
Plongé comme je le suis ces derniers temps dans la consolidation de ma société de sécurité,
je n'ai pas été très présent sur mon blog, encore moins sur internet. L'actualité n'était pas mon grand souci, quand l'appel du ventre est fort. Donc il a fallu que Bertrant passe chez moi ce soir,
dans mon bar où soit dit en passant on peut désormais consommer des viandes dites rares (reptiles, chauves-souris, grenouilles et autres bizarreries) pour que je sois informé de cet entretien
accordé par le patron de l'UFC à Alain Foka. Je n'ai donc eu aucun mal à récupérer le podcast (ah!, merveilleux podcast. Cliquez
ici) pour écouter cet leader politique que jusqu'alors je cernais assez mal, enfin, concernant ses idées.
Je dois dire que je suis assez déçu de ce que j'ai entendu. Ne faisant pas de politique ( je ne me connais pas de conviction, mais ne me demandez pas qui je vote) et étant assez critique de ceux
qui en font (c'est bien facile, j'en conviens), j'attends de ceux qui décident de consacrer leur vie à cette carrière, une hauteur, un nationalisme, et une profondeur d'esprit largement au-dessus
du lot. J'ai malheureusement eu l'impression, en l'écoutant, qu'il n'avait pratiquement rien à nous proposer. Le fait qu'il soit populaire suffisant manifestement a légitimer son efficience future
à la tête de l'Etat. Remarque, on pourrait lui trouver un certain angélisme; les hommes politiques étant plutôt spécialite des programmes (politiques, tiens) mirobolants.
Pour être plus sérieux, Je pense qu'un homme politique, un chef d'un parti politique doit avoir une bible, celle de son programme politique, de son projet de société. C'est son leitmotiv. Il doit
pouvoir le dégainer comme une cowboy joue de son revorler. Et Monsieur Gilchrist, à cet exercice là, n'a pas réussi à nous dire ce qu'il entend faire s'il venait au pouvoir. Ne pas être parvenu à
dire ce qu'il réserve à la société togolaise s'il prend le pouvoir, et dans combien de temps les résultats commenceront à se faire ressentir, est à mon sens, sa plus mauvaise sortie.
Quand je parlais de profondeur d'esprit, je voulais dire que je m'attendais à ce que le leader d'un parti aussi important que l'UFC évite de se préter au jeu de l'homme de rue que voit tout son
malheur dans l'état des routes au Togo, parce que justement c'est celles-là qu'il utilise pour aller travailler. Les infrastructure ne sont pas les premiers problèmes des togolais, enfin, à mon
sens.
Dans ce entretien, je n'ai pas entendu parler du Togo, de l'idée de notre pays. Mais plutôt de cette éternelle vandetta qui n'en finit pas.
Et que d'erreurs! que d'e bourdes! Le Togo, pays souverain, a une gouvernance. Elle est peut être mauvaise pour certains, (et bonne pour d'autres. hé! hé!) mais la mauvaise gouvernance est
différente de la gouvernance tout court. Dire qu'il faut une gouvernance au Togo, c'est peu comme si nous baignions encore dans les régime d'exception des années soixante dix. Bref.
Assoli n'est pas un village, mais une préfecture, mitoyenne à celle de la Kara, mais assez éloignée de Pya, le village d'Eyadema.
On ne peut pas dire que tout au Togo est accaparé par une ethnie et une famille. Le dire est une injure aux Kabyè qui, comme la majorité des Togolais, vivent dans la précarité. Par ailleurs, les
événements de ces dernières années devraient inciter à nuancer le propos. Ramener tout à cette vendeta, même si on s'en défent, est malsain pour l'évolution des mentalités. Des milliers de Togolais
ont perdu la vie dans l'édification de la nation togolaise. Il nous faut un devoir de mémoire, une fondation du souvenir. Beaucoup de togolais sont morts pour le Togo, il n'y en a pas qui se sont
plus sacrifiés que d'autre, la vie humaine étant précieuse, et d'égale valeur. Et nous devons honorer leur mémoire. L'édification de notre nation est à ce prix.
Eyadema a pris le pouvoir au togo en 1967, nous sommes en 2009. Le régime Eyadema a donc duré 42 ans, et non 45, comme le dit Olympio. En insistant sur 45 ans ans, on doit comprendre que le seul
régime de référence pour le président de l'UFC, c'est celui de son père. Les quatre ans de Grunisky au pouvoir ne comptent pas. Et pourtant, on ne parle plus de vendetta: Enfin, il parait. non?
Certes, Gilchrist a retrouvé quelque fois les réflexes de l'homme politique qu'il doit être. Quand le journaliste lui demande d'expliquer pourquoi il disait, en 2006, que le CAR était inféodé au
RPT. Il pratique cette bonne technique de l'esquive, mais il tombe dans l'amnésie. Agboyibo a été nommé suite à l'APG, avant les législatives. Donc logiquement, avant ce vote qui a consacré une
fois pour toute la morts des autres partis de l'opposition togolaise. Dire que le bélier noir a usurpé en 2006 une place qui revenait de droit à l'UFC du fait des résultats électoraux est un
non-sens.
Pour finir, il y a cette condescendance insoutenable envers les autres leaders politiques togolais. C'est cocasse, à y regarder de très près. Et ceci, pour deux raisons. La première, c'est que M
Olympio reconnait que dans le paysage politique togolais, il a le même poids que le RPT. Donc le RPT n'est pas un parti vomi par le peuple, comme il a coutume à le dire. Par conséquent, dans une
élection équitable et transparente, en jouant sur les consciences (surtout pour une élection présidentielle où on mobilise pour moins de candidats) ce parti peut donc le battre à la régulière (la
différence ne jouant que sur des détails, qui peuvent être de monticules d'espèces sonnantes et trébuchantes: mais c'est de bonne guerre).
La seconde raison est qu'en 1993, le CAR était le parti le plus populaire de l'opposition au Togo. 15 ans plus tard, ce parti n'est que l'ombre de lui-même. Donc la roue tourne, monsieur Gilchrist
Olympio. Et le Togo, lui, reste. Si on pensait à lui, parfois, hein?
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