Mardi 19 janvier 2010
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Ah! bénis soient les chercheurs de pitance, car la politique togolaise
ne les concerne pas. Bon, là, je blasphème.
Notre actualité politique est si foisonnante ces derniers jours qu'on en a le tourmi. C'est néanmoins l'affaire de la case familiale dont je parlais dans l'article précédent. Où sont-ils, ces
enfants supposés vouloir construire la casa?
Une chose surprenante, et terrifiante, tout de même: c'est l'absence de Faure à son adoubement par son parti, le RPT, le 12 janvier dernier. En effet, lors de la convention du parti qui a vu la
désignation de son président (Faure Gnassingbé) pour défendre ses couleurs à l'élection présidentielle, le président s'est fait représenté Foli Bazi Katari. Je me trompe peut être (et je l'espère
vraiment, car j'ai toujours pensé que la politique doit se faire à l'intérieur de grands partis, seuls capable de transmettre les valeurs citoyennes aux masses, surtout quand celles-ci sont
majoritaiment illétrées comme c'est le cas chez nous) mais il faut donc croire que cette campagne présidentielle qui se profile à l'horizon, ne sera pas menée par le RPT, mais par le collectif
d'associations qui oeuvre déja sur le terrain. Le résultat électoral peut, peut être, être sensiblement le même quant à la finalité (réélection de Faure), mais l'animation de la vie politique, et
surtout la formation des militants (seul gage de l'implantation de la démocratie dans nos pays) s'en trouveront fortément compromis. C'est tout de même un choix surprenant, parce que malgré tout ce
que les détracteurs de ce parti disent de son rejet par le peuple, le RPT reste une fabuleuse machine de propagande et d'occupation du terrain, surtout celui de l'intérieur.
Second coup de massu de ces derniers jours sur le plan de la politique togolaise, c'est la mise à l'écart par la maladie, du célèbre (un chouillat trop même) opposant togolais. Terrassé par la
maladie, Gilchrist se trouve ainsi obligé de passer la main. Mais décidement, et je le dirai avec regret, ce monsieur ne rentrera jamais dans mon estime, car voici donc un politicien qui, terrassé
par la maladie, se voit obligé de désigner un de ces lieutenants à mener la lutte à sa place. Mais au lieu, dès ce moment, d'apporter tout son soutien au nouveau candidat, et ventant par exemple
ses mérites chez les militants pour augmenter sa côte de popularité, il s'emploie à dire qu'il reste le candidat du parti, et qu'il reviendra rapidement aux affaires dès qu'il sera rétabli. Le
communiqué signé par lui même sur le site internet du parti est revoltant (je n'ai aucune
accointance avec ce parti, mais je milite pour un gentlemen agreement en politique).
Du coup, on se retrouve devant une situation où les clivages, qu'on savait imporant à l'intérieur de ce parti, risquent de se reveler au grand jour. Les Partisans de Fabre ne vont plus vouloir se
contenter des seconds rôles, d'autant plus que si Gil ne se présente pas à ses élections, il ne le pourra sans doute plus jamais. La fin annoncée de l'UFC est justement liée à la personnalité de
son leader, car il ne faut pas se leurrer, depuis longtemps, le fond de commerce de ce parti a toujours été Gilchrist. Les gens l'ont adulé, vénéré, sans avoir jamais rien connu de sa valeur
réelle, de sa compétence en politique. Parce qu'il était Olympio, et parce qu'une partie du peuple, par un phénomène de sublimation collective, l'avait intimement associé à l'alternance politique
au togo. C'est uniquement ces dernièrs temps, quand avec l'apaisement sur le plan politique, les vannes se sont ouvertes, que tout le monde, et les jeunes surtout, se sont rendus compte que
derrière l'icone, se trouvait....tiens, un homme. Un homme avec ses calculs, ses sacfrifices aussi, sa soufrance et ses ambitions, sa grandeur d'âme et son indicible égocentrisme. Bref, un homme,
comme nous tous. Dieu déchu donc, qui risque d'emporter son parti avec lui.
Pour le reste, les jeux risquent, à l'image du Gabon, d'être faits avant même le scrutin. Car si, comme je le dis plus haut, le poids lourd de l'opposition (du fait de son seul nom) s'est retiré,
on voit mal comment une opposition divisée aurait la moindre chance de créer la surprise lors d'un scrutin uninominal a un seul tour.
M Alipui, du GRAD, a certes tenté, dans la nuit du 17 janvier, de réunir tous les candidats déclarés pour une hypothétique désignation d'un candidat unique, mais la preuve que la constuction de la
case familiale n'intéresse personne, les candidats n'ont envoyé que leur lieutenant (que dis-je, caporal), à cette assise qui pourtant est capitale pour la vie politique de notre pays durant les 05
prochaines années.
Hier, un ami, pour s'amuser me demandait si la malédiction de Cham ne poursuivrait pas le Togo. Je lui ai dit que non. A l'époque, le Togo n'existait pas. Mais à regarder de près, et à interroger
notre histoire personnelle, combien sommes-nous à avoir regardé la nudité de nos parents.
La clef se trouve peut être de ce coté.
Vive le Togo, sans les togolais de notre époque. Moi y compris, sans aucun doute.
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