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Autant j'ai parfois, dans mes analyses, été sévère contre le leader historique de l'opposition, autant le sort que lui a réservé ses militants le samedi dernier me
parait revoltant, injuste, et particulièrement humiliant pour quelqu'un qui, toute sa vie durant, a consacré son temps à lutter contre le régime en place au Togo.
Certes, ses choix ont parfois été contestables, lorsqu'ils ne flirtait pas carrément avec le terrorrisme, mais il ne m'appartient pas de le juger, d'une part parce que la justice est là pour le faire, et d'autre part parce que ses motivations étaient d'un ordre que je n'appréhende pas forcément. Mais de là à être soumis à une telle opprobe, cela dépasse l'entendement.
En réalité, que les jeunes militants conspuent le leader du parti à son arrivée au meeting. Je le comprends aisement. Il est vrai que l'attitude de ce dernier, qui n'a au démeurant jamais changé (Gil est le spécialiste des réactions inattendues, imprévisibles, enrobées de cette suffisance qui le rend si inaccessible) ne pouvait pas lui attirer la sympathie de la masse plus prompte à interpréter qu'à analyser.
Mais que les leaders n'aient pas saisi le danger contenu par cette réaction épidermique de quelques jeunes en mal d'action, voire montés par quelque main mystérieuse, c'est là que je ne comprends plus nos politiciens. (enfin, je le dis tout le temps)
Ah! le panache que cela aurait été, de voir Fabre fendre la foule, allez extirper son mentor de la cohue, et le ramener triomphalement sur le podium. ça, c'est le panache.
La ruse politique aurait voulu au moins qu'ayant manqué de panache sur l'instantané, que les leaders du FRAC condamnent aussitôt après la minifestation l'agression dont a été victime Olympio, tout en insistant sur la nécessité de sauvegarder l'unité du parti.
En se laissant emporter par cette guéguerre aux conséquences désastreuses pour leur image, ils ont renforcé leur isolement, continuant à donner l'impression, vu de loin, qu'ils forment une bande de copains capricieux voulant avant tout garder le haut du pavé.
Comment diable condamner le pouvoir en place pour l'intransigeance dont il fait preuve à votre égard, si vous mêmes vous user des pratiques si peu chevaleresques envers celui-là qui (quelques soient ses défaut) vous a sans doute donné de la visibilité.
Comme on le dit quelque par chez nous, le singe sale se mange en famille, si seulement ils décidaient de le manger entre eux, leur macaque, tout en donnant à l'extérieur des signes d'unité.
C'est le Togo (puis que la presse internationale ne parle que de ça) qui gagne, quand ses fils font preuve d'un si remarquable flair politique.
Allez, je vais dormir. Qu'ils se le partagent en public, leur o na zo*.
* les Togolais, surtout de Lomé, connaissent ce sckecht où un gibbon hurle, en courant: o na zo! o na zo!
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