<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

		<link rel="hub" href="http://overblog.superfeedr.com" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
		<link rel="self" href="http://www.gerrytaama.net/rss-articles.xml" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
	
    <title><![CDATA[Terres togolaises, le blog de Gerry TAAMA (Info togolaises)]]></title>
    <link>http://www.gerrytaama.net/categorie-10714757.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Info togolaises&quot; du blog &quot;Terres togolaises, le blog de Gerry TAAMA&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://fdata.over-blog.net/1/08/44/51/avatar-blog-1001591427-tmpphplNe6SH.jpeg</url>
        <title><![CDATA[Terres togolaises, le blog de Gerry TAAMA (Info togolaises)]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/categorie-10714757.html</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Fri, 18 May 2012 03:12:38 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 18 May 2012 03:12:38 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.gerrytaama.net</copyright>            <category>Info togolaises</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[" Sois-toi même le changement que tu veux voir pour ton pays" mon discours au lancement du NET]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-sois-toi-meme-le-changement-que-tu-veux-voir-pour-ton-pays-mon-discours-au-lancement-du-net-104354954.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <!--[endif] -->
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;"><img src="http://img.over-blog.com/600x450/1/08/44/51/DSCF9748.jpg" class="noAlign" alt="DSCF9748.jpg" width="600" height="450"></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Mesdames messieurs les délégués, membres du NET</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Mesdames <span>&nbsp;</span>messieurs les journalistes</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Honorables invités</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Je voudrais commencer ce discours en plaçant ce parti que nous venons de porter sur les fonds baptismaux sous la protection de Dieu. Tous ici
    présent, nous venons certes de religions différentes, de confessions diverses, mais toutes ces croyances ont un dénominateur commun&nbsp;: Dieu. Puisse-t-Il donc nous protéger, nous accompagner
    dans notre action et permettre à tous ceux qui sont venus de loin de retrouver la quiétude de leur domiciles et familles. Puisse-t-Il surtout, bénir le Togo, et tous les Togolais. Notre pays,
    tout comme plusieurs pays de la sous-région, est à l’orée de grandes décisions concernant son avenir. Puisse le Tout Puissant nous inspirer pour faire le bon choix.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Je souhaiterais aussi particulièrement demander au Seigneur d’accorder une prompte guérison à M Noel Tadegnon, mon ami, et grand défenseur de la
    liberté d’expression au Togo. Je ne sais pas encore dans quelles circonstances il a été blessé par les forces de l’ordre, mais rien, absolument rien ne devrait plus jamais permettre de mettre
    dans cet état un Togolais, soit dans l’exercice de sa profession, ou dans l’expression de son opinion. La République que nous souhaitons bâtir devrait se départir de ce genre d’égarements.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">J’aimerais ensuite, si vous me le permettez, rendre ici hommage à tous ceux qui, par leur action et leur engagement, ont permis que le Togo soit.
    Je commencerai par tous ces peuples qui ont vaillamment résisté à la pénétration coloniale. On ne le dit sans doute pas dans nos livres scolaires, mais ma conviction intime est que tous les
    peuples au Togo ont lutté contre l’invasion du blanc. Certains ont pensé qu’il fallait apprendre sa science pour mieux le combattre, et d’autres, plus farouche, lui ont opposé les flèches et
    lances contre ses mousquets et autres arquebuses. L’histoire a, de droit, gardé le souvenir des martyrs, permettez-moi donc de célébrer ici la mémoire des guerriers Kabyè, losso, bassar,
    komkomba, tchokossi j’en passe et des meilleurs, qui ont donné leur vies afin que persiste dans notre conscience, la flamme de la résistance.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Je souhaiterai aussi rendre un vibrant hommage aux pères de l’indépendance, et ils ont été nombreux. Ceux que l’histoire nous a transmis
    s’appelaient Sanvi de Tové, Pa de Souza, Anani Santos, et surtout Aithson&nbsp;: remuant et déterminant. Le plus célèbre de tous, et sans doute le plus charismatique et le plus capable, était
    Sylvanus Olympio. Tous ces gens ont fait notre histoire, et nous devons honorer leur mémoire. Mais nous devons aussi honorer celle de tous les acteurs qui ont contribué à l’édification de la
    nation togolaise. Je citerai pèle mêle les populations de Lomé de l’époque coloniale, les femmes surtout, qui continuent à jouer un rôle déterminant dans notre société. Et tous ces hommes
    politiques, de tous les partis politiques&nbsp;: les chefs traditionnels du nord, les leaders du CUT, du PTP, du JUVENTO, de l’UCPN…. Je voudrais aussi saluer la mémoire de tous les anciens chefs
    d’Etat disparus. L’histoire a ceci de cruel qu’elle ne rapporte de ceux qui ne sont plus, que les conséquences de leurs actes, sans jamais aller à la rencontre de l’homme. Permettez-moi donc ici,
    de saluer la mémoire de Nicolas Grunisky, de Kleber Dadjo, de Gnassingbé Eyadema. Tous, chacun à sa façon et avec ses moyens, a cru concourir au bonheur du peuple Togolais. Chez moi, d’où je
    viens, un adage dit&nbsp; «&nbsp; qu’on ne parle jamais d’un défunt en mal&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Pour finir cette longue litanie d’hommage, j’aimerais ici, mesdames et messieurs, dire toute mon admiration pour ceux qui, depuis des années,
    incarnent la lutte politique au Togo. Je commencerai par le plus intrépide et le plus visible de tous, celui qui, depuis 20 ans, est resté inflexible sur ses principes, j’ai nommé Jean-Pierre
    Fabre. Comme vous le savez, j’ai souvent des points de vue divergents avec lui sur son approche, et c’est de bonne guerre, mais ne nous trompons pas, au rang de résistants de notre génération, je
    ne connais personne qui fait mieux que lui dans ce pays, et un hommage particulier doit lui être adressé. Je n’oublierai pas un homme politique que je considère aujourd’hui comme un ami
    personnel, et qui m’a subjugué par la pénétration de son esprit et sa clairvoyance sur les enjeux politiques de notre pays, un homme qui incarne à lui seul, l’histoire contemporaine de notre
    pays, cet homme, c’est M Agboyibo. Beaucoup d’injustices lui ont été faite durant son parcours politique. Je lui rends personnellement hommage. Il est un puits de savoirs et d’expériences, où
    nous autres jeunes loups nous pourrions trouver une source intarissable d’inspiration. Je rends enfin hommage à tous les martyrs, civils et militaires qui, depuis 52 ans, ont été sacrifiés à
    l’autel de la République. Puissions-nous, par notre engagement, rentabiliser leurs souffrances.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Je n’oublierai pas ceux qui ont permis que la salle soit comble aujourd’hui, à savoir les journalistes. Ils sont les seconds piliers de la
    république, avec l’école. Au Togo, ils travaillent dans des conditions exécrables, mais pourtant, ils conservent un enthousiasme que je leur envie secrètement. J’aimerais particulièrement que
    l’on fasse un ban à tous les journalistes togolais. Ils sont comme ce pays que nous aimons tant&nbsp;: dignes dans la précarité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Il y a aussi des délégués qui sont venus de loin, du Nord du pays, des pays limitrophes, Benin, Ghana, et j’en passe. Je voudrais aussi que vous
    leur fassiez un ban. Ils sont notre plus grande fierté.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">J’aimerais maintenant, si vous le permettez mesdames et messieurs, partager avec vous cette réflexion empruntée à Kennedy «&nbsp;" <strong>Sois
    toi même le changement que tu veux voir pour ton pays</strong>». Voyez-vous,</span> <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">l’histoire du Togo des vingt dernières années peut se résumer
    en ces quelques mots: un immense gâchis.<span>&nbsp;</span> En effet, alors que la lutte pour l’ouverture démocratique (avec son cortège de victimes) avait suscité un extraordinaire espoir chez
    les Togolais, il a juste fallu quelques années pour réaliser que les lendemains qui chantaient étaient encore loin.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Le résultat aujourd’hui est que notre pays est dans l’impasse. Comparé à d’autres pays de la sous-région, il est celui où la crise politique dure
    le plus longtemps. Il est celui où les institutions sont le plus inféodées au pouvoir en place. Il fait partie des pays où les performances économiques sont les plus mauvaises. Il est, pour
    finir, l’un des rares de la sous-région où la pauvreté progresse.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Le Togo va mal. Son développement est handicapé à notre avis par trois problèmes majeurs: une crise de confiance entre acteurs politiques, une
    mauvaise volonté politique de la classe dirigeante, et une faible organisation structurelle relative à 50 ans de gouvernance à la carte.<span>&nbsp;</span> Les manifestations sociales de 2011
    montrent avec éloquence que le malaise social est profond, et que l’explosion n’est pas loin. Pour autant, personne n’a intérêt à voir cette situation exploser, car toute révolution est
    imprévisible et incontrôlable. Les conséquences d’un tel déchainement de rancœurs enfouies pourraient être fatales pour la reprise économique et le tissu social du pays.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Une solution existe pourtant. <strong>L’engagement politique</strong>. Le dictionnaire Larousse nous dit que l’engagement politique est le
    «&nbsp;<strong>f</strong></span><span class="hlm"><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">ait de prendre parti sur les problèmes politiques ou sociaux par son action et ses
    discours&nbsp;</span></strong></span><span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">». C’est cela, notre engagement, le fait de prendre le parti sur les problèmes politique
    et sociaux de notre pays. Pourquoi&nbsp;? Parce que nous avons le suffrage universel, parce que tous les deux ou trois ans, nous sommes appelés à voter les leaders qui vont nous gouverner. Si
    notre choix n’est pas lucide, nous sommes autant responsables que ceux que nous croyons être à l’origine de nos souffrances. <span>&nbsp;</span>Mais ne nous trompons pas. Tout engagement doit
    avoir des objectifs. Et nous en avons, au NET. Au delà de ce que vous pouvez lire dans le manifeste que nous vous avons distribué, et qui rassemble les objectifs généraux, qu’on trouverait
    facilement dans tous les partis, nous les avons regroupés en trois grands ensembles&nbsp;: <strong>la lutte contre la précarité, la consolidation de la démocratie, et la refonte de notre système
    éducatif</strong>.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Les Togolais sont pauvres. En 2006, nous les pauvres, faisions 62% de la population. Aujourd’hui, en 2012, si l’on s’en tient
    aux déclarations de représentant résidant de la Banque Mondiale au Togo, il y a eu depuis, une augmentation de 500&nbsp;000 pauvres au Togo, portant le taux à 70% de la population. Il faut que ça
    cesse. Il faut inverser la tendance. Pour ce faire, et en attendant la publication de notre programme de société que le bureau ici présent ne va perdre le temps à s’y atteler, je vais vous
    présenter quelques pistes de réflexions qui nourrissent déjà le débat interne. La lutte contre la précarité devrait, sur le court terme concerner avant tout la réduction des coûts des denrées de
    première nécessité. Comment voulez-vous acheter le litre d’huile trois fois plus cher que son prix d’il y a à peine 5 ans, alors que votre salaire, lui, n’a pas bougé d’un iota. Comment voulez-
    vous acheter le carburant au même prix que les Maliens par exemple, alors qu’ils habitent à des milliers de kilomètres des ports d’où ils importent eux aussi leur carburant. Comment voulez-vous,
    quand vous allez au Benin à coté, passer plus de temps avec un appel téléphonique d’une carte de 2000F vers le Togo, que le temps que vous passez avec un achat du même coût, pour un appel local
    au Togo. Je m’arrêterai à ces exemple pour dire qu’il faut des mesures urgentes pour juguler la spéculation et la hausse anarchique des prix des denrées de base. Mais à moyen terme, il est
    évident qu’il faut élever le niveau de vie des populations togolaises, en doublant ou en triplant les salaires, et en subventionnant les entrepreneurs privés pour accompagner le mouvement. Vous
    me demanderez, mais avec quel argent&nbsp;? Celui que la corruption et le clientélisme aux plus hauts niveaux de l’Etat ponctionnent chaque année sur le budget national. Tous les économistes qui
    se sont penchés sur la situation togolaise sont presqu’unanimes qu’on peut récolter au minimum 200 milliards de francs CFA au Togo rien qu’en luttant contre la corruption érigée en mode de
    gouvernance. La masse salariale Togolais est de 114 milliard.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Sur le long terme, il est évident que nous n’assurerons notre vrai décollage économique que par l’accroissement des
    investissements directs extérieurs. Ceci créera des milliers d’emplois, dans des domaines aussi épineux que l’emploi des jeunes dans les zones rurales, la promotion des énergies renouvelables, la
    production de l’eau potable, et surtout fera éclore cette fameuse classe moyenne sans laquelle la consolidation de la démocratie est si difficile. Bien entendu, il faudra assainir le climat des
    affaires, et faire une vraie réforme de la justice.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Et là, j’aborde le second point des nos objectifs&nbsp;: <strong>la consolidation de la démocratie</strong>. Le président Obama
    a dit, lors de son passage au Ghana, que l’Afrique n’avait pas besoin d’homme forts, mais d’institutions fortes. Des institutions fortes et indépendantes sont les seuls gages d’une véritable
    démocratie au Togo. Et comme il est permis de le constater aujourd’hui dans plusieurs pays, démocratie rime souvent avec prospérité. Les réformes à mener pour retrouver les standards
    internationaux ne sont plus à lister. Tout le monde les connait. Ce qui est le plus difficile, c’est de trouver le moyen de faire ces réformes. <strong>La solution passe par la concertation et le
    dialogue, ou le passage en force.</strong> <span>&nbsp;</span>Personnellement, je n’ai jamais admis le refus du dialogue. Nous disons dans notre manifeste, que tout ce qui est bien pour le Togo,
    est bien pour nous. Et dans un pays comme dans une maison, les frères ne devraient jamais éviter de se parler. Aussi déplorons-nous toutes les positions tranchées prises à ce jour par tous les
    protagonistes à la crise togolaise. Prenez vos responsabilité, voila ce que j’ai envie de leur dire aujourd’hui. Vous tous, leaders politiques de tous bords au Togo, prenez vos responsabilité.
    Faites votre travail, remettez ce pays sur les rails, et nous en serons, nous les jeunes, la force motrice. Si vous ne le faites pas, nous prendrons votre place, dans cinq, dix, quinze ans, et
    nous vous montrerons comment faire, car nous autres, générations facebook et twitter, nous savons comme vivre ensemble dans l’adversité, la diversité d’opinion étant une force vivifiante. Mais si
    la voie du dialogue coince, le passage en force est toujours possible, pour peu que ce soit dans l’intérêt de la notion togolaise. Entre nous, qui irait manifester si demain, Faure décidait de
    limiter les mandats à deux, avec effet immédiat, si le mode de scrutin devenait uninominal à deux tours, si on faisait une réforme volontariste de notre système judiciaire, qui est encore assez
    mauvais. Il suffit simplement de se rendre compte que n’ayant pas de tribunal administratif, et les différentes chambres dans les cours d’appel et suprêmes n’étant que partiellement pourvus, un
    différent administratif peut passer près de 10 ans avant d’être jugé, pour avoir des sueurs dans le dos. Si le gouvernement actuel fait des réformes respectant les standards internationaux, le
    peuple togolais appréciera, et suivra, j’en sui convaincu. En 2011, le gouvernement a passé par force la loi portant réglementation des manifestations sur la voie publique. Certains partis de
    l’opposition avaient fustigé cette pratique, mais aujourd’hui, ces mêmes partis utilisent cette loi pour organiser les manifestions en semaine à Lomé et à l’intérieur du pays.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Quel que soit le gouvernement au pouvoir, la consolidation de la démocratie est possible, pour peu qu’il y ait de la volonté
    politique. Jerry Rawlings l’avait fait, à son époque. Il a doté son pays d’institutions fortes puis il a rendu le tablier. Nous pouvons le faire nous aussi, ici, maintenant.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Pour finir, le troisième objectif concerne la refonte de notre système éducatif. Le Togo reste un pays avec un taux
    d’alphabétisation très élevé, et ceci est un objet de fierté. Cependant, notre système fabrique de plus en plus des automates, qui assimilent plus l’enseignement livresque que ne le comprenent.
    Résultat, et pour cela il suffit de demander au directeur de l’ANPE, nous avons beaucoup de demandeurs d’emploi au Togo, mais peu sont qualifiés. Sur le cours terme, il faut refaire les états
    généraux de l’éducation nationale togolais. En se posant la question suivante. Que type de togolais voulons-nous avoir dans 20 ans&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Pour atteindre tous ces objectifs, nous avons plusieurs moyens d’action. Bien entendu, le premier est la conquête du pouvoir
    par les moyens pacifique. Mais cette ambition est encore embryonnaire. Nous sommes si jeunes, nous avons le temps. Mais nos moyens d’action véritable sont la <strong>formation militante, la
    sensibilisation citoyenne, et la solidarité nationale</strong>. Par formation militante, nous considérons que le Togolais qui ne comprend pas les enjeux politiques, jette son vote pas la fenêtre.
    Depuis longtemps dans ce pays, on nous a dit que le vote était identitaire. Regardez la composition de notre bureau directeur. De quelle région sommes-nous&nbsp;? Il existe deux régions au
    Togo&nbsp;: celle des vautours (ceux qui pillent le pays) et celle des misérables (cette <span>&nbsp;</span>misère étant soit matérielle ou psychologique). Il faut que le Togolais comprenne son
    vote, et pour ce faire, il faut le lui expliquer. Nous nous y attèlerons avec énergie. Notre siège est en même temps un centre de formation, et tous nos sièges, partout sur le territoire
    national, seraient conçus ainsi. Nos militants doivent maitriser les enjeux pour mieux convaincre, pour mieux susciter l’adhésion. Le second pilier est la sensibilisation citoyenne. Au NET, nous
    considérons qu’un mauvais citoyen est un danger pour le développement de son pays. Mais nous ne nous contenterons pas de dénoncer les attitudes inciviques, non. Nous irons dans vos maisons, sur
    vos espaces de travail, dans vos champs pour vous dire ce qui est bien pour le pays et votre communauté, afin que vous soyez de vrais acteurs de développement. Notre troisième pilier est la
    solidarité nationale. Au NET, nous considérons qu’il ne faut pas attendre d’être au pouvoir pour être utiles à sa communauté. L’entraide dans nos villages est un mode de vie. Nous devons pouvoir
    nous l’approprier, pour nous rendre solidaires avec ceux qui souffrent et vivent dans l’extrême précarité.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span class="hlm"><span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">J’ai commencé cette communication en empruntant une citation à Kenedy&nbsp;:</span></span> <span style=
    "font-size: 12pt; line-height: 115%;">" <strong>Sois toi même le changement que tu veux voir pour ton pays".</strong> Nous pouvons changer ce pays. J’en ai la conviction, vous tous qui êtes dans
    cette salle, vous en aviez la conviction, mais il ne suffit pas de le proclamer pour que cela soit. Nous disons ensemble, nous voulons envoyer des députés à l’assemblée nationale dès 2012. C’est
    possible, c’est réalisable. Mais il ne faut pas juste le vouloir. Il faudra des sacrifices, de la sueur, et des larmes parfois, pour y arriver. Certains parmi vous auront des doutes, parfois.
    D’autres retournerons leur veste, certains parmi nous ici, peut être sont en service d’information sur notre action. Tout ceci est normal. Mais voyez-vous, et je terminerai sur cette évocation
    religieuse&nbsp;: lorsque Jesus (pour les chrétiens présents dans cette salle) ramena Lazare du royaume des morts, ils ne dit pas à ces disciples&nbsp;: «&nbsp;Aidez Lazare à marcher, il vient de
    loin, de l’au-delà.&nbsp;» non, dès l’instant où Lazare avait le souffle de la vie, il lui a dit&nbsp;: Lazare, lève toi et marche. Aujourd’hui, si j’ai une chose à vous dire, mesdames et
    messieurs, c’est&nbsp;: «&nbsp;jeunesse togolaise dotée de raison, lève-toi et prend ton destin en main, lève toi et marche&nbsp;». Nous sommes 70 % de la population. Il y a 70% de pauvres dans
    ce pays. Pourtant, il faut juste 50% de Togolais pour élire nos gouvernants. Si nous continuons à avoir les mêmes dirigeants depuis des décennies, ce n’est plus eux qui ont un problème, mais nous
    plutôt.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">" Sois-toi même le changement que tu veux voir pour ton pays"</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;">Je vous remercie.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Apr 2012 21:57:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">dd1bf791de4eed7863d96c60be6602c7</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-sois-toi-meme-le-changement-que-tu-veux-voir-pour-ton-pays-mon-discours-au-lancement-du-net-104354954-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi moi, Gerry TAAMA, je m’engage en politique.]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-moi-gerry-taama-je-m-engage-en-politique-102462925.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Quand on est jeune (j’ai trente-sept ans) actif (je suis à la tête de trois petites entreprises qui ma foi s’en sortent bien), raisonnable et Togolais, il y un choix que personne ne peut, s’il a
    un peu d’estime pour vous, vous conseiller. C’est celui de faire la politique.
  </p>
  <p>
    Les raisons du rejet de l’engagement politique foisonnent. La première, et la plus évidente, c’est que dans l’imaginaire collectif, la politique n’est plus réservée aux personnes de qualités.
    Chaque fois que je me suis ouvert à un ami, à un parent, ou une simple rencontre de fortune, sur mon intention de faire la politique dans le futur, la réponse était toujours la même,
    cinglante&nbsp;: tu veux aller à la mangeoire toi aussi. Le Togolais à ainsi enlevé à son homme politique le crédit de la conviction, réduisant ce type engagement à un simple calcul vénal.&nbsp;
  </p>
  <p>
    L’autre argument pour dissuader l’engagement politique est son inefficacité. Les gens vous disent&nbsp;:
  </p>
  <p>
    &nbsp;- Nous, on a tout essayés, cela n’a rien donné. Regarde les Ginninvi, les Edem Kodjo, les Koffigoh, les Dahuku Péré. Mon fils, occupe-toi de tes affaires et laisse ces gens là continuer
    leur salade.
  </p>
  <p>
    L’autre référence que certains autres brandissent, c’est l’extrême rapacité du milieu politique. Je suis un ancien militaire, du nord Togo, &nbsp;ma mère est Kabyè, mon père nawda. On vous dit le
    plus sérieusement au monde&nbsp;:
  </p>
  <p>
    - Les militaires ne te laisseront pas faire. Et tu penses que les Kabyès et les barons te laisseront agir&nbsp;? Mon frère, oublie ça et consacre-toi à tes affaires.
  </p>
  <p>
    Pour finir cette liste non exhaustive d’arguments soulevés pour dissuader tout engagement politique, d’autres vous disent&nbsp;:
  </p>
  <p>
    - D'ailleurs, il y a trop de partis politiques au Togo. Pour un si petit pays, regardez le nombre de partis qu’il y a.
  </p>
  <p>
    Toutes ces personnes ont raison. En effet, si vous avez la chance, dans ce pays où le chômage est la chose la mieux partagée, d’avoir une petite situation qui vous permet de nourrir votre famille
    et de boire une bière au passage, quel intérêt d’aller risquer de perdre peut être tout cela sur un terrain où, comme l’a si bien dit quelqu’un, la cupidité et la duplicité sont transformées en
    code de conduite&nbsp;?&nbsp;
  </p>
  <p>
    Je vois trois raisons à cela.
  </p>
  <p>
    La première est que, quoi qu’on en dise, le développement de n’importe quelle société est du ressort de la politique. Parce que les pouvoirs exécutif et législatif sont les pilotes de la
    république, et que ces deux pouvoirs sont électifs, la politique reste le chemin royal pour améliorer de façon globale les conditions de vie des populations. Le lendemain des printemps arabes
    devraient nous édifier à ce sujet. Ce sont les jeunes qui ont fait la révolution, mais ce sont les politiciens qui se sont assis à la table de négociation. Vous avez un projet pour votre pays,
    vous vous sentez un destin national, vous devez faire la politique.
  </p>
  <p>
    La seconde raison tient à l’histoire particulière de notre pays. En octobre 90, les Togolais qui ont fait la révolution, et qui ont 22 ans de plus aujourd'hui, rêvaient d’un pays meilleur, pour
    eux, et pour les générations à venir. Presque un quart de siècle plus tard, la situation n’a pas véritablement changé. Pire, on dirait, (surtout suite au dernier constat d’échec du dialogue
    tripartite RPT, ANC, CAR) &nbsp;que le pays recule. &nbsp;Il y a six ans en effet, ces mêmes partis (enfin, les mêmes personnes) s’étaient réunis au dialogue togolais et avaient adopté l’Accord
    Politique Global (APG) balisant ainsi le terrain à une normalisation politique qui conduira, une année plus tard, à l’organisation des toutes premières élections apaisées au Togo. La douloureuse
    impression que l’on a depuis cette belle prouesse, c’est que la classe politique actuelle est dans une conspiration de l’immobilisme. Le parti au pouvoir, convaincu que tout ce qui retarde
    l’avènement d’une démocratie pleine et entière au Togo, avec des institutions fortes, indépendantes, et crédibles lui est profitable, ne s’empresse pas à aller à l’essentiel, c'est-à-dire à des
    réformes tous azimuts qui, si elles respectent les canons internationaux, peuvent être opérées sans forcément passer par la négociation avec l’opposition. Entre nous, qui au Togo irait manifester
    contre le gouvernement si le parlement adopte une révision constitutionnelle limitant les mandats, organisant les élections à deux tours, ou réformant la justice&nbsp;? Personne. De l’autre côté,
    notre opposition traditionnelle est restée dans une paranoïa compulsive, où le refus de négociation avec le pouvoir est érigé en code de conduite, le tout enrobé dans une violence verbale des
    plus avilissantes. Parfois, on se demande&nbsp;: tous ces hommes politiques voient-ils la misère de notre peuple, pour se risquer à des blocages à ne plus en finir&nbsp;? Il faut une de nouvelles
    voix pour porter celle du Togo
  </p>
  <p>
    La troisième raison est personnelle&nbsp;: &nbsp;je n’aimerais pas être un témoin passif, ou un complice de la situation. Dans une trentaine d’années, nous serons amenés à transmettre ce pays à
    nos enfants. Et ce jour, nous serons comptables de l’état dans lequel il est. Chaque génération à l’obligation de transmettre à la suivante un pays en un bien meilleur état que celui dans lequel
    il l’a trouvé en en prenant la charge. Certains objecteront que le gouvernement construit les routes, fait des grands travaux et que notre paysage change. C’est sans doute une excellente option
    que celle de l’actuel gouvernement, qui mise sur le développement des infrastructures de communication pour relancer l’économie. Mais ne nous égarons pas. Tant que le niveau de vie restera aussi
    bas (il continue à baisser même, si on s’en tient aux estimations de la banque mondiale au Togo), le décollage économique restera une chimère. Et le cas de la Tunisie devrait par ailleurs nous
    édifier. Les peuples ne se satisfont plus de construction de routes et d’hôtels. Le peuple se nourrit d’espérance, et de certitudes quant à son avenir.
  </p>
  <p>
    Donc, oui, c’est décidé&nbsp;: moi, Gerry TAAMA,&nbsp; je vais m’engager en politique. Je le ferai avec une formation qu’avec des jeunes enthousiastes comme moi, nous sommes en train de
    constituer, et qui sera dénommée, si l’assemblée générale constitutive du parti l’adopte, Nouvel Engagement Togolais. (N.E.T). Il faut, selon moi, un autre type d’engagement politique aujourd’hui
    au Togo. Cet engagement devrait reposer, en plus de la conquête du pouvoir par les moyens pacifiques et légaux, sur ces trois piliers&nbsp;: la formation militante, la sensibilisation citoyenne,
    et la solidarité nationale. (Je développerai tous ces points dans mes prochaines publications).
  </p>
  <p>
    Mon espoir est que cet engagement, comme celui des autres personnes qui sont avec moi, ou qui ont les mêmes projets, suscite par son approche, suffisamment d’enthousiasme dans notre société pour
    que dès 2012, les résultats se fassent sentir. Qu’une nouvelle génération rentre dans les conseils municipaux, préfectoraux et régionaux, que de jeunes inconnus entrent au parlement, pour
    qu’enfin la machine soit lancée et que dans 10 ou 15 ans, une nouvelle nation prospère voit le jour. Mais ne nous trompons pas. En 2012, ces jeunes là ne feront pas de miracles. En fonction du
    découpage électoral, et du mode de scrutin, ils sont condamnés à faire entrer dans ces instances là qu’un nombre limité de leur membre. Il faudra cependant qu’ils y soient, qu’ils y fassent leur
    preuve, qu’ils proposent des lois, qu'ils interpellent, avec effronterie et appétence, les ministres sur la gestion de la chose publique, qu’ils incitent à la création de commissions d’enquête
    parlementaires, qu’ils aillent sur le terrain, pour enfin dire le Togo tel que nous le connaissons, et tel que nous l’aimons.&nbsp;
  </p>
  <p>
    Je serai de ces jeunes là. Mais si j’y vais seul, je n’y serai pas, car le mur en face est si épais que non seulement il faut le pousser à plusieurs, mais aussi depuis plusieurs points. Il n’est
    pas tard pour que d’autres jeunes Togolais, surtout de la classe moyenne, se retroussent les manches et entrent dans l’arène politique. C’est à plusieurs que nous pourrons réécrire l’histoire de
    notre nation. Mais Il n’y a pas d’autres choix, nous devons y aller, pour que les 99% de la population togolaise, qui ne vit pas dans un luxe insolent, retrouve dans la politique, les germes de
    l’espérance qu’elle lui a naguère trouvée en 1990.
  </p>
  <p>
    Le temps joue contre nous. Mais l’occasion est propice. Jamais, dans l’histoire de notre pays, ses habitants ne se sont autant désintéressés de la politique. Jamais, nos leaders politiques ne
    nous ont autant déçus. Mais notre avenir est rivé à l’excellence de nos institutions, et à l’efficacité de ceux qui dirigent ce pays. Nous ne pouvons pas faire semblant de l’ignorer. Nous serons
    comptables devant les générations futures. C’est donc le moment d’y aller. C’est notre moment. Pour le Togo.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 29 Mar 2012 05:06:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e168bf4d3d97481537b48dfb3c910d46</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-moi-gerry-taama-je-m-engage-en-politique-102462925-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi est-ce que je soutiens Nibombé Waké ?]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-est-ce-que-je-soutiens-nibombe-wake-98984241.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQDdV_pwjpK1VTMt&amp;url=http%3A%2F%2Fi2.ytimg.com%2Fvi%2FekhoeA03wpU%2Fhqdefault.jpg" class="GcheTexte" alt=
    "http://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQDdV_pwjpK1VTMt&amp;url=http%3A%2F%2Fi2.ytimg.com%2Fvi%2FekhoeA03wpU%2Fhqdefault.jpg" width="300" height="225">Je me suis retrouvé mêlé dans cette
    affaire parce que, comme à mon habitude, je crois que toutes les causes sont bonnes à prendre.<br>
    Un jour, il y a environ un mois de cela, je retrouve dans un groupe facebook, une vidéo réalisée par le reporter Noel Tadegnon, et traitant vaguement d’une interview de Nibombé Waké. Au départ,
    je n’y prête pas trop attention. Ma connexion est trop faible pour lire la vidéo. Un peu plus tard dans la journée, un autre ami sur facebook me demande de diffuser cette vidéo depuis mon profil,
    comme tenu de la fréquentation de celui-ci. Je le fais, et aussitôt, les réactions fusent. Avant la fin de la journée, j’ai reçu plusieurs requêtes d’envoi de fonds à Nibombé. Je consulte l’ami
    qui m’a envoyé la vidéo. Très rapidement, l’idée de monter un comité de soutien prend forme. Avec la connexion 3G de Togocell, je finis par visionner la vidéo sur mon portable. Ce que raconte le
    monsieur est proprement hallucinant. C’est bon, il faut l’aider.<br>
    La suite ira très vite. Une rencontre est fixée avec lui. Nous sommes quatre, il répète la même histoire. Qui relève du cauchemar. Revenu de Cabinda avec une blessure par balle au mollet, il n’a
    jamais été pris en charge ni par la Fédération, ni par le gouvernement. Il a reçu en tout et pour tout 720 000 de l’ANC, assureur de l’équipe nationale lors du déplacement en Angola.<br>
    Comme à mon habitude, la machine s’emballe. J’appelle certains médias avec lesquelles j’ai des rapports. J’accompagnerai Nibombé à la TVT, ensuite, dans l’mission très suivie de Kanal Fm, le club
    de la presse. Le propos ne change pas, je suis toujours aussi bouleversé. Dans la semaine, plusieurs autres médias se saisissent du cas Nibombé, et en profitent aussi pour régler certains comptes
    personnels. Dans la foulée, le ministère des Sports réagit, organise une conférence de presse où il prend à contre-pied certaines des déclarations de Nibombé. Il y est dit qu’au retour de
    Cabinda, le gouvernement a versé à chaque joueur 8 millions, qu’ils auraient reçus en tout, pour cette compétition, 23 500 000F. toute notre équipe est atterrée en entendant cela. Notre ami ne
    nous avait pas parlé des huit millions. Bien entendu, dans la foulée, je l’appelle. Il me doit des explications. Il reconnait avoir reçu cette somme. Je suis furieux. Avec l’équipe, la discussion
    nait. Que faut-il faire ? Laisser tomber, poursuivre ? Les avis sont partagés. Il faut de nouveau le rencontrer. Cette fois, j’y vais seul, à cause de la proximité de domicile. La discussion est
    franche, et sincère. Il reconnait avoir merdé pour les 8 millions, mais pour lui, cet argent n’était pas destiné à se soigner. Il avait entamé des projets qu’il a voulu poursuivre, avant de
    s’arrêter net et utiliser le reliquat pour se soigner. En suis-je convaincu. J’avoue que j’ai un malaise. Mais un tout autre sentiment m’anime. Il&nbsp; y a une certitude qu’on ne peut pas
    tronquer. Cet homme souffre. Il a du mal à marcher, sa jambe droite est atrophiée. On va l’aider. Donc, on organise une conférence de presse.<br>
    Je suis de retour de cette conférence. Elle était destinée à lancer les activités du comité de soutien. Si les médias nous suivent, nous pouvons lever des fonds pour lui. Même si mon malaise
    n’est toujours pas dissipé. En pleine conférence, d’autres détails, gênants, sont apparus. La NSIA assurait les blessés pour une hauteur de 5000 000. Pourquoi Nibombé n’a-t-il pas continué à
    présenter ses factures à la société d’assurance? Un journaliste a soulevé le cas d’une ancienne blessure au genou. Je ne connaissais pas ce détail, mais voilà un ensemble d’éléments qui me
    plongent dans le doute, et la gêne. Est-ce encore raisonnable de poursuivre cette action ?<br>
    Et là, je réponds Oui. Parce que Nibombé souffre réellement, et est plongé dans le dénuement. Mais il souffre de deux types de blessures. L’une est physique. Qu’on le veuille ou pas, l’homme a
    des problèmes de motricité, a une jambe atrophiée, et marche avec une béquille. On ne va pas non plus soutenir qu’il fait exprès de marcher avec ce support rien que pour nous berner, alors qu’il
    a plus à gagner à reprendre sa place d’entraineur de gardiens de l’équipe nationale. La seconde blessure, et la plus profonde est morale. Elle est due à l’abandon et à l’absence de
    reconnaissance. Que presque personne du monde sportif ne s’intéresse à lui le perturbe. Le manque de soutien moral chez cet homme, jadis adulé, est une souffrance atroce. Voilà pourquoi je
    continue, et je continuerai, même après l’existence de ce comité, à le soutenir. Toute nation qui n’honore pas ses héros est destinée à l’annihilation. Rien que le chercher pour l’installer dans
    une tribune lors des matchs internationaux lui serait gratifiant.<br>
    &nbsp;A-t-il commis des erreurs d’investissement ? Sans doute, même si 8 millions, en deux ans pour un malade, c’est vite parti. Est-il sincère ? Quant aux douleurs, oui. Quant aux objectifs
    qu’il vise en sortant de son mutisme, je n’en sais rien. Et je ne veux rien en savoir. Il est possible que demain, et je l’ai déjà entendu, que certains nous accusent de récupération.
    Sincèrement, je m’en tamponne le coquillard. En usant de nos facilités respectives, les membres du comité de soutien se sont engagés dans une action citoyenne. Si elle porte ses fruits, ils
    seront remis à Nibombé. Si ça ne marche pas. Nous aurions au moins essayé. Nous n’aurions pas baissé les bras.<br>
    Alors, toi qui lis ces notes que je jette hâtivement sur mon blog avant de quitter mon bureau, si tu tiens toi aussi à célébrer tes héros nationaux, à les aimer tels qu’ils sont, pour le rêve
    qu’ils t’ont apporté, et le sentiment de fierté nationale qu’il ont su te communiquer, va sur le site nibombewakeup.org, et fais un don suivant tes moyens. Tu ne sauveras pas le monde avec ça,
    mais tu bâtis par ce geste une nouvelle nation togolaise: solidaire, reconnaissante et généreuse.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 10 Feb 2012 02:17:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">840e059c321288d18f201e4a5449d970</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-est-ce-que-je-soutiens-nibombe-wake-98984241-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[De Kara, je vous écris.]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-de-kara-je-vous-ecris-92250398.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://img.over-blog.com/222x166/5/05/06/62/inscription-devant-le-services-des-impots.JPG" class="noAlign" alt=
    "http://img.over-blog.com/222x166/5/05/06/62/inscription-devant-le-services-des-impots.JPG" width="221" height="166">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Monsieur Gerry TAAMA
  </p>
  <p>
    De Kara, je vous écris[1]
  </p>
  <p>
    Je vous écris cette lettre pour que vous la publiiez sur votre blog, et dans les journaux, car vous, on vous connait. Vous êtes venus à plusieurs reprises nous faire des formations à Kara, et
    comme vous-même vous avez fréquenté à Kara, je sais que vous connaissez nos problèmes, et si vous parlez, les gens vont vous écouter un peu.
  </p>
  <p>
    Je ne sais pas par quoi je vais commencer. Bon, moi, je suis étudiant en troisième année à l’UK. Mon propre &nbsp;frère a eu sa maitrise de géographie depuis quatre ans. Actuellement, il aide
    quelqu’un à faire Zemidjan[2] les samedi et dimanche à Bassar. Nous sommes quatre chez notre père. Ma grande sœur s’est mariée à un béret rouge à Kara ici, mon petit frère est en terminal, et la
    benjamine est en troisième. Nous sommes de Kabou. Notre maison est à l’entrée du village, en venant de Kara. &nbsp;Mon père est cultivateur, ma mère est ménagère, une fois par semaine, elle
    prépare le Tchakpa[3] pour vendre au marché. J’ai fréquenté jusqu’au BAC à Bassar, et j’étais parmi les meilleurs de ma classe. Au Bac 2008, j’étais parmi les cinq premiers du lycée, en série D,
    avec 10,25 de moyenne. Vous allez dire que cette moyenne n’est pas forte, mais dans notre classe, sur 45 élèves, nous étions 8 seulement à réussir, et j’étais le seul à passer d’emblée. En 3e,
    j’avais eu 15 de moyenne, pour aller en seconde, mais au lycée, les cours sont plus compliquées, et &nbsp;nous n’avons pas de livres, aucune annale pour préparer les examens. Si quelqu’un amène
    une annale, tout le monde se jette dessus et au bout d’un trimestre, ça devient un chiffon.
  </p>
  <p>
    Monsieur Gerry TAAMA, la première question que je vous pose, c’est de me dire si avec 10,25 de moyenne là, je peux avoir bourse de l’excellence. Parce que ceux qui sont à Lomé, et les enfants de
    riches, eux, au BAC, ils ont 14 et &nbsp;15 de moyenne. Ce n’est pas qu’ils sont plus intelligents que nous, mais ils ont les annales, des répétiteurs, ils ont le courant à la maison le soir, ils
    ont internet. Il faut demander au ministre si avec ma moyenne là, je peux avoir la même bourse que celui qui a 14. Et mes compagnons qui ont passé oral, mais qui sont dans les dix premiers de mon
    lycée. Ils vont avoir la bourse ou pas&nbsp;?
  </p>
  <p>
    Bon, je passe. Comme je le disais, voici trois ans que je suis à l’UK. Avant, monsieur Gerry, nous on se disait que le jour où on sera étudiant, ça va être le paradis. Pour venir à Kara, c’est ma
    sœur qui m’a envoyé un peu d’argent pour le taxi, et quand je suis arrivé, j’ai passé trois mois à dormir chez elle, dans le salon parce qu’on ne trouvait pas de chambre dans les cités. Ici à
    l’UK, nous sommes plus de 10&nbsp;000 étudiants, je ne sais pas combien de chambres il y a mais c’est moins de 1000. Si tu vas à la cité même, tu vas voir comment les camarades vivent là bas,
    toi-même tu vas avoir les larmes aux yeux. Ils sont parfois quatre dans une pièce où deux personnes ne peuvent même pas dormir. C’est grâce à tranche d’aide là, 35&nbsp;000F que j’ai loué une
    pièce à 3000F à Dongoyo, avec une ampoule, pour rester et aller au campus. Donc, M Gerry, depuis trois ans, c’est avec les aides là (80000 par an), que je paie le loyer, que je me nourris, que je
    me déplace, c’est même dans ça que je paie l’écolage de mon petit frère qui est au lycée. M Gerry, dites-moi, est-ce que le ministre là, il réfléchit même&nbsp;? Comment il peut vouloir supprimer
    les aides. Il veut qu’on abandonne les études, après avoir fait souffrir nos parents qui se sont privés de tout pour nous scolariser.&nbsp; C’est l’Etat qui dit qu’il faut aller à l’école, après,
    non, pardon, je ne voulais pas m’énerver, mais est-ce que le ministre là même a ses enfants à l’université ici&nbsp;?
  </p>
  <p>
    Ici, tu dois te lever à 4heures pour courir au campus, pour espérer trouver une place dans la salle. Si tu veux une place assise, il faut partir à 2heures. Si tu attends le bus, c’est que tu vas
    rester dehors. À partir de la deuxième année, tu deviens nomade, parce que tu ne sais jamais dans quelle salle tu vas suivre le cours. Le délégué se promène et cherche les salles, dès qu’il
    trouve une de libre, il faut courir vite, sinon, une autre faculté va la prendre. Parfois, il y a devoir et vous ne faites rien parce que les feuilles manquent, ou il n’y pas de polycopies. Pour
    frère les recherches, hum, M Gerry. On dit que nous avons une bibliothèque. Si vous-même vous rentrez dedans, vous allez sortir plus bête même, car les livres qu’on trouve là bas, c’est des
    vieilleries qu’on a jeté en France et quelqu’un a ramené pour nous donner. Ils disent qu’ils ont mis un cyber à l’université. Si vous allez dans le cyber là, pour ouvrir votre boite même, vous
    pouvez allez chez vous préparer la pâte manger revenir, ce n’est pas encore ouvert. Comment on peut travailler dans de telles conditions, M Gerry.
  </p>
  <p>
    Ils disent que nous avons cassé des choses. Hum&nbsp;! Nous n’avons encore rien cassé. Ce qui s’est passé ici à Kara, c’est le commencement. Comment vous pouvez comprendre que nous, vos enfants,
    vos petits frères, on nous impose quelque chose qui va détruire notre avenir, nous on manifeste pacifiquement, et on enferme nos délégués, on nous envoie les militaires nous gazer. Tout ça a
    commencé avec notre président, M Tchagbélé. Moi, je n’ai jamais vu un homme méchant comme ça. Il n’y a pas de restaurant universitaire. Tous les étudiants mangent au bord de la route. Même ici,
    sur le campus, il y a une école primaire (je vous jure que c’est vrai) et en récréation, on se retrouve avec les petits à acheter Ayimoulou. Alors qu’il n’y a pas de restaurant, lui, il se
    promène partout pour dire que le restaurant fonctionne. M Gerry, tout ce que je vous ai décrit comme condition de vie là, est-ce que vous pouvez dire que l’étudiant à Kara vit bien? Lui, partout
    où il va, il dit que tout va bien à Kara. Depuis trois ans, on demande qu’on le change, mais on ne sait pas comment il a attaché les gens, personne ne le touche. Mais M Gerry, l’homme là est trop
    mauvais. Un de nos professeurs est mort ici, et les étudiants ont demandé le bus pour accompagner le corps, il a refusé. On lui a même dit, donne le bus, on va mettre le carburant, il a refusé.
    Est-ce qu’un homme peut être méchant comme ça, même contre les morts&nbsp;?
  </p>
  <p>
    Quand le ministre a parlé à la télévision disant que les aides seront supprimées, nous, on a décidé de manifester pacifiquement. Les deux premiers jours, tout s’est bien passé. Le troisième jour,
    les militaires ont enfermé nos délégués. Le préfet était venu négocier avec nous au campus, on l’a attrapé là bas. Des camarades ont attrapé M Tchagbélé aussi. Hé, M. Gerry, vraiment, les gens
    là, ils ne sont rien quoi. Si vous voyez comment les étudiants les obligeaient à dire certaines choses et eux aussi ils répétaient, on ne dirait pas que c’est les gens là qui nous narguaient tous
    les jours. Chuan&nbsp;! ce ne sont même pas des garçons. Heureusement qu’on a libéré nos délégués, sinon, ils allaient voir ce qu’ils allaient voir.
  </p>
  <p>
    On dit que nous avons cassé les choses. Honnêtement, moi, même, je ne suis pas pour les casses, parce que ce qui appartient à l’État, c’est pour nous tous. Mais c’est qu’ils nous ont cherchés. Au
    quatrième jour, nous, nous étions sortis pour aller au campus pour manifester encore, et là, il y a avait des militaires, bon, des gendarmes et des policiers partout. Ils ont commencé à nous
    balancer des grenades lacrymogènes. Certains camarades se sont mis en tenue rouge, couleur de danger, et c’est là que la bagarre a commencé. Hum, les policiers là, ils pensent que nous sommes à
    Lomé où ils poursuivent les gens et ils courent. Ici, nous sommes des garçons, des vrais. On s’est organisé, et nous-mêmes on les attaqué. Hé, M Gerry, c’est ici que j’ai vu sodja courir aussi.
    Bon, en vérité, c’est eux qui ont cherché, parce que s’ils nous avaient laissé aller au campus, on allait faire notre marche tranquillement, mais comme ils ont tout bloqué, à la fin, ce ne sont
    plus les étudiants qui manifestaient, mais c’est tout Kara qui était sorti. C’est là que la casse a commencé. Moi, je ne pense pas que ce sont les étudiants qui ont cassé, parce qu’avant on
    faisait nos manifestations et personne ne cassait rien, mais quand ils ont commencé à arrêter les gens, la population est rentrée dedans. Il fallait voir, les bonnes femmes nous versaient l’eau
    sur le corps à cause du gaz. Des gens même nous ont donnés carburant pour allumer les pneus. Les enseignants mêmes étaient avec nous, et nous avons fait sortir les élèves des lycées et collèges,
    qui nous ont suivis.
  </p>
  <p>
    J’entends les gens dire que ce sont les politiciens qui nous manipulent. Il faut demander à ces gens là que lorsqu’on meurt de faim, il faille attendre que quelqu’un vienne vous manipuler avant
    de chercher à manger. Je suis d’accord que des gens ont profité de la pagaille pour faire aussi du bruit. Mais il faut vous renseigner chez ceux qui sont à Kara ici, est-ce quand avant on
    manifestait pacifiquement, quelqu’un appelait le nom de Kpatcha ou insultait Faure. Les gens de la ville sont rentrés dans les manifestations et tout a dérapé. Mais même avec ce que les gents ont
    écrit et dit, il faut que nos dirigeants se posent des questions. Trop, c’est trop.
  </p>
  <p>
    M Gerry, vous savez, c’est ici, à Kara que le RPT fait les meilleurs scores lors des élections. Après, quand on a fini de les élire, ils reviennent ici, même bonjour vous les saluez, ils ne
    répondent pas. Pendant la campagne, ils viennent verser l’agent en pagaille ici. Un mois après, même 25F tu cherches pour manger tu ne trouves pas. Moi, je vous demande, est-ce que c’est bien que
    nos frères, ceux-là mêmes qui ont fréquenté cadeau dans ce pays, nous réservent un tel sort&nbsp;? Ils viennent nous dire chaque année que si les opposants viennent au pouvoir, on va renvoyer nos
    frères du sud, même si je reconnais que nos opposants là, ils ne valent même pas la peine, eux-mêmes, ils font quoi pour nous&nbsp;? On est à Kara ici, tu finis l’université, tu ne trouves pas de
    travail. Tu ne peux même pas descendre à Lomé parce que tu ne connais personne là bas. M Gerry, si vous revenez à Kara, je vais vous montrer le nombre de chômeurs avec des diplômes universitaire
    ici, vous allez pleurer quoi.
  </p>
  <p>
    Bon, M Gerry, je vais m’arrêter ici. Si vous publiez ma lettre, il faut me dire, je vais monter ça à mes amis. Dites à ceux qui disent que nous sommes des bandits que les étudiants de Kara ne
    sont pas des bandits. On a toujours manifesté pacifiquement. Mais quand on nous attaque, nous aussi, on répond. C’est dommage pour tout ce qui a été cassé là, mais s’ils avaient pris l’argent de
    gaz lacrymogène là, ils auraient payé les aides à quelques étudiants, et on n’aurait rien cassé.&nbsp; Dites bien à tous ceux qui disent qu’ils veulent supprimer l’aide aux étudiants de Kara que
    s’ils font ça, c’est tout le campus qui va se vider, car sans les aides, on va rentrer au village. Mais comme on n’a rien à faire au village, nous, on les attend ici.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    [1] J’ai reçu cette lettre d’un étudiant de Kara. Elle a atterri dans ma boite, et je ne suis absolument pas en mesure de dire si l’identité rattachée est réelle. Ce serait le cas d’ailleurs que
    je ne le dévoilerai pas. Je me suis permis, partout où il semblait nécessaire, d’y faire quelques corrections.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    [2] Moto taxi
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    [3] Boisson locale
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Dec 2011 03:35:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d717c848293d83d46478eadff92511f7</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-de-kara-je-vous-ecris-92250398-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi suis-je favorable à un régime présidentiel au Togo]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-suis-je-favorable-a-un-regime-presidentiel-au-togo-88246897.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <!--[endif] -->
  </p>
  <p>
    <img src="http://www.afriscoop.net/journal/IMG/arton317.jpg" class="GcheTexte" alt="http://www.afriscoop.net/journal/IMG/arton317.jpg" height="300" width="261">Depuis près de deux semaines, le
    débat fait rage, et tiens en haleine les quelques Togolais qui ont encore de l’énergie à suivre les débats politiques. Quid du régime politique au Togo&nbsp;? Chacun y va de sa théorie, de son
    argumentaire. À écouter tous les acteurs, leur proposition serait le seul remède à l’instabilité politique au Togo.
  </p>
  <p>
    Mon opinion sur le sujet est très simple. Quel que soit le régime choisi, si les acteurs politiques sont de bonne foi, la stabilité peut être retrouvée. Ma seconde opinion est que pendant que la
    misère est la chose la mieux partagée au Togo, nos politiques nous fatiguent avec ces histoires qui peuvent trouver solution en une journée, pour peu que le bon sens soit au rendez-vous.
  </p>
  <p>
    Par contre, s’il fallait donner mon avis sur le type de régime politique utile au Togo, je dirai avant tout le type de régime qu’il ne faut pas au Togo.
  </p>
  <p>
    Dans un premier temps, il peut être utile de présenter les choix possibles. Comme nous vivons déjà dans une république, disons que nous avons majoritairement le choix entre un régime
    présidentiel, un régime semi-présidentiel (qui est une variante du régime parlementaire dualiste) et un régime parlementaire. Je ne vais pas m’appesantir dans la description de ces régimes,
    puisque j’expliciterai les raisons pour lesquelles je préfère l’un aux deux autres.
  </p>
  <p>
    Je ne pense pas que le <strong>régime parlementaire</strong> soit le plus indiqué pour le Togo. En théorie, c’est mon préféré, puisqu’il permet une répartition harmonieuse des pouvoirs, en
    autorisant notamment les représentants du peuple à jouer un rôle majeur dans la conduite des affaires de la cité. Le parlement (monocaméral ou bicaméral) vote les lois et contrôle l’activité d’un
    gouvernement issu du parti majoritaire en son sein. <span>&nbsp;</span>En cas de blocage sérieux, le gouvernement peut dissoudre le parlement tout en espérant retrouver une plus grande majorité
    aux élections suivantes. Le parlement de son côté peut voter une motion de censure ou de défiance pour faire chuter le gouvernement. <span>&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    Dans le cas togolais, je vois deux handicaps se profiler à l’horizon. Le premier est que nous sommes un peuple de tradition présidentielle. La fonction présidentielle est presque un mythe, un des
    fondements de notre nation. La première république elle-même, qui avait un régime parlementaire, n’a pas osé se contenter d’un premier ministre, mais a élu un président, car sous nos cieux, cette
    fonction (institution) incarne un prestige irrécusable. Un premier ministre a quelque chose d’éphémère et d’incomplet. La seconde raison est que le régime parlementaire ne viendra pas changer
    grand-chose à ce qui se fait déjà chez nous. Nos députés attendront toujours de l’exécutif l’introduction de projets de loi, qu’ils se contenteront de voter. Si les élections législatives de 2007
    avaient été celles d’un régime parlementaire par exemple, les députés RPT auraient donc continué à jouer à la caisse d’enregistrement, alors que ceux de l’UFC et du CAR se contenteraient de voter
    contre tous les projets de loi, sans faire d'autres propositions (de loi). Le seul changement, c’est que Faure aurait été responsable devant le parlement, au lieu de se mettre à l’écart et y
    envoyer Houngbo, <span>&nbsp;</span>comme c’est le cas actuellement.
  </p>
  <p>
    Le régime semi-parlementaire tel qu’il est appliqué au Togo et en France est à mon avis une sacrée peau de banane. S’il a un régime qu’il ne faut surtout pas (ou plus) expérimenter, c’est le
    régime semi-parlementaire, parce qu’avec les égos démesurés et les esprits revanchards que nous avons sous nos cieux, le jour où il y aura cohabitation, ce sera le blocage de nos institutions.
    Mais alors un blocage sérieux, car celui-ci concernera et l’exécutif et le législatif. Vous imaginer l’ANC avoir la mojorité au parlement et disposer d’un premier ministre, pendant que Faure est
    au pouvoir, ce serai un remake du 21 décembre 91, sans aucune possibilité d’y échapper, car les uns et les autres voudront marquer leur terrain et montrer leur puissance. <span>&nbsp;</span>La
    seule situation dans laquelle le régime semi-présidentiel est acceptable, c’est celle où les élections législatives et présidentielles se déroulent au même moment (ou l’une aussitôt après
    l’autre), et les mandats législatifs et présidentiels sont de même durée. Ainsi, le président élu a toutes les chances d’avoir une majorité au parlement, et ainsi conduire sa politique dans de
    bonnes conditions. Dans ce cas, nous revenons au régime parlementaire, avec des députés paresseux, qui enregistrent ou qui rejettent les projets de loi.
  </p>
  <p>
    Le troisième régime, qui a mon adhésion (uniquement compte tenu de 20 ans d’expérience de la démocratie) est le régime présidentiel. Dans celui-ci, il a y’ a une séparation stricte des pouvoirs.
    Les pouvoirs exécutifs et législatifs tirent tous les deux leur légitimité du suffrage universel, et n’ont pas d’action l’un sur l’autre. Le président ne peut pas dissoudre le parlement, le
    parlement ne peut pas révoquer le président. Même si dans certains cas, comme aux États-Unis, les deux chambres, par le mécanisme de <em>l’empeachement</em>, peuvent révoquer un président, c’est
    uniquement lorsque sa responsabilité pénale est engagée, et non politique. De même, toujours aux États-Unis, le président, par son veto, peut refuser de promulguer une loi. Les interactions
    s’arrêtent là. Les fonctions des deux pouvoirs sont bien distinctes. Le parlement vote les lois, et l’exécutif les eh bien, les exécute. Je reste persuadé que pour éviter le présidentialisme
    ambiant dans notre pays, et faire de nos députés de vrais acteurs de notre jeune démocratie, ce régime est le plus indiqué pour nous. Le chef de l’État n’aura plus, comme c’est le cas dans le
    régime semi-présidentiel, à s’abriter derrière un premier ministre, pour justifier l’inefficience de sa politique. La fameuse théorie de fusible, qui me parait scandaleuse dans une démocratie où
    un homme est pourtant élu en fonction de son programme politique, ne sera plus qu’un délicieux souvenir. Mais pour moi, le plus grand intérêt de ce régime, c’est la mise au travail des députés,
    qui devront dorénavant se retrousser les manches pour produire des lois et voter les crédits.
  </p>
  <p>
    À la rentrée parlementaire de notre assemblée nationale cette année, j’ai été écœuré d’entendre son président dire ouvertement, et sans vergogne aucune, que les députés étaient pressés de
    recevoir les projets de loi du gouvernement pour les faire voter et faire avancer le pays. Si nous passons au régime présidentiel, ce genre de discours sera un lointain souvenir, pour le bien de
    tous. Et ne nous y trompons pas. Nos deux voisins de l’est et de l’ouest sont des modèles de stabilités dans la sous-région. Et ils ont adopté tous les deux ce régime politique. C’est peut-être
    un signe.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 07 Nov 2011 22:36:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4056b4bcf06b9e96cf38feffdbf3eedf</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-suis-je-favorable-a-un-regime-presidentiel-au-togo-88246897-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Carnets de retour au pays natal]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-carnets-de-retour-au-pays-natal-87852127.html</link>        <description><![CDATA[<div class="mbl notesBlogText clearfix">
    <div>
      <p>
        Voila plus d’un mois que l’association Actions et Territoires( que je dirige) a prévu une tournée dans la région de la Kara pour des communications sur le thème&nbsp;: <strong>Auto-emploi,
        entre perspectives et réalités</strong>. &nbsp;La ville de Kara est déjà coutumière des actions de l’association&nbsp;: une formation sur les blogs, une autre sur la sécurité informatique, et
        une dernière sur les réseaux sociaux. Cette fois, l’association a tenu à monter un peu en gamme&nbsp;: emmener des chefs d’entreprise vers les jeunes, pour un partage d’expérience, de vécu et
        de rêve, aussi.
      </p>
      <p>
        Initialement, je devrais être accompagné de 3 personnes ayant une certaine expérience dans le domaine de l’entreprenariat, finalement, il ne m’en restera qu’un seul (les autres ayant été
        empêchés au dernier moment). Mais Flavien Ottou a de l’allant, de la volonté et de la disponibilité, on sera donc deux pour quatre.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Kara, les TICs plus prisés que l’auto-emploi.</em></strong>
      </p>
      <p>
        <span class="photo_left"><img src="https://fbcdn-photos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/377657_2162153413007_1221730832_32040681_804461866_a.jpg" class="photo_img img GcheTexte" style=
        "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="135" width="180"><span class="caption">&nbsp;</span></span> Parti de Lomé vers 8h, le véhicule me crée encore des soucis à hauteur de Notsé.
        Compresseur grillé, et fumées envahissant l’habitacle. Mais cette fois-ci, pas de court-circuit. Il faudra se passer de la climatisation, et tenter de rallier Kara avec trois bougies hors de
        course pour être à l’heure. Je serai obligé de refaire le plein à Sokodé, mais à 15h30, Kara nous tend les bras.
      </p>
      <p>
        La formation a lieu au cyber-café des sœurs de la providence. Nous avons simplement réservé tous les postes, et nous payerons donc le coût des connexions. Comme il fallait s’inscrire pour
        suivre la formation, la salle est comble, mais rien de déborde. Le bureau d’ACT-Kara a bien travaillé. La formation sur les «&nbsp;blogs, mode d’emploi&nbsp;», se déroule dans la
        convivialité. Le seul bémol est la connexion internet. Elle est quasi inexistante. Il parait que depuis une semaine, Togo-telecom a un souci dans la région. Je me connecte en wifi sur mon
        Galaxy Android pour faire passer le cours. Heureusement que l’abonnement Internet Mobile de Togocel fonctionne plutôt bien. Nous mettons un terme à la seance à 18h. Ils ont compris, et sont
        plutôt comblés.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <span class="photo_right"><img src="https://fbcdn-photos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/374129_2162157293104_1221730832_32040682_425807153_a.jpg" class="photo_img img DrteTexte" style=
        "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="135" width="180"><span class="caption">&nbsp;</span></span> Une heure plus tard, à 19 heures, nous sommes à la salle de réunion des affaires
        sociales. Cette fois-ci, c’est le grand jeu. Je m’attendais à avoir de l’affluence, mais la salle est à moitié vide. Je suis un peu surpris, mais les jeunes qui sont là paraissent motivés.
        Avec Flavien, nous déroulons la séance. Parlant de mon expérience et de mon vécu, j’espère insuffler une nouvelle dynamique aux jeunes. Dans le groupe, une seule femme.
      </p>
      <p>
        Un moment, j’ai une inspiration et je demande à l’ensemble, ce que chacun ferait s’il recevait un million de francs cfa d’un promoteur. Je réalise tout de suite qu’il y a un problème.
        Personne n’a jamais vraiment pensé à cette éventualité, pourtant, tout le monde se plains du manque de moyens pour monter son, affaire. Finalement, quelques &nbsp;réponses fusent. Commerce,
        commerce, et commerce. &nbsp;Une seule personne propose la fourniture de services. L’ANPGF, qui m’a demandé de faire un petit sondage, ne sera pas content. &nbsp;L’agence ne finance pas le
        commerce.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Niamtougou, la claque</em></strong>
      </p>
      <p>
        <span class="photo_left"><img src="https://fbcdn-photos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/380893_2162161653213_1221730832_32040691_174780878_a.jpg" class="photo_img img GcheTexte" style=
        "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="135" width="180"><span class="caption">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p>
        Nuit passée dans les nouvelles chambres de l’évêché. Elles sont petites quand même, les chambres, mais bon, dormir dans une maison du Seigneur reste une bénédiction.&nbsp; La communication
        sur le même thème a lieu à Niamtougou. Parce que le distributeur de la BTCI est en panne, j’ai toutes les peines du monde à faire face aux dépenses générées par la panne de voiture.
        Heureusement que le relationnel est là.
      </p>
      <p>
        9h15, Niamtougou, salle polyvalente au centre ville. Il y a à peine une dizaine de personnes. Qu’à cela ne tienne, même avec deux personnes, nous passerons la communication. Surtout qu’une
        présence m’honore particulièrement&nbsp;: celle de M Ragouena, père d’un ami, et grand acteur du développement de Niamtougou. Nous aurons même le passage du secrétaire général de la
        préfecture, envoyé par le préfet pour prendre contact et voir ce que nous faisons. Je trouve ça correct.
      </p>
      <p>
        Finalement, en tout et pour tout, 18 personnes originaires de Niamtougou suivront la communication. Mais ils semblent emballés, et c’est l’essentiel. A ma question de savoir ce qu’ils feront
        d’un million de FCFA pour monter une affaire, c’est la même typologie de réponses, le commerce. Acheter des articles pour vendre ailleurs.
      </p>
      <p>
        A 12h 25, c’est fini, et il faut retourner à Kara achever la réparation de la voiture, tout en espérant qu’une banque soit ouverte.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Siou&nbsp;: On peut être prophète chez soi.</em></strong>
      </p>
      <p>
        <span class="photo_left"><img src="https://fbcdn-photos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/302534_2162164333280_1221730832_32040695_427913927_a.jpg" class="photo_img img GcheTexte" style=
        "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="135" width="180"><span class="caption">Ici, ce sont les miens</span></span> Le spectacle que je découvre en me garant dans la cour de
        l’hotel ENA me coupe le souffle. La place est noire de monde. On y trouve de tout, des jeunes, certains sont même en complet kaki, et des moins jeunes. Plusieurs centaines de personnes. Je
        suis ému. Après tous ces déboires, cette mobilisation est un baume au cœur.&nbsp; Donc j’y vais carrément, d’autant plus que je me revois, dans le regard de ces gamins, il y a une vingtaine
        d’années&nbsp;: j’avais la même candeur et la même curiosité. Je croyais que monter dans une voiture «&nbsp;personnelle&nbsp;» était déjà un délice exquis, en posséder dépassait
        l’imagination.
      </p>
      <p>
        <span class="photo_right"><img src="https://fbcdn-photos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash4/380558_2162164853293_1221730832_32040697_1834862647_a.jpg" class="photo_img img DrteTexte" style=
        "border: 0px solid #000; margin: 0px 0px;" height="135" width="180"><span class="caption">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p>
        Les jeunes sont alertes et réceptifs, et moi, je déroule ma communication avec la plus grande des aisances, car pouvant mélanger le français &nbsp;au nawdun particulier de Siou. Flavien Ottou
        intervient par moment, mais ici, c’est mon jeu. Ce sont les miens.
      </p>
      <p>
        A l’éternelle question de savoir l’usage qu’ils feraient d’un million, j’ai la même réponse. Le commerce. Mais je suis habitué. Et je n’ose pas parler de services dans un tel village, où le
        taux de pauvreté doit titiller les 95% de la population.
      </p>
      <p>
        La séance est levée vers 19h, à ma plus grande satisfaction. Il y avait beaucoup de filles, qui ont posés un tas de questions. Voila, je suis fier de mon village.
      </p>
      <p>
        La nuit, j’irai fêter ça avec des vieux copains du cru, qui font dix ans plus âgés que moi. La misère, quand tu nous tiens.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Dimanche 30 octobre, retour à mes premiers amours.</em></strong>
      </p>
      <p>
        <span><img class="photo_img img" src="https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc7/s720x720/385031_2162173573511_1221730832_32040704_1865700603_n.jpg"><span class=
        "caption">Technologies (gps) et agriculture. Les projets sont dans ma tête.</span></span>
      </p>
      <p>
        En 1996, après avoir abandonné l’université, fait le tour de toutes les fermes du Togo et obtenu un diplôme au centre Songhaï au Benin, j’étais revenu au village avec la ferme intention de
        m’y installer, si jamais j’obtenais le financement que j’avais sollicité pour monter ma ferme. Je ne l’obtins jamais, mais j’avais déjà repéré un endroit.
      </p>
      <p>
        Ce dimanche, après un sommeil réparateur, j’ai retrouvé mes vieux amours&nbsp;: la ferme. L’odeur de la terre qui monte, entêtante, les paysages sauvages, les animaux domestiques, et la
        simplicité de la vie des paysans. Du coup, le projet de création de ferme agropastoral, doublé d’un gite rural me trottine dans la tête. En voiture, j’échafaude les contours du projet, je
        prends les coordonnées avec mon Gps, à l’arrêt, j’esquisse les plans. Il faut pouvoir financer ça. Un projet qui emploiera environ 200 personnes, en 5 ans. Il faut juste trouver le
        financement..
      </p>
      <p>
        Dimanche soir, de retour des champs, don d’un brouilleur téléphonique à la paroisse de Siou. Personnellement, je déteste les téléphones qui sonnent à l’église. Donc, j’ai offert ce bidule au
        père qui en est content. Je crois que les paroissiens aussi. Je m’en rends compte avec plaisir à la messe de Toussaint mardi matin.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Lundi. Sioutoyen</em></strong>
      </p>
      <p>
        Ce lundi, je passe la journée à faire des contacts administratifs, pour accompagner les jeunes du village à résoudre certains soucis propres au village, et qui n’ont pas leur place sur mon
        blog. La soirée s’achève à Kara, avec l’équipe d’actions et territoires Kara pour les projets à venir.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <strong><em>Ce qu’il faut retenir.</em></strong>
      </p>
      <p>
        Une seule leçon est à mon sens importante à l’issue de cette tournée. C’est que la problématique de l’auto-emploi est encore embryonnaire dans la mentalité de notre jeunesse. Le système
        éducatif, qui met l’accent sur l’assimilation, et non sur la créativité et l’esprit critique, associé à une pratique sociale qui célèbre la prééminence de l’ainé sur le plus jeune, sont à mon
        sens les premiers moteurs de cet état de fait. Il faut voir tous ces jeunes se confondant presque au sol pour me saluer. L’esprit d’entreprise est très étranger à presque tous les jeunes, qui
        s’attendent plutôt à trouver du travail quelque part, dans le privé comme dans le public.
      </p>
      <p>
        D’où la conclusion que je développe depuis un an dans mes débats&nbsp;: l’important n’est pas de trouver des fonds à octroyer à des jeunes &nbsp;pour la création d’entreprise, il faut plutôt
        accompagner les entrepreneurs déjà actifs à accroitre leur activité et être en mesure de recruter plus de personnel. Si vous n’avez pas la culture de l’entreprise (à ce stade, je parle de
        prédisposition) tous les financements du monde entier ne vous serviront à rien. Enfin, ils vous serviront sans doute à prendre une seconde femme, à avoir un joli bureau ou une belle voiture,
        mais vous ne créerai aucune richesse, car n’est pas entrepreneur qui veut.
      </p>
      <p>
        S’il fallait ajouter une seconde leçon, c’est que ceux qui n’ont jamais crée d’entreprises dans notre pays ne devraient pas être autorisés à traiter seuls de la problématique de l’auto-emploi
        avec les jeunes. On vous dira sans doute qu’ils ont fait de grandes études pour cela, mais être chef d’entreprise au Togo est une science unique. Elle ne s’apprend dans aucune école. Et si
        elle devrait être enseignée, seuls les chefs d’entreprises togolais sont autorisés à la transmettre. C’est une école de la vie. Et elle est dure, rude, sans pitié, et passionnante.
        Heureusement, autrement, je n’y serai pas depuis trois ans.
      </p>
      <p>
        Dieu bénisse le Togo, et les brouilleurs dans les églises.
      </p>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 02 Nov 2011 23:05:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ebbd65284bf4847e6824c77332c6767a</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-carnets-de-retour-au-pays-natal-87852127-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Verdict de la cour de justice de la CEDEAO sur l’exclusion des députés pro-ANC : est-ce la fin de l’insouciance au Togo?]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-verdict-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-sur-l-exclusion-des-deputes-pro-anc-est-ce-la-fin-de-l-in-86173564.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <div>
      <object type="application/x-shockwave-flash" height="350" width="425" data="http://www.youtube.com/v/o3P2TMGJmLM">
        <param name="data" value="http://www.youtube.com/v/o3P2TMGJmLM">
        <param name="wmode" value="transparent">
        <param name="src" value="http://www.youtube.com/v/o3P2TMGJmLM">
      </object>
    </div>Hier soir, j’étais à mon bureau, à Nyékonakpoè su le boulevard circulaire, quand j’ai vu passer ( plutôt sur mon écran de surveillance) <span>&nbsp;</span>une vague orange, mélange
    hétéroclite de motocyclistes (Zed), de cycliste, et surtout de manifestants à pieds. C’était les militants de l’ANC qui exprimaient ainsi le joie suite à la décision de la cour de justice de la
    CEDEAO. Et pour tout dire, j’étais content pour eux. Ce n’était que justice pour eux. Depuis le début de cette affaire, j’ai toujours exprimé mon opposition à cette exclusion cavalière, et je
    suis bien aise que la CEDEAO dise enfin notre droit à notre place.
    <p>
      Dans la foulée, j’ai surfé un peu sur internet pour savoir comment cela se passait. Republicoftogo était le plus prompt à publier un article minimisant la portée de ce verdict, arguant que les
      décisions de notre cour constitutionnelle n’étaient susceptibles d’aucuns recours. Mais cet article sera retiré du site une demi-heure plus tard. C’est nouveau ça. Le héraut du régime n’a
      jamais été contraint à se rétracter. Enfin, pas à ma connaissance.
    </p>
    <p>
      La question qui je suppose est sur toutes les lèvres est que&nbsp;: Et maintenant, qu’est ce qui va se passer&nbsp;?
    </p>
    <p>
      Trois hypothèses, à mon sens.
    </p>
    <p>
      Primo&nbsp;: Le gouvernement pourrait faire preuve d’élégance et surtout de pragmatisme, et exécuter la décision de cette cour. Les députés ANC retrouverons leur place à l’assemblée nationale,
      et il ne perdra pas forcément la face, surtout s’il prend soin d’expliquer qu’il n’y est pour rien dans la décision juridique de la cour constitutionnelle qui est supposée être indépendante.
      Bien au contraire, en se comportant ainsi, il glisse une peau de banane sous les pieds de l’ANC, en l’obligeant cette fois ci à s’asseoir <span>&nbsp;</span>à la table de négociation. Je sais,
      contrairement à ce que pensent mes amis de l’ANC sur facebook, que les préalables que leur parti pose avant de <span>&nbsp;</span>prendre part au CPDC concernent aussi la remise des motos
      saisies lors des manifestations, la restitution des PV…, mais il ne serait pas crédible pour Fabre de poser encore d’autres conditions après sa réintégration à l’Assemblée nationale.
    </p>
    <p>
      Secundo&nbsp;: Le gouvernement ne réfute pas la décision, mais traine les pieds. Si vous suivez les atermoiements de Me Zeus à sa sortie d’audience, on comprend tout de suite qu’il pourrait y
      avoir des problèmes d’interprétation. En s’appuyant la dessus, le régime pourrait faire du dilatoire jusqu’à l’année prochaine, et finir par réintégrer les députés à quelques mois seulement du
      prochain scrutin législatif. Ceci fragilisera à coup sûr l’ANC, qui aurait perdu beaucoup de forces dans la bataille bataille de la réintégration.
    </p>
    <p>
      Tertio: Le gouvernement refuse de reconnaître cette décision, prétextant sa souveraineté. L’article 15§4 du traité de la CEDEAO est pourtant clair.&nbsp;» <span class="commentbody"><em>Les
      arrêts de la cour de justice ont force obligatoire à l'égard des états membres, des institutions de la communauté, et des personnes physiques et morales</em></span><em>&nbsp;</em>». D’ailleurs,
      cette position serait incompatible avec la position affichée par le régime ces derniers temps. En effet, le ministre Bodjona a même dit attendre la décision de la cour de justice avant la
      poursuite des activités du CPDC. Le refus de reconnaître la décision de la CEDEAO serait d’ailleurs suicidaire pour Faure, car lui vaudrait un isolement sévère, qu’il ne saurait se permettre,
      au moment ou le Togo préside l’UEMOA.
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Qui gagne quoi dans cette histoire&nbsp;?</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Personne n’est gagnant.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Le retour des députés de exclus n’est qu’une victoire de l’ANC … sur l’UFC. C’est Gil qui a voulu punir ses anciens lieutenants pour avoir osé se dresser contre lui.
      Leur retour est un camouflet pour lui, sauf qu’aujourd’hui, Gil ne compte pas. Le parlement aura toujours 50 députés RPT, soit une majorité confortable. La seule victoire possible de l’ANC sur
      le RPT est purement d’ordre psychologique. La satisfaction d’avoir eu raison. Si par contre Fabre et consorts n’avaient pas épuisé leur crédit de sympathie en marchant systématiquement tous les
      week-ends, cette décision aurait servi d’effet détonateur pour la campagne législative 2012. Il ne faut pas oublier que l’objectif reste les législatives de 2012, qu’il faut commencer à
      préparer maintenant. Mais comme je l’ai dit plus haut, l’effet induit de cette décision risque d’être l’acculement de Fabre, qui ne pourra plus s’abriter derrière son exclusion pour ne pas
      participer au CPDC.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Le RPT ne perd par grand-chose. Il peut toujours s’abriter derrière la séparation des pouvoirs pour ne pas se sentir concerné par la décision d’exclusion des députés
      pro-ANC. S’il s’exécute à intégrer les députés, il fera d’ailleurs montre de hauteur, de sagesse et de respect des institutions communautaires.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody"><span>&nbsp;</span>Le Togo seul est perdant sur toute la ligne, car encore une fois, il se serait illustré à l’extérieur comme un Etat de non-droit. Au même moment où
      à Genève, nous sommes étrillés par les autres nations pour le peu de cas que nous faisons des droits de l’homme, cette décision écorne une fois encore l’image de notre pays. Les investisseurs
      ne vont pas se bousculer. Hélas.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Par contre, tout ceci soulève le voile sur deux dangers potentiels, qui vont se présenter assez rapidement. Le premier est pour l’opposition, et le second pour le
      régime en place.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">En célébrant la décision de la cour de justice de la CEDEAO, Fabre se met dans une position délicate. Cette même CEDEAO a reconnu à deux reprises la défaite électorale
      de son parti à des élections présidentielle. Que va-t-il faire si dans 3 ans, la question d’un troisième mandat de Faure à la présidentielle se pose, et cette cour même trouve cette éventualité
      recevable selon le droit togolais. Car ainsi que cela s’est passée au Niger, cette même cour pourrait être saisie sur la légalité d’une présentation de Faure aux élections de 2015&nbsp;? Par
      ailleurs, en faisant la fête parce que la CEDEAO leur donne raison, pourrons-t-ils vouer cette même organisation aux gémonies si ses observateurs jugent crédibles des résultats défavorables à
      l’ANC lors d’une élection au Togo&nbsp;?</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">Quant au pouvoir, le danger est encore plus terrifiant. S’ils appliquent le verdict de la cour de justice de la CEDAO sur l’exclusion des députés, ils sont tenus de
      faire la même chose au verdict de cette même cour sur l’affaire Kpatcha Gnassingbé, puis qu’elle a déjà été saisie par ses avocats.</span>
    </p>
    <p>
      <span class="commentbody">C’est donc la quadrature du cercle, mais peut être, et surtout la fin de l’insouciance au Togo. Nul ne pourrait donc plus brimer impunément un citoyen en s’abritant
      derrière la justice de son pays, au motif souveraineté nationale.</span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 08 Oct 2011 20:36:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">77038f14e4bc85a85c26420fa0eb6872</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-verdict-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-sur-l-exclusion-des-deputes-pro-anc-est-ce-la-fin-de-l-in-86173564-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lettre ouverte à M Jean Pierre Fabre, Président national de l'ANC]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-lettre-ouverte-a-m-jean-pierre-fabre-president-national-de-l-anc-85447389.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://gaboneco.com/Pics/Actualite/1309516643-jean_pierre_fabre_togo.jpg" class="noAlign" alt="http://gaboneco.com/Pics/Actualite/1309516643-jean_pierre_fabre_togo.jpg" width="250"
    height="250">
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Monsieur, après avoir réfléchi longuement, j’ai choisi finalement de vous écrire cette lettre ouverte. Elle sera publiée sur mon blog, et sans doute reprise par un ou deux journaux qui parfois
    trouvent de l’utilité à ce que j’écris.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    À quel titre vous adressé-je cette lettre&nbsp;? Parce que je suis citoyen togolais et que vous, vous êtes président d’un parti politique. Rien que pour ça, au nom de la démocratie participative
    à laquelle nous aspirions tous, j’ai le droit de vous saisir et de vous soumettre le produit de ma réflexion citoyenne.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    La première fois que je vous ai vu, M Fabre, c’était à la télévision, lors de la conférence nationale. Vous aviez alors à peu près mon âge (j’ai trente-six ans), et j’avais à l’époque été frappé
    par la conviction avec laquelle vous vous exprimiez, et la passion qui vous consumait. Et sans forcément vous comprendre (je n’avais que seize ans) je trouvais que vous, et tous ces autres
    délégués (tous partis confondus) qui clamaient le Togo à cette époque là, étiez admirables. Et je crois que je vous ai admiré. Au fil des ans, bien que certaines positions de votre parti de
    l’époque (UFC) me soient à plusieurs reprises parues extrémistes et contre-productives pour notre pays (le boycott des législatives de 1999, et le rejet de l’APG entre autres) je ne vous ai
    jamais tenu rigueur. Vous étiez <em>number two</em>. Et nous savons bien que dans nos pays, souvent seul le <em>number one</em> compte, hélas&nbsp;!
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Depuis avril 2010, les choses se sont accélérées, vous avez rompu la tutelle qui vous liait à votre mentor, crée un parti politique. En attendant les élections législatives prochaines, plusieurs
    députés revendiquent leur appartenance à votre nouveau parti à notre assemblée nationale. Si l’on s’en tient à leur nombre, vous êtes donc le premier parti de l’opposition togolaise. En attendant
    les législatives prochaines.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Il y’ a maintenant quelques semaines que le gouvernement a décidé de relancer le dialogue politique au sein d’une CPDC rénovée. Votre parti a été convié à prendre part aux discussions préalables.
    Vous avez refusé d’y participer, arguant que le gouvernement devrait satisfaire un certain nombre conditions, dont la plus importante est la réintégration des députés exclus de l’Assemblée
    nationale en novembre 2010.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Honorable - c’est ainsi qu’on devrait vous appeler - , votre refus de participer à ce (vous dites énième) dialogue est ce qui suscite cette lettre. En vérité, j’ai été outragé par votre exclusion
    du parlement. Je l’ai été d’autant plus que cette décision est intervenue à un moment où le climat allait à l’apaisement. Vous commenciez à suspendre les marches hebdomadaires, à faire des
    tournées à l’intérieur de pays. Tout semblait entrer dans l’ordre. Puis soudain, la cour constitutionnelle a commis l’irréparable. Je l’ai déjà souligné dans un article précédent, je ne sais pas
    si cette haute cour a dit le droit ou pas (la cour de justice de la CEDEAO va sans doute nous éclairer) mais je trouve détestable cette façon de «&nbsp;s’amuser&nbsp;» avec nos institutions. A
    mon sens, un député est sacré, car étant un représentant de la nation. Par ailleurs, toutes les entraves à votre liberté de circuler me sont toujours parues comme incompatibles avec l’idée que je
    me fais de la République (raison pour laquelle la loi dite Bodjona était la bienvenue, mais c’est tout un autre débat).Mais au même moment, honorable donc, j’avoue avoir souvent du mal à vous
    comprendre. Parcourons, si vous le voulez bien, quelques-unes de vos réactions de ces dernières années&nbsp;:
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpFirst" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    <span style="font-family: Symbol;"><span>·</span></span>En mars 2010, vous prenez part les élections présidentielles comme candidat de votre parti d’alors, l’UFC. Au lendemain de la proclamation
    des résultats par la CENI, les puissances occidentales (aussi appelé communauté internationale, je vous le concède) déclarent qu’elles ont pris acte, et qu’elles attendent les recours avant de se
    prononcer. Vous disposiez de 48h pour le faire. C’est court, j’en conviens, mais il fallait le négocier aux accords de Ouaga. Mais vous ne ferez pas de recours, Monsieur Fabre, vous déclarez
    aussitôt que vous ne reconnaissez pas la légitimité de la cour constitutionnelle. C’est un peu comme une équipe qui va jouer un match de football, qui se prend un but (peut être entaché de
    faute), et qui aussitôt rejette la légitimité de l’arbitre. Je me suis souvent posé la question de savoir ce qu’aurait été votre réaction si cette même cour vous avait déclaré vainqueur ces
    élections. Vous l’aurez reconnu ou pas&nbsp;?
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpMiddle" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    Quelques semaines plus tard, les forces de l’ordre font une descente au CESAL saisir les équipements informatiques et les PV que vous compulsiez, afin de prouver votre victoire (c’est ce que vous
    dites à la presse). <span>&nbsp;</span>À l’époque, j’avais déploré cette descente des forces de l’ordre, la trouvant contre-productive pour le régime lui-même. Mais en réalité, et vous le savez,
    les délais étaient forclos&nbsp;: même si vous apportiez la preuve irréfutable de votre victoire après les 48h, vous saviez que vous étiez hors délais et aucun autre recours n’était possible,
    mais à ce jour encore, vous maintenez que cette descente des forces de l’ordre vous a empêché de prouver votre victoire.
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpMiddle" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    <span style="font-family: Symbol;"><span>·</span></span>En octobre 2010, votre ancien parti est au bord de l’implosion. Vous êtes à la tête d’une fronde décidée à destituer votre président
    fondateur, pour motif d’intelligence avec un adversaire politique. La situation est extrêmement tendue, et pour remettre tout à plat, un congrès est convoqué par votre ancien mentor.
    Personnellement, je jubile pour vous. Si vous avez le plus grand nombre de militants de votre côté, ce congrès sera votre sacre, car vous en profiterez pour mettre le vieux mentor à sa place.
    Mais vous décidez de boycotter la séance et faire votre congrès dans la clandestinité. À ce jour, je me demande pourquoi vous n’avez pas saisi cette chance unique.
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpMiddle" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    <span style="font-family: Symbol;"><span>·</span></span>Le parti implosé et le bras de fer ayant manifestement été remporté par votre ancien mentor (qui garde la direction du parti) vous décidez
    de créer le vôtre, l’ANC. Après quelques atermoiements, y compris une suspension des marches de samedi, vous finissez par obtenir votre récépissé, donnant même droit à une liesse populaire parmi
    vos militants. Deux semaines plus tard, vous retournez à la plage, déclarer publiquement que vous êtes vainqueur de scrutin de 2010 et que vous ne reconnaissez toujours pas la victoire de votre
    adversaire. J’ai retourné cette situation dans me tête à plusieurs reprises, sans trouver la réponse. Comment avez-vous pu demander le récépissé au ministre appartenant à un gouvernement dont
    vous ne reconnaissez ni la légitimité, ni la légalité&nbsp;?
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpMiddle" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    <span style="font-family: Symbol;"><span>·</span></span>En avril 2011, le gouvernement, sans doute pressé par l’HCDH, décide de clarifier les modalités juridiques de manifestation sur les lieux
    publics. Je me réjouis de cette initiative, car il devenait inadmissible qu’on continue à interdire les manifestations à l’intérieur du pays et en semaine à Lomé en se basant sur une illégale
    lettre datant de 1994. À mon plus grand étonnement, vous décidez de boycotter toutes les initiatives allant dans le sens d’amélioration de ce projet de loi. Pourtant, si cette loi était
    appliquée, vous pourriez manifester tout votre soul en semaine, et à l’intérieur du pays. Mais vous invoquez la constitution et les traités internationaux, pour justifier votre refus d’apporter
    votre contribution à ce texte. Monsieur, vous serez peut-être le président de notre pays et c’est ce que je vous souhaite, allez-vous nous gouverner en vous appuyant uniquement sur la
    constitution et les traités internationaux, sans faire voter des lois&nbsp;? Je retiens d’ailleurs que votre (ancien) parti, avec 27 députés à l’Assemblée nationale, n’a proposé à ma connaissance
    aucune proposition de loi pendant 4 ans. Ceci expliquerait-il donc cela&nbsp;?
  </p>
  <p class="MsoListParagraphCxSpLast" style="margin-left: 0cm; text-indent: 1cm;">
    <span style="font-family: Symbol;"><span>·</span></span>Voici maintenant près de 18 mois que vous manifestez invariablement tous les samedis. J’admire votre stoïcisme, et même si certaines
    personnes trouvent que cela ne sert plus à rien, je vous respecte pour la conviction de vos idées. Ce que par contre je ne comprends pas, c’est cette tendance obsessionnelle à couvrir de ridicule
    toute autre formation politique ou courant de pensée de l’opposition osant avoir une position différente de la vôtre. Le Front-sage a essayé un moment de battre le pavé avec vous, sur des sujets
    politiques et sociaux. Vous les avez fait passer pour des collabos. Il y une semaine, parlant des partis qui avaient accepté de siéger au CPDC rénové, vous les avez traités de formation ayant
    obtenu 1% aux élections présidentielles. Je ne sais pas si vous réalisez que vous validez du coup les 34% que vous êtes supposés avoir obtenus lors des mêmes élections. En effet, si vous
    reconnaissez les résultats que la CENI leur a attribués, vous êtes bien obligés de reconnaitre les vôtres, car il n’y a aucune raison que vous seul ayez été spolié, si tant est qu’il y ait jamais
    eu spoliation.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Monsieur, en soulevant toutes ces incompréhensions, loin de moi toute idée de vous invectiver. Voyez-vous, aujourd’hui, notre pays compte environ 6 millions d’habitants, dont 70% de jeunes. Nous
    conservons, malgré la crise, un des plus forts taux de scolarisation dans la sous-région. Autant dire que vous avez ici, sur la terre de nos aïeux, un terreau fertile, où devraient germer et
    fleurir les idées novatrices et pragmatiques. En réalité, nous les jeunes, nous avons besoin de repères, nous avons besoin de modèles, nous avons besoin d’être inspirés. Et vous, en tant que
    leader du plus grand parti de l’opposition, vous devriez être de ceux qui indiquent la voie, montre l’exemple à suivre. Les jeunes nés en 1990 ont 21 ans cette année. Ils sont à l’université,
    certains préparent la licence, d’autres le master. Les logiques ne sont plus les mêmes, la rhétorique et la réalité ne sont plus celles qu’elles étaient en 90. Mais il se trouve malheureusement,
    je suis bien obligé de le dire, que votre phraséologie elle, n’a pas varié.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Je vous ai dit tantôt que l’objet de ma lettre portait sur votre refus de participer au CDPC rénové. Est-ce que le régime RPT vous sert encore un attrape-nigaud&nbsp;? Honnêtement, je n’en sais
    rien. Ce qu’il me revient, c’est que sous Faure, l’APG a été signé, et nous a permis d’organiser des législatives crédibles et acceptées par tous. Si votre ancien mentor n’avait pas dénoncé cet
    accord historique après l’avoir signé, peut être qu’à ce jour toutes les réformes prévues par l’APG auraient été effectuées. On n’en saura sans doute jamais rien. De même, il est inexact de dire
    qu’aucun dialogue n’aboutit au Togo puisque celui de Ouagadougou (aout 2009) nous a permis d’aller aux présidentielles de mars 2010.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Je suis même de ceux qui pensent que si le régime avait réellement envie de faire des réformes, il n’a nul besoin d’un CPDC, rénové ou non. Jerry Rawlings par exemple a doté son pays
    d’institutions fortes et indépendantes alors que rien ne l’y obligeait, son opposition étant à l’époque divisée et inactive. S’il y a une demande de dialogue, cela ne peut être que pour l’une de
    ces deux raisons&nbsp;: soit deux courants opposés s’affrontent au RPT (conservateurs et progressistes) et les progressistes sont obligés de passer par votre onction pour faire passer les
    reformes, ou le régime subit des pressions extérieures importantes. Autrement, de vous à moi, pourquoi le RPT irait relancer un dialogue alors que la situation actuelle lui est favorable. Il
    pourrait vous laisser continuer à manifester (voici 18 mois que ça dure et ça ne dérange manifestement personne). Vos adversaires pourraient même pousser le vice jusqu’à conserver le statu quo
    jusqu'aux législatives, que vous serez obligés de boycotter pour rester dans votre logique. Ce ne serai qu’un remake de 1999, et une aubaine pour les conservateurs, car <span>&nbsp;</span>je ne
    pense pas que la communauté internationale que vous avez l’habitude de fustiger, s’empressera de venir à votre secours. En tout cas, elle ne l’a pas encore fait à ce jour, et ce n’est pas les
    occasions qui ont manqué pourtant. S’il y a donc velléité ouverture, c’est qu’il y a une bonne raison, sans doute extérieure à vos manifestations hebdomadaires.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Mais, Monsieur Fabre, vous et votre parti avez décidé de ne pas <span>&nbsp;</span>aller à ce dialogue. D’autres partis vous ont même emboité le pas suite aux discussions préliminaires avec le
    premier ministre. C’est un choix politique, et je n’ai pas vocation à juger les choix de votre parti. Mais de grâce (et c’est là l’objet de ma lettre) cessez de poser comme condition à votre
    participation à tout dialogue la réintégration des députés exclus de l’Assemblée nationale. Je l’ai dit en début de ma lettre, j’ai été outré par leur exclusion. Si la cour de justice de la
    CEDEAO suit les recommandations de l’UIP, elle devrait constater l’illégalité de la décision de notre cour constitutionnelle et demander à l’Etat togolais de vous rétablir dans vos droits, mais
    nous sommes à moins d’une année des prochaines législatives, et ceux qui vous remplacent à l’assemblée nationale défendent <span>&nbsp;</span>votre projet politique (Je doute d’ailleurs qu’ils
    apprécient vos tentatives de retour). Au-delà, il faut aussi reconnaitre que vous vous êtes vous mêmes mis dans une situation que vous adversaires ont exploité. <span>&nbsp;</span>Quelle est
    cette idée d’écrire des lettres de démission pour contrer la transhumance à l’assemblée, alors que vous saviez vous-même que l’article&nbsp;52 de notre constitution interdit le mandat
    impératif&nbsp;? Je me suis toujours demandé à quoi étaient destinées ces lettres. Le simple fait qu’elles existent (et là, l’UIP l’a expressément souligné) est anticonstitutionnel. Si c’était
    vous qui étiez restés à l’UFC, et les députés fidèles à M Gilchrist avaient décidé de rejoindre le groupe parlementaire RPT, auriez-vous utilisé ces lettres&nbsp;ou non? Quel argument juridique
    auriez-vous avancé pour le faire&nbsp;? Ah, Monsieur, que n’aviez-vous pas pensé à faire prêter serment aux candidats, comme les chevaliers (je suis cavalier de formation) le faisaient
    jadis&nbsp;?
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Si vous tenez réellement à poser des conditions avant de participer à tout dialogue (encore que la logique voudrait plutôt qu’on pose les conditions pendant le dialogue, avec la menace de quitter
    la table de négociation sinon) les motifs sont à ramasser à la pelle&nbsp;: pourquoi ne le faites-vous donc pas pour le démarrage effectif du projet de décentralisation (ça fait trois ans que la
    loi est votée et nous ne sortirons jamais de notre misère sans les collectivités locales) ou pour le vote et le recensement de la diaspora<span>&nbsp;</span> (elle a envoyé en 2010 plus 143
    milliards au Togo, soit 10% de notre PIB), ou plus simplement pour la mise en place des fonds d’aide à la culture et à la communication (l’avenir de notre pays se joue sur ces deux dossiers). Je
    l’ai dit tantôt, monsieur, nous sommes six millions de Togolais, dont près de la moitié pointent au chômage. Si ce pays doit changer, progresser, se développer, c’est pour que ces trois millions
    trouvent du travail, arrivent à se soigner, et vivent dignement avec leur famille. Être député n’est pas une profession, mais une servitude. Un député, avant <span>&nbsp;</span>de siéger au
    parlement est d’abord un notable, avec une situation sociale respectable. Il a un travail, bien souvent supérieur à son traitement de député. La perte de son statut, même si elle injuste
    (souvenez vous du match de foot invoqué plus tôt) n’est pas une fin en soi. Par contre, la poursuite du statu quo pour trois millions de Togolais, voilà ce qui est intolérable et inacceptable.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Monsieur Fabre, voilà ce que j’avais à vous dire. Ne sacrifiez pas l’avenir de millions de Togolais pour neuf notables qui à priori ne sont pas dans le besoin. Si préalables il y a à exiger,
    posez des conditions pour le Togo, et son peuple vivant dans la précarité.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    J’ai peut-être été cru dans mes propos, mais je ne vous demanderai pas de me pardonner&nbsp;: il y a une vingtaine d’années, vous aviez la même insolence. Je crois d’ailleurs que si avant 40 ans,
    on n’a pas été insolent, c’est qu’on raté sa jeunesse.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Les années qui s’annoncent à l’horizon vont être capitales pour notre pays. Il nous faudra choisir entre la voie de la modernité (réformes tous azimuts et cohésion nationale) et le statu quo. Ce
    statu quo mènera au chaos, car rien qu’en 2025, notre population sera de 9 millions d’habitants, soit une progression de 50%. Nous ne pourrons pas faire face à ce choc démographique si nous ne
    trouvons pas des solutions immédiates et adaptées à nos conditions actuelles. Et c’est <span>&nbsp;</span>aujourd’hui, maintenant qu’il faut prendre ces décisions.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Le régime actuel a toutes les clés du passage à la modernité en main, mais la volonté politique se fait attendre. Pourquoi&nbsp;? je ne le sais pas. D’ailleurs, il appliquerait des mesures de
    façon unilatérale que vous serez le premier à crier au loup. La sortie passe par le dialogue, peut être sous la houlette d’un autre facilitateur. Mais ne ratez pas ce rendez-vous de l’histoire,
    ne commettez pas la même erreur que votre ex-mentor en 20 ans d’engagement. Votre position sur l’échiquier politique vous impose des devoirs, sans doute vis-à-vis de vos militants, mais surtout
    envers les <span>&nbsp;</span>jeunes qui vous regardent, et doivent voir en vous un modèle à suivre. Alors que le régime actuel se caractérise par une certaine continuité du point de vue
    politique et biologique, vous, pour tenir votre rang, vous avez obligation de créativité, <span>&nbsp;</span>d’inspiration, de génie.
  </p>
  <p style="text-indent: 1cm;">
    Voyez-vous, je pense que les idées (une stratégie politique par exemple), tout comme les êtres vivants, sont soumises à la dure loi de Darwin. Un jour, l’idée se retrouve devant le terrible défi
    de l’évolution&nbsp;: s’adaptez, ou périr. Et ce jour est là, monsieur Fabre. Qu’allez-vous donc décider&nbsp;?
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 29 Sep 2011 19:58:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2b4ea1d729e892c4695161a881650e13</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-lettre-ouverte-a-m-jean-pierre-fabre-president-national-de-l-anc-85447389-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi l'hégémonie" kabyè dérange-t-elle?]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-l-hegemonie-kabye-derange-t-elle-82069674.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://www.africau.com/wp-content/uploads/2011/07/photo-article-%C3%A9vala-300x225.jpg" class="GcheTexte" alt=
    "http://www.africau.com/wp-content/uploads/2011/07/photo-article-%C3%A9vala-300x225.jpg" height="225" width="300">
  </p>
  <p>
    Il y a maintenant un mois de cela, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner, et quand je répondais, c’était toujours pour entendre la phrase fatidique&nbsp;:
  </p>
  <p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 32.2pt; text-indent: -18pt;">
    <span><span>-<span style="font: 7pt &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span> Tu n’es pas <em>monté</em> aux évalas&nbsp;?
  </p>
  <p>
    Et quand je demandais pourquoi je le devais, mes interlocuteurs relevaient toujours qu’étant Kabyé (je suis en effet de Pya du coté de ma mère), et jeune entrepreneur, ma place était là-bas. Pour
    faire de bonnes rencontres (un contrat était toujours bon à prendre) ou simplement me faire remarquer et peut-être gagner une place au soleil. Puis lorsque je rétorquais à mes correspondants
    pourquoi eux ils ne <em>montaient</em> pas, j’avais deux réponses&nbsp;: soit ils y étaient déjà, et me cherchaient plutôt des yeux, où n’en voyaient pas la nécessité, n’étant pas eux même kabyè.
  </p>
  <p>
    Dans la même semaine, me trouvant dans les bureaux d’un yovo (expatrié) où j’essayais difficilement de gagner ma pitance en lui installant un système de sécurité, ce dernier me demanda d’où
    j’étais. Je lui dis du nord. Il s’exclama.
  </p>
  <p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 0cm;">
    <span><span>-<span style="font: 7pt &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span> Ah, Kabyè alors, mais vous êtes bien
    verni mon bon monsieur. Vous devriez avoir plein de contrats. C’est ce qu’on m’a dit quand je suis arrivé ici.
  </p>
  <p>
    Il y a donc une position dominante du kabyè dans notre société, si l’on s’en tient aux réactions de mes amis, et de cet expatrié qui, connaissant à peine notre pays, a rapidement été nourri par
    nos préjugés les plus tenaces.
  </p>
  <p>
    Je sais que le fait ethnique est tabou dans notre pays, ou alors singulièrement instrumentalisé, mais j’ai pour habitude de ne pas faire de langue de bois sur mon blog, voila pourquoi
    aujourd’hui, bien qu’étant un kabyè particulièrement fier de sa culture (de sa vitalité et de sa richesse), je vais dire pourquoi cette prétendue hégémonie est agaçante, contre-productive pour
    les kabyès eux-mêmes, et pour finir, inexistante, dans son essence.
  </p>
  <p>
    De l’hégémonie ostentatoire et agaçante.
  </p>
  <p>
    J’ai déjà fait, dans un <a href="http://www.gerrytaama.net/article-tradition-je-te-hais-55086119.html">article précédent</a>, <span>&nbsp;</span>un long développement sur le détournement des
    vertus de nos us et coutumes par l’ordonnancement administratif, et les pertes en recettes touristiques y afférentes, et je ne reviendrai pas là-dessus. Cependant, <span>&nbsp;</span>le fait
    d’officialiser des fêtes traditionnelles pour chaque préfecture ou chaque groupe ethnique a une contrainte&nbsp;: celle de l’égal traitement par les autorités de ces festivités qui essaiment le
    calendrier du ministère de la Culture.<span>&nbsp;</span> Dans la république qui consacre l’égalitarisme, Epe-Ekpe est autant important que Ayizan, sintu djindjagou, D’pontr ou les Evalas.
    Partant, consacrer dix jours de l’année pour mobiliser (ou immobiliser, c’est selon) toute l’administration, les hommes d’affaires et mêmes des diplomates au motif de fête traditionnelle d’une
    des 46 ethnies que compte le Togo ne peut relever que de l’ostentation compulsive, surtout si les fêtes des autres groupes ethniques sont de plus en plus délaissées par tout l’appareil d’État.
  </p>
  <p>
    Personnellement, j’aime bien la période des évalas en pays kabyè. Il suffit pour de penser à faire le circuit hors le cortège officiel. L’humeur est égrillarde, le vaudeville est roi, le quolibet
    en embuscade, la ripaille abondante, et le tchoukoutou, aussi pétillant dans les jarres que dans les yeux. C’est la fête authentique, vraie, celle de nos racines. Attendez l’arrivée des
    officiels, et poussez la curiosité pour vous retrouver dans la tribune officielle ou tout à proximité, et vous remarquerez alors une chose ahurissante&nbsp;: c’est que presque tout le monde
    s’ennuie à mourir. Personne n’en à cure des jeunes qui se culbutent à hue et à dia sur un terrain inégal, souvent envahi d'herbes coupantes comme des rasoirs. Ce qui est plutôt normal. Les évalas
    étant une joute entre quartiers puis entre village entiers, les autochtones connaissent leur champion et les célèbrent, alors que l’étranger (celui qui n’a pas grandi au village), qui a déjà vu
    les immenses lutteurs sénégalais ou les catcheurs de la WWE à la télé, ne se sent ni impressionné, ni concerné.
  </p>
  <p>
    Mais au-delà de ce désintérêt réel et persistant, la réalité est là: au fil des ans, les evalas deviennent une sorte de messe où une ethnie du pays en impose aux autres, aussi bien par la
    mobilisation des ressources (les grands opérateurs économiques et les ONG s’y illustrent particulièrement) que par la présence médiatique. L’indignation de la presse privée et d’une certaine
    opinion n’y change rien. Au contraire, chaque année, la gamme des festivités augmente, un peu comme pour renforcer la position dominante.
  </p>
  <p>
    &nbsp;De la contre-productivité de l’"hégémonie"
  </p>
  <p>
    Le revers de la médaille de cette prétendue hégémonie reste la difficulté que rencontre le jeune kabyè sur le marché du travail. Ah&nbsp;! Oui, je sais que certains de mes lecteurs vont s’écrier
    :
  </p>
  <p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 0cm;">
    <span><span>-<span style="font: 7pt &quot;Times New Roman&quot;;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span></span> Comment, des jeunes kabyès avoir des
    difficultés à trouver du travail&nbsp;?
  </p>
  <p>
    Et pourtant, la triste réalité est qu’aujourd'hui, sur un marché de l’emploi comme celui de Lomé que je connais un peu, il est plus malaisé au diplômé de l’enseignement supérieur de la même
    origine que moi de trouver du travail. La première raison est qu’on trouve qu’il est moins nécessiteux que les autres: normal, ses frères sont supposés avoir suffisamment de ressources pour
    l’employer. La seconde est que, souvent mal orienté (comme je l’ai été à l’époque), il arrive sur le marché du travail avec un diplôme universitaire, qui le prédispose à des tâches
    administratives, là où les autres, mieux avertis, ont reçu une formation technique. Or, la fonction publique n’emploie que 50&nbsp;000 personnes environ sur les 2,1 millions d'actifs togolais
    (soit 2.3%). Et cette fonction est au bord de l’implosion, ne pouvant plus embaucher (notre masse salariale représente 41% des recettes fiscales, contre les 34% que recommandent les critères de
    convergence de l’UEMOA). Dans les années 70-80, la reproduction sociale, aidée par la fameuse théorie de «&nbsp;rééquilibrage&nbsp;» soutenu par mon oncle Yagla avait autorisé des recrutements
    non contrôlés et souvent basés sur l’origine ethnique dans cette même fonction publique, mais aujourd’hui, les rigueurs budgétaires ne permettant plus ces largesses. D’où la contre-productivité
    de l’hégémonie. <span>&nbsp;</span>Et même quand le ministre ou le directeur peut recruter, il préfère souvent prendre ses propres frères dans des emplois subalternes (planton, chauffeur,
    gardien) où il a l’assurance de bénéficier d’une servilité totale et éternelle, ne se risquant pas à introduire dans son administration le brillant docteur en économie issu du même village que
    lui. Car sachant lui-même qu’il doit sa position à «&nbsp;géopolitique&nbsp;» et non à son propre mérite, un brillant petit frère lui ravira sans doute sa place au prochain remaniement
    ministériel. Et ceci vaut aussi pour les chefs d’entreprises. Il est tellement difficile de convaincre les gens que ce n’est pas parce que vous êtes kabyè que vous avez les marchés de l’État, que
    avez des privilèges, et qu’en réalité tout ce que vous demandez, c’est qu’on vous mette à l’épreuve.
  </p>
  <p>
    De l’inexistence de l’hégémonie.
  </p>
  <p>
    Selon un communiqué du conseil des ministres citant le «&nbsp;document révisé de stratégie intérimaire de réduction de la <span class="spipsurligne">pauvreté</span> au <span class=
    "spipsurligne">Togo</span>&nbsp;», 24&nbsp;% des personnes vivant à Lomé sont pauvres, 69,4&nbsp;% le sont dans la <span class="spipsurligne">région</span> maritime, 56,2&nbsp;% dans <span class=
    "spipsurligne">région</span> des plateaux, 77,7&nbsp;% dans la <span class="spipsurligne">région</span> centrale, 75&nbsp;% dans la <span class="spipsurligne">région</span> de la Kara et
    90,5&nbsp;% dans <span class="spipsurligne">région</span> des Savanes. Si position dominante il devrait y avoir, la région des plateaux devrait emporter la médaille, et nullement la région de la
    Kara, qui vient en troisième position, quel que soit le bout par lequel on prend le classement.
  </p>
  <p>
    Je suis né et j'ai grandi à Pya, où j’ai fait mes premiers pas à l’école. J’y ai grandi jusqu’à l’âge de 10 ans, puis j’ai été au collège chaminade à Kara, ensuite, ma dernière affection était
    aussi l’Efofat, à pya. Mon père est originaire de Siou, 20 km au nord du village maternel. Autant dire que je connais assez bien la région. La misère dont fait cas le document ministériel est un
    euphémisme tant qu'on ne vit pas. Et si vous y vivez, hors période de bacchanale généralisée que constitue la période des evalas, vous l'identifiez facilement; cette misère&nbsp;: elle est
    palpable, omniprésente, à couper au couteau. Elle se manifeste au ventre turgescent des enfants, aux corps rabougris des adultes précocement vieillis, aux maigres récoltes, aux difficultés des
    parents à assurer plusieurs repas par jour à leur famille, ou à envoyer les enfants à l’école. Bref, ces Kabyès-là, que vous retrouvez dans leur berceau, sont comme tous les Togolais. Ils vivent
    leur misère comme la peau qui leur recouvre le corps&nbsp;: ça démange, mais on ne peut pas s’en débarrasser.
  </p>
  <p>
    Alors, que retenir&nbsp;? Premièrement que l’exposition de la position dominante observée lors des évalas ou certaines funérailles est embarrassante, voire choquante. Secundo, cette exposition
    est plutôt contre-productive, surtout pour le demandeur d’emploi ou le jeune chef d’entreprise kabyè, tant elle le met dans une fausse position de privilégié. Pour finir, l’hégémonie est
    elle-même factice, pour preuve, la répartition de la pauvreté au Togo. Certaines personnes pensent que parce qu’un oncle ou un cousin est ministre ou directeur de société, tous les membres de son
    village sont «&nbsp;gatés&nbsp;». Allez dans la kozah, ou à Lomé ici, demandez à tous ce qui sont dans ce cas, et je parie que vous comprendrez pourquoi, pour certaines personnes, c’est plutôt
    une malédiction de voir un frère devenir un «&nbsp;grand quelqu’un&nbsp;», car pour eux, désormais, toutes les portes leur seront fermées. Et de privilégiés, ils deviennent insidieusement des
    victimes que personne ne reconnait, ou feint de ne pas reconnaître. Cette situation les oblige, bon an mal an, à continuer à supporter ces «&nbsp;grands frères qui n'aident personne&nbsp;» au nom
    d’une solidarité transversale qui, du fait du rejet des autres, leur reste comme un héritage certes encombrant, mais identitaire.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 21 Aug 2011 15:45:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">181d64a9e0d2edd1bbed8b8ee31c3140</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-pourquoi-l-hegemonie-kabye-derange-t-elle-82069674-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ce pays que nous aimons, et qui ne nous le rend pas.]]></title>
        <link>http://www.gerrytaama.net/article-ce-pays-que-nous-aimons-et-qui-nous-le-rend-bien-77875792.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <!--[endif] -->
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/599x409/1/08/44/51/Sourire-jpg.jpg" class="noAlign" alt="http://img.over-blog.com/599x409/1/08/44/51/Sourire-jpg.jpg" height="285" width="418">Un sondage
    (effectué par l’institut américain Gallup, et publié par Forbes en 2010),<span>&nbsp;</span> sur le critère du bien-être classait le Togo, sur les 155 pays où s’est déroulée l’étude, en dernière
    position. La première réaction que j’eue en lisant le titre de l’article consacré au sujet fut le rejet, ou tout du moins, l’incrédulité, associant plutôt ce genre d’information à un montage, une
    sorte de cabale contre mon pays bien aimé. Mais en allant plus loin dans la lecture de l’article sur le site de Forbes, j’ai rapidement découvert que l’enquête avait été effectuée pendant
    plusieurs années par des professionnels au fait de leur métier, et que de toute façon, une si grosse institution américaine ne pouvait investir autant d’argent dans une enquête avec l’unique but
    de salir le nom du Togo.
  </p>
  <p>
    Passé les étapes d’incrédulité et d’indignation (légitime), vient ensuite l’instant fatidique d’interrogation. Pourquoi les Togolais se sentent-ils si malheureux&nbsp;? Mon ami Blaise, un dur des
    durs de l’opposition, a la réponse toute trouvée&nbsp;: C’est à cause d’un demi-siècle de dictature d’un clan au pouvoir. Mais cette réponse ne me satisfait guère. Dictature ou pas, les Togolais
    ont toujours connu une paix relative, à l’opposé des pays comme la Sierra Léone, le Libéria, la Somalie, le Tchad, le Rwanda et l’Iraq (autant de pays qui sont devant nous dans ce sondage). Des
    pays comme le Cameroun sont dirigés par des présidents inamovibles, et pourtant le Cameroun est 96éme sur la liste, devant l’Inde, la <span>&nbsp;</span>Turquie, et la Chine.
  </p>
  <p>
    Mon autre ami, Lambert, Rpétiste notoire, invoque quant à lui la misère, liée bien entendu à la grève générale et illimitée de 93( le contraire eut été étonnant). Mais là aussi, l’argument ne
    tient pas. Le PIB/habitant du Togo était estimé par la CIA World Facebook en 2009 à 900$, soit 400&nbsp;000 FCFA. Certes, cette valeur nous met derrière tous nos voisins limitrophes (Ghana 1300$,
    Benin 1500$, et Burkina 1100$) mais nous restons devant l’Ethiopie (700$) le Burundi (400$) et surtout le Zimbabwe (200$) qui sont tous devant nous dans ce sondage. Par ailleurs, le PIB/habitant
    ne reflétant plus de façon objective le niveau de développement d’un pays, on fait plus appel aujourd’hui à l’IDH (indice humain de développement) pour classer les pays selon la qualité de la
    vie. Et même dans ce classement pour l’année 2009, le Togo n’occupe pas la dernière place.<span>&nbsp;</span> Dans cette liste donc, nous sommes 159éme, sur 182 pays, mais devant le Benin (eh
    oui) le Sénégal (oui&nbsp;!), le Burkina Faso, et le Mali, pour ne citer que ceux-là. Même le Ghana, notre voisin de l’ouest envié en permanence, n’est que 152e, soit à quelques encablures.
  </p>
  <p>
    Donc, tout n’est pas si noir dans notre pays, même si le chemin est encore long pour le plein épanouissement. Alors, pourquoi le Togolais se sent-il si malheureux&nbsp;? Je crois que c’est à
    cause du désespoir et de la disparition de l’optimisme dans nos rapports au temps.
  </p>
  <p>
    Toute personne qui vit à Lomé (mais je présume que c’est la même chose que partout dans notre pays) ressent au moins une fois dans la journée cette angoissante impression, qui forme une boule
    dans le ventre et remonte insidieusement vers la gorge, de se retrouver au pied du mur. Je prendrai trois petits exemples, tirés de mon expérience personnelle, pour expliquer cette angoisse
    existentielle qui parait être plus prégnante au Togo que partout ailleurs.
  </p>
  <p>
    1&nbsp;: La réfection des infrastructures. Le Togo est en chantier, et tous les Togolais, quel que soit leur bord politique, doivent être fiers de ça. Mais la contrepartie, c’est le mépris que
    les entreprises de TP ont pour la circulation des personnes et des biens. Lorsqu’une voie est barrée pour cause de travaux, il devrait être prévu, en amont, l’établissement d’itinéraires de
    contournement balisés (panneaux de signalisation) et surtout aménagés, pour permettre aux usagers de la route de continuer à bénéficier de conditions acceptables de circulation. À la place, c’est
    souvent quant on arrive au croisement qu’on découvre que la route est barrée, et qu'il ne reste plus qu'à se tracer un itinéraire qui, par ces temps de pluie, tient plutôt au moto-cross. Et que
    dire de ces voies bloquées pendant des mois pour des travaux jamais achevés. La réaction de nos compatriotes relativement à ces déconvenues reste le fatalisme, et ceci pour une raison évidente,
    l’absence d’interlocuteur. Normalement, dans un état décentralisé, les services municipaux suivraient au pas les entreprises des TP, pour s’assurer que le bien-être des citoyens n’est pas lésé,
    que la durée des travaux ne pèse pas les commerces et les services, que des habitants ne se retrouvent pas dans l’impossibilité d’accéder à leur maison, pour cause de construction de caniveaux,
    sauf à passer sur une minuscule planche fournie par l’habitant. L’absence d’interlocuteur renvoie au fatalisme, d’où le désespoir.
  </p>
  <p>
    2&nbsp;: La conscience morale. Ces deux dernières semaines, des journaux, plutôt réputés pour la crédibilité de leurs investigations, ont fait part de deux scandales qui, à juste titre, auraient
    dû secouer tout le landerneau syndical et politique togolais. Il s’agit du monumental scandale financier concernant Contour global, et des raisons de l’augmentation du prix des produits
    pétroliers. Sans vouloir entrer dans les détails, ces journaux expliquaient que Contour Global aurait investi 100 milliards de FCFA dans une centrale qui ne fournissait que de l’énergie d’appoint
    au Togo, pour en récolter 500 en 25 ans. Et que la CEET, pour faire face aux surcoûts générés par situation, a été obligée d’augmenter le prix de l’électricité. Pour l’augmentation du prix du
    carburant, un autre analyste financier, sur la base de chiffres présentés par le gouvernement, nous démontrait tout simplement que si on avait un tant soit peu respecté les taux du change du
    dollar au moment de l’achat des produits pétroliers, nous aurions pu nous mettre à l’abri d’une augmentation maintenant. Par ailleurs, les commissaires du gouvernement dans l’élaboration du
    budget&nbsp;2011 ont rapporté aux députés que la CEET avait renoué avec ses pertes, qui s’élevaient en deux ans à plus de 5 milliards, sans jamais dire clairement à quoi ces pertes étaient dues,
    et quelles sanctions avaient eu les responsables. Ce qui est certain est que ces scandales financiers ont de lourdes répercussions sur le quotidien du Togolais lambda, qui se voient encore plus
    enfoncé dans la misère. Le plus étonnant est que la révélation de ces scandales n’a pas suscité de remous. Ni dans la société civile (l’association togolaise des consommateurs s’est à peine
    fendue d’un communiqué demandant la réduction du prix de l’électricité). Les opposants remuants et avides à manifester n’ont trouvé aucun motif d’interpellation des ministres concernés au
    parlement, ni d'inscription de ces sujets sur leur plateforme de revendication. Il faut croire que seul le pouvoir les intéresse. Le régime en place n’a pas fait de vagues non plus. Mais lui, on
    peut le comprendre. C'est lui qui est indexé, même si dans la logique de gouvernance participative de rigueur partout, une grosse conférence de presse explicative aurait été fort indiquée. Cette
    inertie est à l’origine de l’empathie ambiante dans notre pays. Il s’y développe un sentiment d’abandon, source de désespoir.
  </p>
  <p>
    3:La préférence nationale. J’ai sur la préférence nationale une longue théorie, que je ne développerai point ici. Pour me résumer, je dirai que notre pays s'emploie depuis plusieurs années (pour
    certains domaines, ceci est antérieur à l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir) à saboter systématiquement ce qui faisait sa particularité. Nous n’avons pas su protéger les nana benz à
    l’arrivée de Hitarget et aujourd’hui, elles ont perdu le monopole de la vente de pagne au profit de Cotonou, Lagos et même Abidjan. Nous n’avons pas vu défendre notre pole position dans la
    fourniture des services liés à internet, que Café informatique avait fièrement implanté au Togo, ceci devant le Ghana et même le Sénégal. Aujourd’hui, nous trainons un misérable taux de
    pénétration d’internet de 5%, alors qu’il était de 4% en 99, à l’époque où presque tous les pays africains, en dehors de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, en étaient à 1 ou 2%. Nous n’avons pas su
    organiser notre commerce des véhicules d’occasion, et aujourd’hui, plusieurs importateurs sont partis s’installer au Bénin et au Ghana. Nous sommes malheureusement en train de tuer notre système
    éducatif, qui était pourtant réputé dans la sous-région, et donc bientôt, nous risquons d’importer des instituteurs de pays où jadis nous envoyions nos jeunes cadres pour enseigner. Pour moi, la
    préférence nationale reste un plan en filigrane que tous les gouvernements, quelles que soient leurs idéologies, appliquent, soit pour la grandeur du pays (la grandeur de la France, comme le
    disait de Gaule), ou pour des objectifs plus terre-à-terre de politique de développement. J’ai été confronté à cette absence de préférence nationale dans mon projet d’implantation d’un point
    Harmattan au Togo. Le projet avait un double intérêt&nbsp;: mettre à disposition du public des livres à moitié prix (et non seulement des livres d’harmattan) et offrir aux auteurs togolais
    désireux de publier à l’harmattan une assistance et surtout une accessibilité qu’ils n’auraient jamais eues auparavant. Le projet, du genre associatif, me paraissait excellent, pour mon pays, car
    j’appartiens à cette classe de doux rêveurs qui croient encore que le mot patrie à un sens. Du coup, après avoir bénéficié d'un premier soutien du SCAC pour le voyage exploratoire en France pour
    rencontrer la maison Harmattan, je n’ai pas hésité pour les deux voyages suivants, à mettre la main dans la poche pour assurer la logistique. Le projet arrive donc à la phase d'exécution, je loue
    des bureaux (à mes frais) à Lomé, Harmattan envoie les livres (dépôt-vente) à ses frais, et il ne me reste plus qu’à les faire sortir du port. Pour ce faire, je compte sur la ratification par le
    Togo des accords de Florence et des protocoles additionnels de Nairobi, accords qui consacrent la suppression des taxes à l’importation des biens culturels, y compris les livres. Et c’est là que
    tout coince. La loi a certes été votée et publiée au journal officiel, mais personne ne semble intéressé à l’appliquer. Certaines bonnes volontés me permettent de récupérer la première fournée de
    livres, grâce à un «&nbsp;bon à enlever&nbsp;» de la douane, mais ce n’est pas bon puis qu’il s’agit d’une faveur, qui ne vaut pas application de la loi. Et déjà la deuxième fournée de livres est
    là, en attente de sortie au port. Je me démène, envoie les courriers, fais des appels tous azimuts, pour finir par me rendre compte que pour récupérer mes livres, il fallait payer, comme si la
    loi n'avait jamais existé. Et c’est ce que je finis par faire. Voilà où se trouve le mur de verre. Il est invisible, mais on bute sans cesse sur lui, sans jamais savoir à quelle porte s’adresser.
  </p>
  <p>
    Au mois dernier, j’ai organisé une communication avec certains jeunes de la diaspora à Paris sur le sujet de l’entrepreneuriat au Togo. L’impression que tous ces jeunes ont, c’est qu’on ne veut
    pas d’eux dans leur pays. En 2010, cette diaspora avait envoyé au Togo 143 milliards de nos francs, soit 150% de notre masse salariale, et pourtant, elle n’a pas de droit de vote, et n’a même pas
    éé recensée en novembre dernier. Je reste persuadé qu’ils se trompent, on a besoin d’eux, mais la réalité est que notre système sociétal est encore trop primaire, trop peu structuré et
    insuffisamment décentralisé pour que le sentiment national imprègne notre désir de vivre ensemble. Beaucoup trop souvent, le ministre, voire le chef de l’État reste le premier et le dernier
    interlocuteur. Beaucoup trop de nos lois, de nos règlements ne sont jamais appliqués, faute d’institutions fortes et indépendantes pour les porter à bout de bras. D’où, une fois encore, ce
    désespoir ambiant.
  </p>
  <p>
    Le Président de la République dans son discours de début d’année disait à juste titre qu’il avait l’impression que les Togolais n’y croyaient plus. Cette prise de conscience vaut résolution du
    problème à moitié. L’autre moitié concerne les mesures urgentes à prendre pour qu’on y croie de nouveau, pour qu’on cesse d’être le peuple le plus malheureux de la planète. Je ne pense pas que
    les solutions soient uniquement politiques, même si les réformes institutionnelles me paraissent les plus indiquées à court terme pour juguler le mal. À mon avis, la solution tient à une autre
    approche de l’organisation de notre société, moins politisée et plus centrée sur le sentiment national, car entre la petite frange de militants qui encensent le régime et l’autre frange qui le
    conspue, l’immense majorité des Togolais que je croise, n’ont sans doute qu’une envie&nbsp;: retrouver la fierté d’être togolais, avec un salaire autorisant la vie, une capacité de se soigner
    dignement, l’accès à une école républicaine et efficiente, un toit, un sentiment de sécurité, et surtout, le rêve d’un avenir meilleur, pour nos enfants. Et notre amour pour notre pays n’en sera
    plus que meilleur.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 26 Jun 2011 22:46:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1e41e7db05e40e84f5f9756193375d92</guid>
                <category>Info togolaises</category>        <comments>http://www.gerrytaama.net/article-ce-pays-que-nous-aimons-et-qui-nous-le-rend-bien-77875792-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
