai reçu un appel téléphonique m'informant que mon oncle, diplomate, venait de faire un accident grave en allant au nord. Je le croyais moi à Pekin.
Allez, vite, plan ORSEC en blanle. J'appelle toutes les autorités de la région. Oui, c'est confirmé. C'est lui. Un lointain cousin est prêt, deux heures plus tard à y aller. Ma tante, et ma femme l'accompagneront. Je suis fourbu de ma semaine parisienne. Je les attends à Lomé, certains qu'ils rencontreront l'ambulance en chemin. L'accident a eu lieu avant Atakpamé (150 km au nord de Lomé).
Et bien non, ils ne la rencontrent pas, l'ambulance, mais l'accompagnent sur Lomé. Arrivée à 3h. Moi, nonobstant ma fatigue, je suis allé sur le terrain régler certains problèmes de mes agents.
6h45. Je suis à l'hopital. Il est là. Assez amoché. Mais il reconnait son monde. Je suis rassuré. Il est à la réanimation. Une espèce de grande salle, où les malades, comme tous les malades du monde, ont rendez-vous avec leur démons, et leur limites. Difficile de mettre la main sur un médecin, le professeur est parti, nous promettant l'arrivée d'un cardioloque et l'aménagement d'une salle pour le blessé. Difficile de dire qui fait quoi. Je cherche le médecin traitant, on me dit que tout va bien. Une heure (deux?) on nous demande des radios. Allez, on y va. L'hopital est en chantier. Les alleés sont encombrés de lits éventrés, de sommiers médicaux abandonnés, et de gravats. L'aide malade qui pousse la civière joue avec les manches à chaque arrêt. Elle donne des coups sur les bras de la planche, comme pour les enfoncer. Le blessé est secoué à ce mouvement, mais elle ne s'en soucie pas. dans la salle de radio, je me retrouve seul sur la table avec l'opérateur. Le blessé est lourd, la banquette étroite. Il faut le bouger à chaque prise. Déja, pour le faire quitter la civière, c'était compliqué. L'aide-malade papote avec une copine, l'opérateur me fait tenir le blessé. Un moment, (acalmie) j'allume mon téléphone, et dit à un commandant fictif, que je suis le lieutenant x et que mon oncle, diplomate y, est à l'hopital. L'effet est immédiat. L'aide-soignante vient à la rescousse.
La journée passe, lente. Depuis 11h, on nous a demandé une autre radio. Impossible de le faire. Le surveillant conservant les clichés s'est déplacé. Il dit qu'il arrive.
Le cardioloque finit par se présenter. Il est 14h. c'est un ami. Je suis rassuré. L'oncle fonctionne au peace maker. Il me rassure. tout va à peut près bien de ce coté. Et le surveillant qui n'est toujours pas là. La liste de ceux qui veulent faire une radio s'allongent. j'insiste, on l'appelle encore. Il nous engueule proprement. ça fait quatre heures qu'il dit qu'il arrive. J'ai des envies de meurtre.
Une heure plus tard. On nous demande un scanner du cerveau. Qui? on ne sait pas trop. Mais allons-y donc. Où. L'hopital n'a pas de scanner. Aucun hopital public n'en a. Faut aller chez un privé. L'ambulancier n'est pas là. On le cherche. Il est rentré chez lui. C'est à perpet'. Faut l'appeler. Faut donner un portable avec crédit. Je donne le miens. Il dit qu'il arrive. Une heure d'attente. Quand il arrive, je lui fait la remarque sur son retard, il me sermonne. Je me fais tout petit. c'est la santé de mon oncle, tout de même.
l'ambulance est antique et poussive. Mais à la guerre comme à la guerre.
Le matériel dans cette clinique privée est relativement neuf, et performant. Nous en profitons pour les radios. C'est déja ça.
Quand j'arrive à l'hopital, les autres compagnons d'accident sont là. Ils ont été évacué eux aussi. Il faut payer les ambulanciers. Pour le trajet Atakpamé-Lomé- Atakpamé et Hopital-scanner-hotipal. Il faut sortir les marteaux, et briser la tirelire.
Les rescapés sont dirigés aux urgences. Un mouroir. Connaissant le système, nous avons appreté l'argent. pour tous les soins. L'achat de coton, de l'aiguille, de l'alcool, et le paiement des points de suture. Tout est à acheté. Un jeune homme est "largué" par un taxi. Il a une plaie béante à la jambe. L'os est visible. Il a été abandonné là, sur le carrelage. Je demande à une infirmière si on ne va rien faire pour lui. Elle me répond, goguenarde:
- Qui va payer?
Un monsieur me dit:
- Parfois, des personnes, même importantes meurent ici comme ça. si tes parents n'apprennent pas vite ton accident et accourent à l'hopital, on te laisse crever.
J'ai la chair de poule.
C'est ainsi que vont se passer les cinq jours que nous passerons à l'hopital. Marteaux pour la tirelire, scène d'un autre âge, et cette impression oppressante d'être abandonné, malgré les effort du professeur, qui parait aussi être bien seul.
Je le regarde, mon oncle, près de 30 ans de bons et loyaux services à sa nation, aux plus hautes fonctions, et qui se délite devant mes yeux.
Mercredi, la nouvelle tombe. On va l'évacuer. Dieu merci. c'est le branle-bas. A cette nouvelle, je le vois se redresser. Son oeil frétille. Voila, le bout du tunnel est proche.
Mais les préparatifs administratifs sont lourds, et pénibles.
Jeudi, ça y est, les choses ont l'air d'avancer. Je me retrouve à faire la navette entre le consulat, et même le ministère des affaires étrangères. Pourquoi ne pas avoir envoyer le médecin du ministère faire la liaison, (pour les soins) et le cabinet (pour l'évacuation). Je dépose les passeports au consulat, mais les Français sont catégoriques, l'hopital d'accueil doit confirmer avoir reçu le virement pour la prise en charge. On ne partira pas. Je suis furieux. Que fait notre diplomatie. Il est des questions sur lesquelle la parole d'honneur suffit, surtout quand un homme se meurt.
Vendredi, journée à tergiverser. Le matin, j'ai appelé l'ajoint au consul pour avoir des nouvelles, au sujet des visas. Je me suis fait copieusement remettre à ma place. Envie de meurtre, impression de vide. Mais je me fais tout petit. C'est à nous de nous doter d'infrastructure pour sogner nos malades. Ah! quand je pense qu'il y a plus de medecins togolais dans la région parisienne que dans tout le Togo. Que faisons nous de nos ressources.  Finalement, on décolle vers 20h. Je tiens à l'accompagner. On verra sur place.
Paris, samedi, dimanche, lundi. les analyses mettent en lumière plusieurs lésions non décelées à Lomé. Nous avons eu de la chance.
Que retenir de cette histoire? D'abord que nous devons une fière chandelle à tous ceux qui ont oeuvré pour son évacuation sanitaire. A tous, je dis merci, même s'il est regréttable qu'une d'assurance confortable ne couvre, au moins, les hauts cadres de la nation, et qu'il faille toujours une intervention heureuse pour dénouer ces situation. Pour une telle évacuation, combien crèvent à Lomé, et à l'intérieur du pays, pour faute de soins adéquats.
Secondo que tout togolais a une sacrée épée de damocles sur sa tête. Pour aller au paradis, inutile de passer par l'hopital public, notre cour des miracles à nous.  Et c'est la seule vraie leçon à retenir. Il faut avoir de l'argent liquide prêt à servir, et une pièce d'identité, avec le nom de personne à prévenir systématiquement sur soi, chaque fois que vous mettez le nez dehors.
Que Dieu bénisse le togo.


Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : blogueur africains
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 14:38
http://noravr.blog.lemonde.fr/files/2007/09/lami-sdf.1190520975.jpgUltimes réflexions, avant de regagner le Togo.
En France, enfin, pour nous autres de l'extérieur, on a plutôt l'impression que quand on prononce le nom de ce pays, l'écho répond:
- Immigrés.
Et immigré revoie, hélas, au black et au beur.
Pendant ces cinq derniers jours où j'ai un peu vadrouillé à travers la France, j'ai rencontré l'homme, parfois dans la vieille campagne, et il n'était ni black, ni beur. L'homme, tout simplement, avec sa grandeur d'âmes et ses errements, sa générosité et sa solidarité, son racisme et son égoïsme. L'homme, dans sa nudité.
Toulouse, lundi dernier. J'ai rendez-vous chez un partenaire, quelque part dans la zone sud. J'ai un plan, assez vague. A la station du bus, on me dit où descendre, mais ensuite, impossible de retrouver la rue. Il fait - 7°. Je me renseigne, chez les gens que je rencontre. En règle générale, les gens s'arrêtent pour m'écouter, puis m'indiquent vaguement une direction. Je me rends souvent compte, à la seconde rue, que l'itinéraire qu'on m'a donné est fantaisiste. Ils ont voulu aider, ou se débarasser. Je tombe finalement sur un vieil homme, sur son vélo. Je l'accoste. Il a cet accent chantant du sud, mélange de mistral et de pastis. L'homme comprend que je suis vraiment perdu. Il descend de son vélo, et fait trois cent mètres avec moi, pour m'indiquer l'itinéraire qui me mènera à destination. Merci à toi, inconnu à l'accent du terroir.
J'arrive chez le partenaire, ne manque pas d'expliquer ma galère avant de parvenir chez eux. Je prends des échantillons de marchandises, qui m'alourdissent. Je repars. Ils ne manquent pas de me préciser qu'il me faudra faire un ou deux kilomètres pour trouver le prochain arrêt de bus. Je suis chargé comme un âne.
Je me dis qu'à Lomé, j'aurai spontanément proposé de "me" déposer. Je marche en serrant les dents. C'est le propre de cette civilisation. Il faut compter sur soi.
Cinq cent mètres, une voiture s'arrête. Je crois rêver. Le monsieur, visage burinée, moustache poivre en brosse, aucun accent particulier, me demande s'il peut m'avancer. Et comment!
Merci à toi, Dominique, pour ton regard d'homme. Merci pour ta curiosité, ton élan vers autrui, et cette faculté d'écoute si rare de nos jours. J'ai été déposé devant une bouche de métro, qui m'a permis de réjoindre le plus facilement la gare de la SNCF.
Mercredi. Dans le train, quelque part dans Paris. C'est le matin, il y a du monde. Je suis assis sur la banquette, la place à coté est vide. Il y'a un monsieur, la cinquantaine, qui est debout. Il la regarde le siège vide d'un coté de l'oeil, mais se réfuse à la prendre. Une station plus loin, un jeune libère une place sur une autre rangée, il s'y précipite avec un ouf de soulagement. L'homme est partout. Et pas que black et beur.
J'arrive à destination. Je sors du train. A la sortie du métro, je remarque qu'un porte d'accès a laché. L'aimant ne referme plus automatiquement. C'est la ruée. De vieilles dames, des messieurs, parfois distinguées, ne manquent pas de profiter de l'aubaine. Parmi eux, il y a des blacks, des beurs, tout le monde y passe. C'est l'homme, dans ce qu'il y a de faible et d'opportuniste, qui s'exprime.
Hier, j'ai croisé un monsieur, tout ce qu'il y a de Français, à l'aéroport. Il m'a regardé, avec l'air de dire:
- Ah, heureusement qu'il y en a qui partent. (j'exagère, certainement)
Sur le coup, j'ai eu envie de lui dire.
- Monsieur, dans votre pays, il n'y a pas que les immigrés à poser problème. Il y' a l'homme. Et cet homme, comme les cons, est malheureusement la chose la mieux partagée par les nations.
Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 18:21
Beaucoup de déplacements dans la région parisienne, et quelques réflexions qui me traversent l'esprit comme ça.

Français de souche: Il 'y a deux jours, j'étais dans un train, et sur la dizaine de passager, il y avait un seul occidental (impossible de savoir s'il était français). Sur le coup, je me suis dit que si j'étais aussi français de souche, je les aurai en position haute tout de même. Ce n'est pas bien raisonnable (nous avons fait la guerre pour eux tout de même), mais ce genre de sentiment n'est jamais vraiment raisonnable.

Minorités visibles. Hier nuit, à chatelet les halles. Des centaines de jeunes ( on me dira des quartiers mais je ne les connais pas, ces quartiers) dans les halles. Des percings partout, desfrings de grandes marques, du bling bling, et un langage à fixer au croc. Il avancent, bousculent, crient, hurlent, provoquent. Je me suis fait tout petit, sans rien comprendre. Est-ce une façon de prouver qu'on existe. Je ne sais pas. Mais avec des percing partout, je ne crois pas que j'en embaucherai un dans ma boite, à Lomé. Je pense même que dès qu'un mec avec un tel langage entrera dans mon bureau, même sans le percing, je croierai qu'il les a enlevé avant d'entrer. Je me suis rendu compte aussi qu'il y avait, sur certaines lignes que j'ai emprunté, de jeunes "blancs" avec les même habitudes. Du coup, l'affaire de minorité visible n'est peut être plus raciale. Les chaînes en or suffisent.

Burqa, ou Anika. J'ai cherché dans les rues de Paris, surtout aux halles, des femmes en burqua, j'en ai pas trouvé. Et du coup, j'ai imaginé les scénaris suivants:
Scénario 1. Une semaine avant la signatude d'un gros contrat portant sur l'achat de plusieurs rafales par l'arabie saoudite, l'épouse du roi décide de venir faire des emplettes à Paris. Et elle descend les champ elysées en burqua. On l'arrête (avec le risque de supprimer des milliers d'emplois pour un morceau d'étoffe) ou on ferme les yeux.
Scénario 2. Au bout de trois ans de dures négociations, l'iran décide finalement à suspendre son programme nucléaire. Les accords seront signés à Paris. La secrétaire d'Ahmadinéjad porte la gurka. Sans elle, pas d'accord. Alors, on va dans un autre pays signer l'accord?

Voila. c'est au moins la preuve que le froids n'a pas engourdie mon cerveau et que je gamberge encore.
Bonne fête de saint-valentin à tous.
Par Gerry - Publié dans : Inspirations - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 18:04
Déja cinq jours en France.
D'ici, la réalité politique togolaise me parait invraissemblable, comme sortant d'un mauvais film.
En écrivant six lettres, je pensais à b...del, mais je trouve que m...de convient aussi à la situation, ceci pour dire la merde du laquelle nous sommes. Bordel!
Non, je me réfuse tout commentaires.
voici dix minutes que je suis devant l'écran, à ne pas savoir ce qu'il faut dire de mon pays.
hier, j'étais avec des amis, et je n'ai pas su comment vendre le Togo, tellement nous faisons pitié, nous sommes incohérents.
Donc je ne dirai rien.
Enfin, si, une chose.
Faure va certainement gagner les élections.
Et il mérite de le faire, non au vu des résultats de son mandat, mais pour la survie de notre pays.
Voila. J'ai la saudade.
Et je vais me coucher.
Par Gerry - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : blogueur africains
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 14:50
Je passe mon temps à dénoncer ce qui ne va pas autour de moi. Je crois même que je le fais trop. Là, je reviens du service d'hygiène, où je suis allé me procurer du carnet jaune pour le voyage sur Paris demain.
Un modèle d'éfficacité, que ce service.
D'abord la cour est toute propre, avec du gazon bien tondu, les voitures et les moto allignées au cordeau. Même s'il manque un petit paneau montrant l'entrée principale, ce hall est bien aéré, propre. Le personnel acueillant, accorte, je dirai.
Un monsieur m'a dit ce que j'avais à faire, et combien cela allait me coûter. Le carnet est vendu à 200F, j'ai posé une pièce de 500. Le bonhomme s'est déméné pour me trouver la monnaie, j'ai dû intervenir pour dire que les 200f (il lui manquait 100F pour moi) me suffisait, et il même paru gêné. En règle générale, les gens vous disent qu'ils n'ont pas de monnaie et s'attendent à ce que vous laissez faire.
La salle de vaccination, dans une autre aile du site, est aussi propre, bien entretenue, avec des mamas joviales. Piqure inodore, application à remplir le carnet. Un vrai travail de Pro.
Mais le mieux, c'est la rapidité de l'opération. J'en suis sorti au bout de 9mn, mon carnet tout beau tout neuf dans la main.
Qui a dit que Usain Bolt était le plus rapide.
Bravo à vous, équipe du service d'hygiène. Puissiez-vous faire des émules.
Par Gerry - Publié dans : Coups de coeurs - Communauté : BLOGS, en parler ...
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 19:51
http://www.republicoftogo.com/var/ezflow_site/storage/images/toutes-les-rubriques/societe/fin-du-depotoir/52779-1-fre-FR/Fin-du-depotoir_article_top.jpgDepuis une année, je me suis toujours promis de faire un tour à l'Agence Nationale de Promotion et de Garantie de financement des entreprises, ANPGF. Car il est vrai que nous restons dans notre coin à pleurer à longueur de journée que l'Etat ne fait rien à l'endroit des entreprises, alors qu'il y a des initiatives comme celle-ci qui ne demandent qu'à être sollicitées par les entrepreneurs. Donc, j'ai décidé de les visiter, à défaut de m'informer sur leur activités par le truchement de leur site internet www.anpgf.org qui ne fonctionne plus.
Il s'agit d'une villa blanche, avec une pelouse correctement entretenue et des allées au dallage propre. Une batisse à un étage avec des stores vénisiennes, toute de blanc peinte. Dans l'enceinte, j'ai aperçu deux employés dans une salle, et je me suis dirigé vers eux, pour leur expliquer le motif de ma visite. Visiblement embarrasé, ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas l'autorisation de me donner cette information. En fait, je leur ai dit que je voulais, en tant qu'entrepreneur, avoir des informations sur leur agence et en quoi elle peut m'aider.
Il m'ont fait patienter, puis sont partis chercher le gardien, qui est arrivé habillé presque en haillon. J'ai eu du mal à identifier le nom de la société. Celui-ci m'a demandé de laisser ma carte (curieux tout de même) et m'a indiqué un bureau à l'étage où je devrais m'adresser. Personne n'était au bureau, je suis redescendu voir le gardien qui est remonté vers moi, qui est allé cueillir la secrétaire dans une autre bureau. A celle-ci, j'ai de nouveau exprimé le motif de ma visite, elle m'a dit d'attendre, et est repartie vers un autre bureau. Je suis resté cinq à huit minutes dans la moiteur du secrétariat (zero ventilos) tout en me disant qu'ils allaient cramer leur ordinateur assez vite dans cette chaleur. ¨Puis la secrétaire est venue me dire de patienter encore. Je lui ai dit que je ne voulais rien de particulier, juste savoir comment ils interviennent au profit des entreprises. Elle m'a dit d'attendre pour être reçu par le chef. ( je ne sais qui)
Comme j'étais relativement pressé, j'ai mis les voiles, en me disant que si chaque chef d'entreprises devrait perdre plus de 30 mn rien que pour se renseigner sur les activités de l'agence, alors que de simples brochures à la réception (qui n'existe pas) suffisaient, nous n'étions pas encore sortis de l'auberge.
J'étais un peu frustré car une agence de la sorte devrait disposer d'un show room, qui accueille le chef d'entreprise, avec plein de visuels présentant les projets déja réalisés par l'agence. J'ai plus eu l'impression d'être passé dans un service de renseignment que dans une entreprise publique à forte propension d'acceuil.
En sortant, j'ai vu pas très loin les mini tracteurs ramasseur d'ordures passer la rue, et j'ai été surpris de voir le logo de l'agence sur les flancs de la remorque. Etonné, je suis donc retourné sur internet pour comprendre pourquoi ces tracteurs, qui étaient supposés avoir été octroyés à des sociétés de ramassage, ont encore cette etiquette sur la carosserie.
Mes recherches m'ont amené à comprendre vaguement que les tracteurs avaient été remis aux petits propriétaires directement par l'ANPGF. Ni la municipalité (je me trompe peut être) ni une entreprise sérieuse, avec une certaine expérience de la gestion des parc automobiles (amortissements, entretiens et maintenance régulière) n'avait été commise pour suivre ce projet. Donc d'ici deux ans, ces tracteurs vont progressivement disparaitre de notre paysage (Dieu, faites que je me trompe) si le suivi et l'amortissement ne sont pas imposés à ces petit ramasseurs. La preuve que je ne me trompe pas trop, c'est que sur le site "officiel " du Togo, seul le discours de la directrice de l'ANPGF est affiché, alors qu'un tel projet doit être l'oeuvre du maire de la ville de Lomé, qui en confie la charge à une ou plusieurs entreprises chargées d'organiser les précédants petits ramasseurs.
Mais je n'ai toujours pas réponse à ma question. Si aujourd'hui l'ANPGF m'aide à obtenir un financement, serai-je obligé d'arborer son logo, ou (je ne voulais pas en vénir là) l'agence elle-même s'est-elle transformée en entreprise?
Il faudra que j'y retourne.
Par Gerry - Publié dans : Info togolaises - Communauté : blogueur africains
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Parcours de combattants, roman


Extraits et synopsis.
synopsis
La mort du Pr Bitimuku
Madame Heanandez
Univers carcéral
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ISBN : 978-2-296-06935-0 • avril 2009
 

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