Dimanche 31 janvier 2010
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Je me souviens
qu'au lendemain de cette attaque, j'avais soutenu (Et j'étais bien le seul malheureusement) que le Togo devait jouer. non pas pour gagner, mais pour ne pas faire le jeu des terroristes. Pour ne pas
céder. Ou alors, faire pression pour que la CAF annule cette CAN. J'avais été le seul à avoir une telle position.
Ensuite, dans un autre post, j'avais souhaité que des mesures de rétorsion soient prisent contre toutes les personnes (physiques ou morales) qui seraient responsables de la tragédie de Cabinda. Une
commission d'enquête et des plaintes devraient au moins être annoncées soit par le gouvernement (c'est lui qui a pris l'initiative de faire ramener les joueurs) et par les familles des
victimes.
Aujourd'hui, la CAF a décidé de suspendre le Togo pour interférence politique. Bien entendu, ma fibre patriotique en prend un coup. Quand on a pleuré ses morts, se voir en plus sanctionné est
injuste, et inhumain. Il y a au moins un fait, c'est qu'on s'est fait tirer dessus, et nous n'allions pas dans notre champ. C'est irritant que la CAF n'aie pas tenu compte de cette circonstance
atténuante.
Au dela de ma fureur toute patriotique, si je me permet d'analyser tout ceci avec froideur et distance, on comprend un peu la position de la CAF.
Primo: Voila un pays (c'est du mien qu'il s'agit) qui emmerde les instances du football mondial depuis plus d'une dizaine d'années. En le suspendant pour huit ans, la CAF est bien tranquille pour
organiser ses futures compétitions. La multiplication des incidents liés au Togo agace.
Secondo: La CAN est finie, sans aucun autre incident majeur en Angola. N'oublions pas que ce pays vit quand même en paix depuis une dizaine d'année. Ceci confronte l'hypothèse d'attentat (certains
sites ont soulevé cette thèse) visant exclusivement l'équipe togolaise. Des journalistes ont dit que l'envoyé du ministre du sport chargé d'organiser les déplacements de l'équipe nationale s'est
fait piégé par un membre de la FLEC qui lui a suggéré la voie routière pour réjoindre Cabinda. Tout ça est à vérifier (d'où une enquête), mais le fait qu'il y ait zero ménace en dehors du drame
togolais confrote la CAF dans son choix de l'Angola. S'il y a eu des erreurs, ce n'est que du coté togolais.
Tertio: L'interférence. L'absence et le manque de professionalisme d'une Fédération Togolaise de Football nous a une fois encore conduit au désastre. L'interlocuteur de la CAF dans les pays, ce
sont les Fédérations Nationales. Si la décision de faire revenir les joueurs avait été celle de la FTF, nous n'aurons jamais eu ce genre de problème. Le gouvernement n'avait qu'à faire pression sur
la Fédération pour qu'elle fasse rapatrier les joueurs. Normalement, nous avons suffisamment de spécialiste des textes de la CAF pour savoir que le gouvernement n'a pas à faire interférence dans ce
domaine. C'est curieux tout de même. Quand il s'agit du foot, on voit tous les fonctionnaires du ministère des sports s'agiter dans tous les sens, et quand il faut s'occuper d'une autre discipline
comme le Canoe-kayac qui nous a pourtant donné la reconnaissance internationale, c'est le vide total. Cette interférence, et la dureté des propos qui ont été tenus par des officiels à l'endroit de
la CAF ont certainement amené les membres du bureau à se montrer aussi sans complaisance.
Quarto: Le menace de poursuite judiciaire. La CAF a certainenement peu apprécié la plainte posée contre elle au tribunal de première instance à Paris (pourquoi Paris d'ailleurs, je pensais que tous
les tribunaux avaient la compétence universelle). Elle a donc opté pour la manière forte.
Maintenant, que faire pour ne pas perdre la face? Bien entendu, faire appel de la décision auprès de la TAS, mais vue la gravité de la décision, je doute que les juristes de la CAF n'aient pas
bétonné de ce coté.
Pour l'honneur national, je serai pour une décision nationale suspendant la Fératation nationale de Football de toute participation aux compétition de la CAF. Ca, ce serait de l'interférence, et
une bonne réponse du berger à la bergère.
Un seul problème: Quel politique est prêt à se risquer la responsabilité du sevrage au peuple togolais, des seuls instants de communion partagnée qui forgent son unité?
Vaste débat.
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