Vous êtes surveillant à l'examen du bac 2, série D. c'est le dernier jour, mathématiques, si mes souvenirs sont exacts.
Avant que les élèves ne rentrent en classe, vous décidez de faire une fouille au corps. A la fin, vous mettez deux élèves de coté, l'un a dans sa poche une épreuve corrigée de philo, et l'autre,
une de physique. Les deux élèves soutiennent qu'il s'agit d'un oublie suite aux épreuves précédentes. Vous décidez de laisser continuer celui possédant l’épreuve de philo, au motif qu'il s'agit
d'un "zovu" littéraire, et vous faites exclure celui qui dispose de la copie de physique, au motif que c'est une épreuve scientifique tout de même.
C'est l'allégorie (encore?) que j'ai de la décision de la cour constitutionnelle concernant Yamgnane et Agbéyomé. En tant que surveillant, vous avez fait votre travail et vous n'êtes pas
blâmable. Vous auriez pu laisser les deux élèves composer, en ayant confisqué leur épreuves, vous auriez pu les renvoyer tous les deux, mais ne renvoyer qu'un se justifie par votre intime
conviction de surveillant.
Dans le cas togolais, sur les huit candidats aux élections présidentielles, deux avaient des dossiers à problèmes. Agbéyomé avait un problème de nom (pas toujours le même sur tous les dossiers)
et le son parti ne disposait pas de récépissé. Yamgnane un problème de double date de naissance, de deux certificats de nationalité, de résidence effective de 12 mois au Togo, et enfin, de liste
d'électeurs appuyant sa candidature. La cour a décidé, lire l'intégralité de la décision ici, de réfuter la candidature de Yamgnane au motif de:
Considérant en revanche que les vérifications administratives du dossier de candidature de M. YAMGNANE Kofi révèlent, d'autre part, des anomalies quant à sa date de naissance et à la durée de résidence effective au Togo ;
Que, de l'examen de l'ensemble des pièces du dossier de vérifications administratives et du mémoire en réponse de M. YAMGNANE Kofi, il ressort que les documents français de M. YAMGNANE Kofi portent comme date de naissance le 11 octobre 1945 et les documents togolais le 31 décembre 1945 ;
Qu'ainsi, M. YAMGNANE Kofi a deux dates de naissance notamment, le 11 octobre 1945 et le 31 décembre 1945 ;
Qu'il en résulte que la date de naissance de l'intéressé varie selon qu'il se trouve en France ou au Togo ;
Que, cette situation est de nature à semer la confusion sur l'identité de la personne et, par voie de conséquence, à fragiliser la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la magistrature suprême du pays ;
Considérant par ailleurs que le dossier de candidature de M. YAMGNANE Kofi comporte une attestation de domiciliation en date du 15 septembre 2009 délivrée par le Président de la délégation spéciale de Lomé indiquant qu'il est domicilié depuis le 18 octobre 2008 au quartier Gbossimé à Lomé ;
Considérant que l'article 62 de la Constitution de 1992 détermine les conditions d'éligibilité à l'élection présidentielle ; qu'en ce qui concerne le « document d'entente directe de Ouagadougou » produit par M. YAMGNANE Kofi, et par rapport à la condition de résidence, celui-ci ne remet pas en cause la portée du dispositif constitutionnel ;
Considérant que la Constitution exige non seulement que les postulants aient leur résidence au Togo mais aussi qu'ils y résident effectivement depuis douze mois au moins ; que les seules preuves de résidence effective au Togo produites par M. YAMGNANE Kofi sont le bail notarié et une attestation de domiciliation ;
Qu'il ressort cependant des cartes d'embarquement du service de l'immigration de l'aéroport de Lomé que M. YAMGNANE Kofi est entré au Togo les 31 janvier, 21 févier, 18 avril et 04 juin 2009 avec son passeport français et a déclaré avoir comme « pays de résidence » la France, alors qu'il est censé, au regard du bail notarié et de l'attestation de domiciliation suscités, résider au Togo depuis le 18 octobre 2008 ;
Considérant toutefois que, le 16 juin 2009, en rentrant au Togo avec son passeport français il a déclaré résider au Togo ;
Que, par la suite, en quittant le Togo avec son passeport togolais le 29 octobre 2009, il a déclaré également comme pays de résidence le Togo ;
Qu'il résulte de ces déclarations sur les fiches des services de l'immigration de l'aéroport de Lomé que sa résidence effective au Togo a pour point de départ le 16 juin 2009 ;
Qu'il ne peut donc, d'après ses propres déclarations sur lesdites fiches, justifier d'une résidence effective de 12 mois au moins au Togo ;
Qu'ainsi, il ne remplit pas toutes les conditions d'éligibilité prévues par l'article 62 de la Constitution.
Voila: tout est dit. Alors que Agbéyomé a bénéficié de la négligence de l'administration, Kofi n'a pas ce bénéfice. la raison bien simple, et elle se lit même pas entre les lignes: ce candidat n'a pas la même naissance suivant qu'il réside en France ou au Togo, même si on s'accorde à dire qu'il est né à Bassar, suivant l'acte notarié.
Ceci, comme le dit si bien Kafil dans une interview, peut ne pas être contraire à l'esprit de l'article 62, qui précise les conditions à remplir pour être président de la république:
« Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s'il :
- - n'est exclusivement de nationalité togolaise de naissance;
- - n'est âgé de trente cinq (35) ans révolus à la date du dépôt de la candidature;
- - ne jouit de tous ses droits civils et politiques;
- - ne présente un état général de bien-être physique et mental dûment constaté par trois (03) médecins assermentés, désignés par la Cour constitutionnelle;
- - ne réside sur le territoire national depuis douze (12) mois au moins.»;
Si on considére que deux points de cet article ont été tordus par les accords politiques (exclusivité de la
nationalité togolaise et obligation de résidence de 12 mois), pour le reste, le dossier de ce candidat présente des irrégularités sommes toutes acceptables, dans l'esprit de l'article 62. Kofi
Yamgnane est-il Kofi Yamgnane? Est-il togolais? si ces questions trouvent réponse affirmative, et que les autres conditions sont satisfaites (age, conditions de santé...) la candidature est
valable.
Cependant, la cour, tout comme notre surveillant, en rejetant le dossier, ne se met pas en porte à faux contre la loi, car l'existence de deux dates de naissance peut à juste titre semer la
confusion sur l'identité du candidat (la lettre de l'article 62) et partant de sa nationalité.
Un internaute camérounais m'a dit hier que la décision contre Kofi était similaire à celle que la CAF avait fait à l'encontre du Togo, car tout comme notre équipe nationale, Kofi a des
circonstances atténuantes, qui relèvent du fait que ces deux dates de naissances lui ont été attribuées arbitrairement, et que ceci est vérifiable. Bon, même si j'ai trouvé la comparaison
excessive, car il n'y a pas mort d'hommes, il faut bien reconnaître que la similitude est frappante.
Les interprétations, bien entendu, n'ont pas tardé. Il s'agit d'une décision politique, dit l'intéressé, rejoint de cette position par certains partis politiques. Même si la probabilité d'une
telle intervention ne soit pas à écartée, je ne vois vraiment pas en quoi le rejet de la candidature de Yamgnane est utile au gouvernement. En écartant Kofi, il y a un plus grand risque d'obtenir
une candidature unique de l'opposition, seule capable d'ébranler le pouvoir en place lors de ces élections. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde soutien que Kofi Yamgnane fragiliserait un
certain électorat du nord, alors que Kagbara est aussi du nord, et que de toutes les façons, si les gens du nord veulent voter contre le RPT, rien ne les a jamais empêchés de voter PERE par
exemple en 2005, alors que ce dernier aussi est du nord. Kofi dérange certainement par son sens de communication, mais dans une élection à un tour, je crois que c'est avoir des œillères que de
penser que le monsieur ne va faire que fragiliser les voix du nord, sans compter celles de l'opposition qu'il va diviser. A mon sens, Kofi comme candidat était plus un bon joker pour Faure que le
contraire, par sa capacité a grignoter des électeurs à l'opposition au sud. Il y a des projections à faire et les spécialistes peuvent bien le faire. S'il y a eu interférence (tiens, le monde est
petit) politique, c'est alors dû à une rivalité personnelle, qui nuit malgré tout à la stratégie politique du pouvoir en place. Si c'est des antagonismes personnels qui ont mis hors de course
Kofi, là alors mon désarroi est profond. Depuis l'indépendance de notre pays, et même avant, toute notre destinée est prise en otage par des luttes de personnes, qui ont de l'intéret supérieur de
la nation que mépris et désinvolture. Les rivalité Olympio-Santos-Grunisky, les rivalités Grunisky-Meachi, les rivalités Olympio-Eyadema, les rivalités Gilchrist-Eyadema, les rivalité
Agboyibor-Edem Kodjo, Gilchrist-Yamgnane, et maintenant, s'il faut en croire Kalif, Yamgnane-Bodjona ont pourri ce
pays. Comment bâtir une nation si les fils du même pays peuvent sacrifier à l'autel de leur fantaisie (c'est le mot juste) la marche en avant de tout un peuple?
Dur dur d'être togolais, parfois.
Maintenant, que faire? Appeler à manifester ou jouer au trublion comme le fait Yamgnane en ce moment en mettant en accusation les FAT est pitoyable. L'homme qui prétendait avoir les moyens pour
faire basculer le changement au Togo fait alors montre d'une manque d'imagination affligeant.
J'ai ce matin, envoyé quelqu'un pour voir l'ampleur de la marche. A 9h, il y avait à peine 50 personnes en attente, pas d'organisateurs en vue. Une sorte de raclée sévère. Et une marche pour
demander la démission d'un ministre, alors que c'est la cour suprême qui a rendu sa décision est une insulte à cette cour. Comme je ne cesse de le dire, en reprenant ce vieux proverbe: lorsque
que quelqu'un fait semblant d'être mort, il faut faire semblant de l'enterrer. la cour constitutionnelle a ces derniers temps montré des signes d'indépendance, il faut la prendre au mot et
continuer à se battre sur le plan juridique. Les décisions de cette cour n'étant passible d'aucun recours national, Kofi peut faire saisir la cour de justice de la CEDEAO, ou la cour de justice
et des droits de l’homme de l’UA. Pour l’UA, c’est plus compliqué car il faut au préalable laisser une communication à la commission africaine (le Togo a ratifié le protocole portant création de
cette cour). Intérêt d’une telle démarche, d’abord le dédommagement (si jamais la cour lui donne raison), et ensuite, l'effet jurisprudence. Il faut qu’on commence en Afrique à utiliser l’outil
juridique pour résoudre nos problèmes, mêmes politiques. La loi est faite pour être appliquée. Lorsqu'elle est appliquée par une institution nationale, si on est pas d'accord, on épuise les
recours, jusqu'aux institutions supra-nationales. Quelle démocratie batissons-nous si chaque fois qu'une décision nous indispose, on appelle à manifester. En posant la candidature, tous le monde
savait que la cour constitutionnelle allait décidé en dernier recours. Si on n'avait pas confiance en l'impartialité de cette cour, il fallait la récuser avant, et non après.
Pour revenir au recour devant une cour communautaires, un tel recours, qui va durer des années, et qui ne remettra pas Kofi en selle, aura le mérite de pondérer quelque peu l’engagement de certaines de nos institutions.
La seconde solution qui reste à Yamgnane est celui de cathaliseur. S'il aime son pays et veut le meilleur pour lui, il peut désormais silloner les états majors des partis politiques pour inciter les leaders de ces partis à la coalition. A défaut d’être le messie, il peut être l’ange Gabriel. Y a-t-il une chance à cela ? Difficile à dire. D’une part parce que l’homme a tellement été virulent contre les autres partis, s’est tellement désigné comme indispensable que je pense que son éviction contente certains (c’est malsain), et d’autre part parce que les égos surdimensionnés n’ont pas disparu avec le départ de Gilchrist Olympio. Il est scandaleux que Fabre, lors de sa première sortie médiatique, demande aux autres partis de se joindre à lui pour un changement au Togo. C’est curieux, c’est à se demander si ces gens n’ont pas « attaché la bouche » avec le RPT contre l’instauration de bases concrètes de démocratie au Togo. Suite à la sortie malheureuse de Gil sur RFI, tout le monde avait unanimement condamné son outrecuidance. Il faut croire que certaines personnes vivent dans une bulle, et n'écoutent pas leur propres électeurs.
Donc, difficile de dire à quoi va servir Yamgnane, puis qu’il n’a même pas de parti politique avec des militants à former et à mobiliser. J’ai bien peur que la Bretagne ne lui tende les mains de nouveau.
Par ailleurs, sur le terrain, c’est la veillée d’armes. Enfin, manifestement, pour le gouvernement. Les grands travaux ont réellement commencé. Lomé est en chantier, le pays vit au rythme des pelleteuses et des pioches, il ne se passe pas de jour où on ne jette pas la première pierre de tel ou tel projet. Il y a seulement un détail qui me choque, c’est d'imaginer qu’on ait pu retarder volontairement le démarrage de certains chantiers rien que pour les lancer à ce moment là. C’est malsain. Mais c’est, tiens, ils appellent ça la stratégie de campagne.
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2001. J'étais en deuxième année (enfin, je crois) à saint-cyr, et nous avons
reçu Kouchner pour un des inombrables amphis où se forge cet esprit franchouillard qui se retrouve transversalement chez tous les militaires français. L'homme n'est pas très grand, (par rapport à
moi), mais dégage un tel magnétisme, et une telle force de persuassion, qu'à la sortie de l'amphi, il m'avait, je ne dirai pas conquis, mais convaincu. Il nous avait parlé du droit, voire même du
devoir d'ingérance. Il soutenait qu'aujourd'hui on ne pouvait pas laisser n'importe quel petit dictateur massacrer tranquillement sa propre population, sous le motif de souveraineté nationale.
Autant la communauté internationale a le devoir d'assister les victimes d'une catastrophe naturelle dans un pays souverain (ou des miséreux, c'est selon), autant cette même communauté se doit
d'intervenir pour arrêter les criminels. Ce développement m'avait paru juste. L'ingérance ne doit pas se faire dans un seul sens. On ne peut pas demander à la communauté internationale de
construire entièrement nos pays, et se plaindre d'ingérance quand ils nous disent comme mener notre politique. Il nous faut nous affranchir de l'assistance.
Ah! bénis soient les chercheurs de pitance, car la politique togolaise
ne les concerne pas. Bon, là, je blasphème.
En pensant au traitement de cette sombre histoire concernant notre participation à
la CAN 2010, un souvenir me remonte à l'esprit. C'était en 2007 (je crois) j'étais encore en poste à Kara et je venais à Lomé en mission. C'était la finale de la CAN -17ans, Togo-Nigéria. Et je
suivais le match à la radio, tout en abordant les hauteurs nord de Lomé. Tout d'un coup, la villa a été plongée dans le noir. C'était impressionnant car j'étais sur les hauteurs d'Adetikopé (pour
ceux qui connaissent), Je me suis dit, le groupe va reprendre. Il doit y avoir un groupe (même deux, l'évenement est important) prévus pour une situation pareille. Il a fallut attendre près de cinq
minutes, pour que la CEET (donc compagnie nationale) remette le courant et permette la fin du match. La coupure avait intervenu juste après que le togo ait encaissé un but, à la 85ème minute, et
des esprit malveillants avaient même avancé l'idée d'un sabotage. Donc le courant est revenu 5mn plus tard. Le match s'est poursuivi jusqu'à la fin, puis au debut de la cérémonie de cloture,
patatra, recoupure de courant, cette fois-ci pour longtemps. J'étais furieux, pour l'image que ça donnait sur le plan international de notre pays, et je me consolais uniquement à l'idée que les
responsables de cette infamie prendraient, dès le lendemain, une raclée exemplaire pour leur manque de prévision.
Avant toute chose, j'aimerais remercier tous ces anonymes qui se sont
intéréssés à moi durant ces quelques jours d'interruption (volontaire) de tenue de mon blog. La vérité, douloureuse, est que j'étais là à tourner dans la ville de Lomé, à courir derrière ma
pitance, car il faut bien vivre. C'est rafraichissant de savoir que des hommes, ces autres moi, à travers la planète, me suivent, lisent mes billets d'humeur, et font pire, -il faut le vouloir
quand même - aiment ça. Merci à vous. Merci à vous surtout, Togolais qui suivez mon décryptage de notre actualité commune avec intéret. Rassurez-vous, je n'ai reçu aucune pression. Enfin, si,
une quand même. Celle, lancinante, du ventre.
A la seule condition que la CAN soit annulée (les autres
équipes décidant de boycotter l'évènement), nous devons prendre part à cette compérition. Le Togo doit participer à cette CAN. Pas forcément les joueurs ayant vécu la tragédie, enfin, il y en a
certainement qui sont très affectés et qui devront bénéficier d'un soutien psychologiques, mais même s'il faut prendre des handicapés moteurs à Lomé pour envoyer sur le terrain. Nous devons être à
cette CAN, pour occuper notre place, pour honorer nos morts, leur dire combien nous les aimons, et combien nous leur montrons que refusons que leur mort soit vaine. Jouer pour ne pas laisser les
terroristes nous vaincre, pour ne pas laisser la barbarie l'emporter sur le droit et nos valeurs. Refuser de jouer, c'est capituler. C'est réculer devant "le pouvoir de la force". Et ça, nous ne
pouvons, nous ne devons l'admettre.
Le 11 décembre dernier,
annonce par le chef de l'Etat de la mise à disposition, au barreau togolais, d'un fond d'aide juridictionnel de 250 millions de nos francs:
L'annonce a été faite lors du discours de fin d'année du
Président.
Même si quand je sors dans la ville, c'est pour courir derrière les affaires et gagner pitance,
il n'en reste pas moins que je suis d'un oeil surpris le déroulement de la précampagne au Togo.






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