Mardi 19 janvier 2010
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Avant toute chose, j'aimerais remercier tous ces anonymes qui se sont
intéréssés à moi durant ces quelques jours d'interruption (volontaire) de tenue de mon blog. La vérité, douloureuse, est que j'étais là à tourner dans la ville de Lomé, à courir derrière ma
pitance, car il faut bien vivre. C'est rafraichissant de savoir que des hommes, ces autres moi, à travers la planète, me suivent, lisent mes billets d'humeur, et font pire, -il faut le vouloir
quand même - aiment ça. Merci à vous. Merci à vous surtout, Togolais qui suivez mon décryptage de notre actualité commune avec intéret. Rassurez-vous, je n'ai reçu aucune pression. Enfin, si,
une quand même. Celle, lancinante, du ventre.
Voila, merci à vous, blogueurs et internautes du monde entier.
Pour revenir à cette histoire de référendum, un trait de l'actualité de ces derniers jours m'a particulièrement surpris. Il s'agit du rejet massif, par les Martiniquais et les Guyanais, d'une
augmentation de leur autonomie. Ce référendum, organisé suite aux mouvements sociaux de l'année dernière, était sensé baliser le terrain pour une plus grande "indépendance", donc responsabilité des
habitants de ces territoires. Je m'attendais plutôt à un Oui massif, si on s'en tient aux récriminations proférés par les MArtiniquais, lors de ces mouvements de grève, contre la métropole. Mais
que neni. Ils ont rejeté l'autonomie, sous le prétexte que l'Etat risque d'abandonner certaines aides publiques, notamment le précieux RMI qui fait vivre des centaines de jeunes Guyanais que j'ai
rencontrés lors de mon stage commando en guyane. Comme quoi, le syndrome de l'aide n'est pas uniquement ancré dans l'esprit de nos compatriotes, comme je l'avance trop souvent.
Je pense que les Martiniquais et les Guyanais, ont surtout jeté un coup d'oeil sur la situation de certaines iles, coupées en deux par les aléas de la lutte pour l'indépendance, et qui présentent
aujourd'hui une situation contrastée. Haïti (je prépare un billet sur le drame qui s'y déroule) et Saint-Domingue, et surtout, surtout Mayotte et Anjouan. Deux iles, deux pays présentant les deux
faces de janus. Les Martiniquais ont certainement regardé la situation des Anjouanais, où les gens cherchent le diable pour lui attraper la queue (des centaines de milliers de candidats à l'exode
vers Mayotte), et Mayotte, rayonnante, pimpante, attirante comme une naïade immaculée. Voila à mon sens, ce à quoi ont pensé les partisans du oui. Faut pas être fou tout de même, Sekou Touré
n'avait rien compris en disant qu'il préfère la liberté dans la pauvreté, à l'esclavage dans la richesse (enfin, je paraphrase). S'il avait un peu mieux écouté son peuple, il aurait entendu
certains lui dire, comme aujourd'hui on le dit partout:
- Indépendance là, on mange ça?
Cette année, plusieurs pays de l'Afrique noire francophone fêtent les 50 ans de leur indépendance, indépendance qu'ils ont eu après le oui (massif, tiens, l'histoire est si têtue) accordé à de
Gaulle en 58 pour la communauté française. 50 ans après l'indépendance des nos pays, que se passera-il si on reprenait le référendum de 58, où on demandera aux Africains non plus l'adhésion à une
communauté française, condition à l'accession à l'indépendance, mais plutôt l'accession au statut de territoire d'outre-mer?
Pour une fois, je pense que je serai partisan de la fraude électorale...au nom d'une certaine idée de l'honneur et de la fierté.
Allez, ajoutez de la vie à vos jours. Toujours.
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